François Clément MAILLOT
(1804-1894)

Par RAYMOND FERY

C'est le 24 juillet 1894 que mourait à Paris François-Clément Maillot à l'âge de 90 ans. Il repose depuis dans le cimetière du Montparnasse.
Au chevet de son tombeau, un buste en bronze, dû au ciseau de son épouse qui était sculpteur, perpétue le souvenir de ce personnage hors du commun.
Le CHU Bab El Oued (Alger) porte son nom jusqu'à ce jour.

François Clément MAILLOT est né à Briey le 18 février 1804. Après ses humanités accomplies au Lycée de Metz, il entre comme élève à l'hôpital militaire d'instruction de cette même ville. Puis, après être passé par l'hôpital d'application du Val de grâce, il revient à Metz en qualité de médecin major avant d'être affecté à Ajaccio.
Il a alors l'occasion d'observer les "fièvres", tantôt continues, tantôt intermittentes, qui frappaient les soldats en garnison dans l'île de Beauté.

En 1832, il est envoyé en Algérie. A Alger d'abord, où là encore, il doit traiter des fiévreux, avant d'être chargé de la direction de l'hôpital militaire de Annaba où la situation sanitaire est catastrophique (1834). Sur 5 500 hommes stationnés dans cette ville, 4 000 ont été hospitalisés, un grand nombre d'entre eux a succombé à des accès pernicieux.
En moins de deux mois on a enregistré 300 décès !

Dès sa prise de fonctions à l'hôpital militaire installé dans des conditions précaires, Maillot va instituer le traitement des fiévreux sur des bases complètement nouvelles : abandon de la diète à laquelle les malheureux étaient soumis jusqu'alors, des purgations et des saignées à répétition. Il administre le sulfate de quinine à hautes doses proportionnées à la gravité des cas, un et jusqu'à deux grammes par jour. Les résultats ne se font pas attendre, la mortalité tombe de 23 % à moins de 4 % et les convalescents quittent l'hôpital après un séjour écourté. Mais cette méthode de traitement soulève de vives critiques de la part des collègues de Maillot. Il faudra attendre le congrès du paludisme, tenu à Alger en 1881, pour que ses mérites soient officiellement reconnus.

Il vécut assez longtemps pour connaître la découverte de l'hématozoaire du paludisme par Alphonse Laveran et voir enfin son œuvre récompensée.
Une pension annuelle de 6 000 F lui est accordée à titre de récompense nationale.