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Point de vue

L’école de médecine d’Alger : 150 ans d’histoire : de 1857 à 2007
Par L. Abid - Professeur à la Faculté de Médecine d’Alger
(14 novembre 2006)

(SUITE 2)

La faculté de Médecine d'Alger était habilitée à délivrer les certificats d'études spéciales suivants :

  1. Etudes spéciales de pédiatrie et de puériculture (professeur Sarrouy)
  2. Etudes spéciales d'anesthésiologie (professeur Goinard)
  3. Etudes spéciales de médecine du travail (professeur Michaux)
  4. Etudes spéciales de médecine légale (professeur Michaux)
  5. Etudes spéciales de médecine aéronautique (professeur Malmejac)
  6. Etudes spéciales d'électro-cardiologie (professeur Chechan)
  7. Etudes spéciales de neuropsychiatrie (professeur Porot)
  8. Etudes spéciales d'oto-rhino-laryngologie (professeur Giraud)
  9. Etudes spéciales d'ophtalmologie (professeur Larmande)
  10. Etudes spéciales de pneumo-phtisiologie (professeur Lévi-Valensi)
  11. Etudes spéciales d'obstétrique et de gynécologie médicale (professeur Houel)
  12. Etudes spéciales de stomatologie (professeur Peri)
  13. Hygiène et action sanitaire et sociale (professeur Lacroix).

 

Limites de la ville d’Alger en 1830

Section UGEMA de Montpellier lors de la grève de 1956

En 1954, après une longue période de lutte politique, le mouvement nationaliste algérien décide de passer à la lutte armée. Le 19 Mai 1956, l'UGEMA fondée en juillet 1955, héritière de l’Association des Etudiants Musulmans Nord Africains (AEMAN créée à Alger en 1919 et où on retrouvait déjà dans le premier bureau trois étudiants en médecine : Benthami Djillali en qualité de secrétaire général qui sera chirurgien à Miliana, Mansouri Abdellah qui sera radiologue à Tlemcen et père du professeur El Hadi Mansouri, ainsi que Alioua Madani.

Cette AEMAN sera également présidée en 1945 par le docteur Messaoud Bendib, futur premier professeur de Radiologie de l’Algérie indépendante), lançait son fameux appel à la grève aux étudiants algériens de l'Université « Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres ! A quoi donc serviraient ils ces diplômes qu'on continu à nous offrir pendant que nos mères, nos épouses nos sœurs sont violées, pendant que nos enfants, nos vieillards tombent sous les mitrailles, les bombes de napalm ?... Il faut déserter les bancs de l'Université pour le Maquis ! ». Répondant à l'appel, les étudiants quitteront l'Université après avoir tant lutter pour y accéder comme le montre ce tableau qui recense les étudiants musulmans algériens inscrit à cette Université de 1915 à 1962 (A partir de 1958-59, les chiffres comprennent les étudiants inscrit dans les nouveaux centres universitaires d'Oran et Constantine) : On constate bien la cassure dans l’effectif à la rentrée universitaire 1956-1957, tant pour les étudiants en médecine que pou ceux des trois autres facultés. Cette grève qui dura jusqu’à la rentrée de 1958 fut également suivie en France.

 

Zaouïa de Sidi Salem et ‘’ Djamâ El Mocella’’
Grand Lycée d’Alger

 

La grève fut levée par le comité directeur de l’UGEMA réuni en septembre 1957 à Paris, permettant la reprise des cours et des examens à partir de la rentrée 1957-1958 et ce malgré l’arrestation en novembre 1957 à Montpellier du secrétaire général de l’UGEMA Mohamed Khemisti (étudiant en médecine et futur ministre des Affaires Etrangères de l’Algérie indépendante) et de l’ensemble de ses responsables après sa dissolution en janvier 1958 par les autorités françaises. Si à la reprise des cours le nombre d’étudiants à Alger fut plus élevé qu’avant la grève, c’est quand même en France que s’inscrivit le plus grand nombre d’étudiants aussi bien les nouveaux inscrits que ceux qui ont débuté leurs études à Alger, du fait de l’attitude hostile voire raciste tant des étudiants français que des professeurs algérois vis à vis des étudiants musulmans (durant l’année 1959-1960 on comptait 100 étudiants musulmans à la faculté de médecine d’Alger contre 365 inscrits dans les facultés de médecine de la métropole).

Certains étudiants rejoindront l’ALN et les organisations clandestines. Parmi eux on peut citer Atsamena qui sera médecin chef de la wilaya I,  Lamine Khène qui sera chef du service de la santé dans la wilaya II ou Youcef Khatib dit Si Hassan qui sera membre du conseil de la wilaya IV puis colonel, Abdelkader Boukhroufa qui rejoint la wilaya 3 ou il est nommé responsable sanitaire de la zone III, Abdelhalim Medjaoui qui prendra le maquis, connaîtra la torture dans les geôles françaises et ne reprendra ses études à Bruxelles qu’après sa libération en 1961 et bien d’autres que nous retrouverons dans le chapitre "la pratique de la médecine au maquis".  

 

Zaouïa de Sidi Salem et ‘’ Djamâ El Mocella’’
Grand Lycée d’Alger
Le Pr. Boudraa au maquis
Le Pr. Boudraa en compagnie de Bitat, Khider et Ben Bella à leur libération

 

En 1959 de nombreuses cérémonies célèbrent à la fois le cinquantenaire des Facultés et le centenaire de l’Ecole de Médecine d’Alger. Une exposition publique de travaux scientifiques se tiendra Salle Gsell, pendant une semaine, pour illustrer l'évènement. Peu après les Facultés entrent dans l'Histoire avec "les Barricades" et surtout début juin 1962 avec l’incendie par l’OAS de la Bibliothèque Universitaire (BU) : des milliers d'ouvrages accumulés pendant plus d'un siècle partaient en fumée.
Cette bibliothèque héritière de la première bibliothèque médicale ouverte à l’hôpital du Dey en 1835 grâce à un legs de près de 800 ouvrages du chirurgien – chef de l’hôpital, le docteur Chevreau occupera à partir de 1857 une petite salle dans le première école de médecine de la rue René Caillé. Lorsque les écoles de Droit, de Lettres et de Sciences furent créées, le fond de cette bibliothèque strictement médicale fut versé au commun des quatres écoles et son siège fut transféré dans un local à la rue Malakoff (1880-1884) puis à la rue Henri Martin de 1884 à 1888 (actuelle rue Patrice Lumumba). A partir de 1888, elle s’installa définitivement dans les locaux actuels où se produisit le 7 juin 1962 ce crime, œuvre des tenants de l’Algérie française qui ne « voulant rien laisser intact de ce que leurs parents ont édifiés » ont appliqué la « Politique de la terre brûlée ».

 

Zaouïa de Sidi Salem et ‘’ Djamâ El Mocella’’
Grand Lycée d’Alger
Intérieur de la B U dans les années 50
7 juin 1962 : Incendie de la BU

 

A l’indépendance, le corps médical, paramédical et administratif en majorité constitué de pieds noirs quitta l’Algérie ce qui posa un problème énorme au petit nombre de médecins algériens chargés de remettre en marche la faculté de médecine d’Alger, l’une des meilleures de l’époque. Il fallait faire redémarrer très rapidement les structures hospitalières de l’hôpital Mustapha et organiser au plus vite la reprise des cours de médecine.

Si le redémarrage de l’activité hospitalière à l’hôpital Mustapha pouvait se faire, la difficulté majeure se situait au niveau de l’activité universitaire.

Au mois d’août 1962, à la réouverture de l’hôpital Mustapha on trouvait, en chirurgie, les docteurs Mansouri, Martini, Bendali Amor, Seddik en qualité de chirurgien ; les docteurs Benabadji, Benhabyles, Bouayad, Bekkat et Djillali en qualité de chirurgien adjoints ainsi que d’autres envoyés par des pays arabes (missions médicales syrienne et égyptienne où on retrouve le docteur Mustapha qui restera à la clinique chirurgicale infantile jusqu’aux années 80). Une mission médicale américaine activait à l’hôpital Béni Messous et une mission médicale irakienne était à l’hôpital Parnet. Les seuls médecins français qui étaient restés après l’été 1962 étaient : Jahier professeur de gynéco-obstétrique ainsi que Bonafos et Gautray.

Dans les autres spécialités, Peret Bory, Destaing, Messerschmidt et son assistant Colonna en hématologie, Boyer, Margaillan et Marucchi en ophtalmologie. En chirurgie on retrouvait le professeur Pegullo et les assistants Plane, Stoppa, Tordjmann (ancien assistant de Lagrot) et l’ancien chirurgien de Chlef Kamoun qui partira dès la rentrée universitaire, rentrée qui verra quand même le retour d’autres médecins universitaires tel que : Seror et Roche (qui s’étaient réfugiés au Cambodge pendant la période OAS),  Ferrand (agrégé de Goinard qui prendra donc la chefferie du service de chirurgie générale à Bichat et où il consacra l’essentiel de son activité à la chirurgie de l’appareil locomoteur faisant de ce service le premier service de chirurgie orthopédique en Algérie), Lebon (qui reprendra sa place à la clinique médicale orientée vers la gastro-entérologie), Levi Valensi (en pneumo-phtisiologie), Mussini-Montpellier (qui dirigera le service d’anatomie pathologique). C’est avec ce noyau et d’autres médecins d’autres spécialités (essentiellement cliniques) aussi bien algériens qu’étrangers que se fera la reprise des études médicales à la faculté de médecine d’Alger sous la conduite pendant les premiers mois du doyen Bréhant directeur et chef de service de chirurgie au CPMC, structure qui dépendait encore de la France.

L’absence d’enseignants de rang magistral dans les spécialités fondamentales alors que le plus grand nombre d’étudiants était des premières et deuxièmes années de médecine va obliger le gouvernement algérien à demander à l’état français l’ouverture de postes d’agrégés pour l’Algérie à titre étranger ou dans le cadre de la coopération (protocole du 28 août 1962 relatif à la situation des personnels universitaires français relevant d'une faculté ou école de médecine qui exercent conjointement en Algérie des fonctions universitaires et des fonctions hospitalières et avenant à ce protocole relatif à la situation : 1° des médecins français servant en Algérie dans les services administratifs du ministère de la Santé publique et de la population ; 2° des pharmaciens français servant en Algérie au titre de la coopération technique).  

Il faut signaler qu’en 1962, parmi le corps médical algérien, le seul agrégé était le professeur Aouchiche, spécialiste en ophtalmologie (il sera nommé chef de service à la clinique ophtalmologique de Mustapha puis doyen de la faculté de Médecine d’Alger). Parmi les autres spécialistes, il y avait très peu d’anciens internes ou de chefs de cliniques. La majorité des spécialistes étaient des CES. Ces médecins spécialistes furent nommés, par nécessité, assistants sans subir d’épreuve préalable, mais comme le signale M. Djennas : « Ce titre portait un pêché originel. En aucun cas, dans une carrière destinée à permettre aux meilleurs d’émerger pour former la future élite médicale, qui aurait la responsabilité historique de fonder la médecine algérienne, le premier titre ouvrant la porte d’accès à cette dernière ne devait être acquis sans ‘’ combat’’. Seuls les concours, quelles qu’aient pu être leurs modalités, étaient à même de permettre aux candidats de se surpasser, d’extraire le meilleur d’eux-mêmes, de connaître également leurs limites et celles, donc, d’une ambition. Seuls les concours devraient consacrer une nomination. Une progression exclusivement administrative laisse toujours un certain relent d’insatisfaction, un sentiment d’usurpation de poste. ».

Le corps des rangs magistraux algérien sera renforcé à partir de 1963 par quatres autres membres. En effet au concours d’agrégation de 1963, en France, furent admis à titre étranger Aldjia Benallègue en pédiatrie (qui dirigera le service de pédiatrie de Mustapha avant d’être affectée à Parnet où elle créera un nouveau service), El Hadi Mansouri en chirurgie générale, Moulay Merioua en Médecine interne, Slimane Taleb en histologie-embryologie, ce qui renforça quelque peu l’effectif des agrégés de la faculté de médecine d’Alger. Le docteur S. Zemirli, tunisien ayant également passé son concours d’agrégation en urologie en 1962 à Paris, postulera pour le poste ouvert à Alger qu’il rejoindra en janvier 1963.

L’état algérien nommera par décret, professeurs : Ali El Okbi en chirurgie générale, Tedjini Haddam en chirurgie thoracique (après une soutenance de thèse en URSS), Rabah Allouache en médecine Interne, Messaoud Bendib en radiologie, Boussad Khati en pédiatrie, Rachid Bouayad, Mustapha Laliam et Hacène Lazreg en ophtalmologie, Nefissa Laliam en gynéco obstétrique. Ces nominations par décret seront le premier point noir marqué à l’actif de la jeune faculté de médecine naissante, point noir qui perturbera le processus de progression universitaire puisqu’à chaque fois qu’un concours d’agrégation sera ouvert des médecins universitaires vont demander à en être exemptés en faisant valoir ce précédent qui malheureusement se renouvellera pour certains. Là, nous ne manquerons pas de rappeler la phrase du professeur M. Djennas, qui parlant quelques décennies plus tard du système de santé algérien dira : « Une des caractéristiques et tares du fonctionnement du jeune état algérien : détruire ce qui existe, sans s’assurer au préalable que ce qui le remplacera sera au moins aussi efficace ». Ceci va malheureusement se confirmer également pour le système d’enseignement, qui outre cette tare va également se caractériser par l’ingratitude envers les pionniers de la faculté de médecine de l’indépendance qui partiront le plus souvent dans l’anonymat le plus total.

Le service de chirurgie Bichat sous la chefferie de service du professeur Ferrand comprenait alors deux chirurgiens français de formation algéroise, les docteurs Phéline et Plane qui prenait en charge la chirurgie viscérale ainsi que le professeur Martini qui après quelques mois au CPMC est affecté à Bichat. Du coté algérien il y avait deux chefs de clinique assistants le docteur Slimane Chitour, anatomiste et ancien externe et interne des hôpitaux d’Alger, et le docteur Mohamed Aboulola, ancien interne sur titre de l’école lyonnaise qui avait une orientation en chirurgie pédiatrique ainsi que deux assistants – adjoints, les docteurs Mahfoud Benhabyles et Allaoua Lehtihet également anatomiste comme son aîné Chitour.

Le docteur Zouhir Yacoubi qui avait une orientation vers la rééducation faisait également partie de cette équipe médicale en plus de plusieurs missions chirurgicales venant de pays étrangers essentiellement du bloc socialiste (Yougoslavie, Tchécoslovaquie, Angola, URSS etc.). L’actuelle clinique chirurgicale A (CCA) était sous la direction du professeur Seror aidé par Roche, Mentouri et Djillali. La clinique chirurgicale B (CCB) plus connue sous l’appellation Sedillot était dirigée par le professeur Mansouri aidé par Bendali Amor et Rachid Benabadji. Le professeur Saadoun Zemirli dirigeait l’urologie ou il fut rejoint par les docteurs Barmada, Kellou, Arkam, Malloum, Oucherif et Seddik. Au niveau de ces quatre cliniques chirurgicales, un enseignement pratique post-universitaire régulier et sérieux était assuré permettant la préparation des futurs candidats à l’agrégation. L’année 1963 verra la création de la Société Algérienne de Chirurgie qui organisera comme sa devancière (la société de chirurgie d’Alger) le premier samedi de chaque mois sa réunion mensuelle à l’amphithéâtre de Bichat et à partir de 1970 une réunion à Constantine et une à Oran. En collaboration avec la Société de Médecine d’Alger présidée alors par madame Benallègue, elle organisera par la suite des Journées Maghrébines MédicoChirurgicales. Les premières auront lieu du 5 au mai 1965, puis chaque année, à tour de rôle, dans l’un des trois pays en commençant par le Maroc (à l’hôtel Royal Mansour de Casablanca).

Lors de ces premières journées,  le bureau de la Société Algérienne de Chirurgie comprenait Zemirli en qualité de président, Séror vice président et Martini en qualité de Secrétaire Général ; le bureau de la société de Médecine d’Alger comprenait quant à lui : madame Benallègue, présidente ; Merioua et Destaing vice-présidents et Letenegger en qualité de Secrétaire Général. Après deux sessions dans chaque pays, ces journées aboutiront à la tenue du 1er Congrès Médical Maghrébin en mai 1971 à Casablanca. Madame le professeur A. Benallègue participera par la suite, à la création en 1967 de la Société Algérienne de Pédiatrie puis à la création en 1981 des Journées Maghrébines de Pédiatrie qui deviendront à leur tour Congrès Maghrébin de Pédiatrie.

La clinique chirurgicale infantile était dirigée par le professeur El Okbi (qui prendra, après le départ du professeur Brehant, le service de chirurgie du CPMC permettant ainsi au professeur Aboulola d’officier à la tête de la CCI, avec Bekkat comme maître assistant). Le service de chirurgie thoracique était dirigée par le professeur T. Haddam. Le professeur Giraud avait en charge la clinique ORL aidé par le docteur Abdelouahab. La maternité était sous la chefferie de service de Bonafos aidé par les docteurs Tordjmann et Ait Ouyahi. En radiologie on retrouvait Chevrot et Messaoud Bendib ; en pédiatrie, Sarrouy. Arriveront plus tard, comme coopérant, les français De Rougemont en neurochirurgie aidé par le docteur Abada et Bourat en neurologie qui prendront en charge l’hôpital neurologique Barbier Hugo (actuel EHS Ait Idir) avant que le professeur Abada n’ouvre à l’hôpital Mustapha le service des urgences de neurochirurgie.

A l’ouverture de la clinique d’ophtalmologie en juillet 1962, il y avait 4 spécialistes : Djennas, Smati, Margaillan et Boyer. Ils seront rejoint à la rentrée par Aouchiche, puis Bouayad, Maïza, Mostefaï et Laliam (Djennas quittera quelques années plus tard Mustapha pour Beni Messous, Bouayad pour l’hôpital Maillot et Laliam pour l’hôpital Parnet) et quelques années plus tard par Menouar, Zetchi et à partir de 1967 Chibane qui était auparavant à l’hôpital de Tizi Ouzou.

La clinique médicale était dirigée par Lebon aidé par Letenegger et Illoul. Le service de pneumo-phtisiologie était dirigé par Levi-Valensi aidé par Chaulet et Larbaoui. Les deux services de cardiologie étaient sous la direction des professeurs Morand et Taddei aidés par Piva, Mostefai, Boudjelab et Toumi. L’hématologie était dirigée par le professeur Messerchmidt aidé de Colonna. Madame Mussini-Montpellier tenait le service d’anatomie pathologique. Le service de pédiatrie pris en charge d’abord par le professeur Benallègue après le départ de Sarrouy, sera par la suite dirigé par le docteur Khati ; madame Benallègue ayant été désigné à l’hôpital Parnet où elle montera un nouveau service où la rejoindra, en 1965, en qualité d’assistant le docteur JP Grangaud qui lui-même ouvrira le 3ème service de pédiatrie à Béni Messous en 1971 après son agrégation. A l’école dentaire, à partir d'un groupe de chirurgiens dentistes volontaires l'enseignement et la formation des chirurgiens dentistes reprirent sous la direction du professeur Péri. A la pharmacie de Mustapha on retrouve Ghérib qui prendra le titre de pharmacien chef de service après son agréation en 1967.

Au niveau du CPMC, outre le professeur Brehant qui dirigeait le service de chirurgie, le professeur Merioua avait en charge le service de médecine et le professeur Slimane Taleb le laboratoire d’histo-embryologie. Le professeur H. Klioua dirigera pendant un temps un service de rhumatologie avant qu’il ne soit transféré vers l’hôpital Beni Messous. Le service des maladies infectieuses à El Kettar était dirigé par Destaind puis Margueras aidé par Ould Rouis et Ait Khaled.

C’est donc avec ces enseignants que fonctionnera la faculté de médecine d’Alger aux premières années de l’indépendance. « L’héritage fût des plus lourd à porter. Mais des circonstances historiques exceptionnelles nous ont imposé un défi, que nous nous devions de relever, pour nos malades, pour nos étudiants, pour nous-mêmes, et, enfin et surtout, pour nos martyrs. Je peux dire aujourd’hui, en anticipant, que le pari que nous devions gagner l’a été et largement» (dixit M. Djennas). Des 342 médecins algériens à l’indépendance (soit un médecin pour 25463 habitants, un chirurgien pour 72848 habitants et un pharmacien pour 41667 habitants), la démographie médicale va connaître une progression importante : 26.305 en 1992, soit 1 médecin pour 1.068 habitants et 27.649 en 1996, soit un médecin pour 1.308 habitants et à l’horizon 2009 l’Algérie comptera un médecin pour 757 habitants, un chirurgien dentiste pour 2515 habitants et un pharmacien pour 3141 habitants. L’espérance de vie à la naissance est à l’heure actuelle de 76,1 ans.

Au premier concours d’internat organisé en 1964 on trouvera parmi les heureux reçus les docteurs Abdelkrim Allouache, Kamel Daoud, Boussad Meradji, Mohamed Mehdi, Ali Bouzid, Zoubir Bedrane et Yahia Guidoum (tous futurs chefs de service de chirurgie), Brahimi, Ould Mohamed, Yamina Benkedache (future madame Martini et future grande spécialiste de la chirurgie de la main). Ce premier concours sera suivi par huit autres. Le septième eu lieu en 1970 présidé par madame Benallègue aidée par Michel Martini et Suzane Benabdellah née Laribère, le dernier présidé par Martini aura lieu en 1972.

Au premier noyau des cinq agrégés algériens sur concours, vont s’ajouter les agrégés du premier concours organisé en octobre 1967 en Algérie : Slimane Chitour en Anatomie ; Mohamed Benabadji en Biologie et transfusion sanguine ; Mohamed Cherif Mostefaï, Omar Boudjellab et Mohamed Toumi en Cardiologie ; Michel Martini, Bachir Mentouri et Pierre Roche en Chirurgie Générale ; Mohamed Aboulola en Chirurgie Pédiatrique ; Mohamed Arezki Oucharef en Chirurgie dentaire ; Gana Illoul en Gastro-entérologie ; Pierre Colonna en Hématologie ; Mohamed Abada en Neurochirurgie ; Belgacem Ait Ouyahia en en Gynéco obstétrique ; Messaoud Djennas et Raoul Boyer en Ophtalmologie ; Hacène Abdelouahab en ORL ; Pierre Chaulet et Djillali Larbaoui en Pneumo-phtisiologie ; Hamza Klioua en Rhumatologie ; Zouhir Yagoubi en Médecine Physique et Rééducation, Abdenour Yaker en Anatomie pathologique et Gherib en Pharmacie. Lors de cette agrégation les deux ministères de la santé et de l’enseignement avaient à leur tête des médecins : le professeur Tedjini Haddam à la santé et le docteur Taleb El Ibrahimi à l’enseignement.

 

Pr. Merioua
Pr. Haddam
Pr. Mentouri
Pr. Seror
Pr. Merioua
Pr. Haddam
Pr. Mentouri
Pr. Seror
Pr. Guerib
Pr. Boukhroufa
Pr. El Okbi
Pr. Aroua
Pr. Guerib
Pr. Boukhroufa
Pr. El Okbi
Pr. Aroua
Pr. Grangaud
Pr. Belkhodja
Pr. Boucebci
Pr. Bendali Amor
Pr. Grangaud
Pr. Belkhodja
Pr. Boucebci
Pr. Bendali Amor

 

 

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