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Le
stéthoscope apposé sur le pouls du professeur ROCCHICCIOLI trahit juste
une petite pulsation, diagnostiquant ses origines corses pieds-noirs.
Ses ancêtres furent des pionniers que le vent du large poussa vers les
côtes d'Afrique du Nord avec une vingtaine de familles de CARGESE, L'initiative
était corsée ! ILs fondèrent le village de Sidi Mérouane aux environs
de 1850. Quelque 80 ans plus tard, naissait dans le Constantinois, un
futur pionnier du domaine médical qui devait mettre en évidence l'hormone
de croissance. En filigrane d'une radio prise sur la vie du professeur
ROCCHICCIOLI, éminent pédiatre à l'hôpital de Rangueil, se sont dessinées
les cellules de sa mémoire...
Tranches de vie en scanner.
Studieux étudiant à la faculté de médecine d'Alger, il
commence sa première année d'internat en 1961 à l'hôpital Mustapha.
Un an après en 1962, il est, comme de nombreux confrères, réintégré dans
l'un des différents services des CHU de France à l'hôpital Purpan de Toulouse.
Quatre autres collègues feront route avec lui, implantés actuellement
sur la scène médicale régionale : le professeur COSTAGLIOLA, chirurgien
plastique à Rangueil, le docteur BARDENAT, gynécologue, le professeur
PASCAL, gastro-entérologue à Toulouse et le docteur LEGRESSUS, gynécologue
à Béziers.
Ils rejoignent d'éminents patrons accueillis et honorés par la Métropole
: les professeurs LAGROT, DUBOUCHER, DALOUS, BOULARD.
Marié et père de deux enfants au moment de l'indépendance, le professeur
ROCCHICCIOLI en Algérie a été séparé pour un temps de sa famille, plus
en sécurité à Constantine.
A Alger il y avait des moments difficiles à cause de l'OAS...
"En tant que personnel médical, nous n'avions pas le droit d'abandonner
notre poste. Je suis parti sur un cargo, la veille de l'indépendance".
Il retrouvera sa famille à Toulon. En septembre il entre au service de
neurologie de Purpan puis s'oriente vers la pédiatrie suivant les stages
sous la direction des professeurs BARDIER et SOREL.
Au total, 17 ans d'études assidues qui le mèneront au
poste de chef de clinique, à l'agrégation de médecine en 1970 et à la
direction du service pédiatre à l'hôpital de Rangueil en 1975. Il se spécialise
alors en endocrinologie infantile et se distingue par ses recherches importantes
sur l'hormone de croissance.
Il met au point pour la première fois en France le dépistage néonatal
de l'hypothyroïdie, une maladie endocrinienne assez fréquente, atteignant
un nouveau né sur 4 000, caractérisée par l'absence de sécrétion d'hormone
et pouvant entraîner des lésions cérébrales irréversibles et un retard
mental et de croissance.
La mise au point de ce système de dépistage consiste à doser des hormones
thyroïdiennes sur une goutte de sang prélevée à la naissance et déposée
sur un papier buvard.
Ce test de la goutte de sang permet de dresser un diagnostique dans les
premiers jours de la vie et de procéder au traitement immédiat. Antérieurement,
la maladie ne pouvait être décelée que dans un délai trop tardif de 3
à 6 mois. Depuis, ce dépistage systématique à la naissance s'est étendu
à toute la France et en Europe et permet une prévention de la maladie.
Parallèlement, le professeur ROCCHICCIOLI cultive donc
le gène de croissance. Fabriquée en grande quantité, cette hormone permet
de détecter les déficits et retards de croissance.
Pour une médecine sans frontière
Dans le cadre de ses travaux, le professeur ROCCHICCIOLI
est revenu en Algérie à plusieurs reprises, à l'issue de sa participation
à un contrat du CNRS sur l'étude des enfants dans les zones arides à Tamanrasset
et un deuxième contrat de coopération avec l'Institut National de la Santé
Publique (INSP).
Des liens d'amitié se sont créés avec ses collègues algériens dont le
professeur KEDDARI, chef de service de pédiatrie à l'hôpital Mustapha
où il avait commencé ses études.
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