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Vers l'éradication du rhumatisme articulaire aigu

par le professeur Abdelmounaim ABOUSSAD - Octobre 2001

Le rhumatisme articulaire aigu (RAA), maladie post infectieuse, continu a représenter une cause de morbidité et de mortalité non négligeable dans les pays en développement. Son incidence varie de 100 à 200 par 100 000 dans les pays en voie de développement contrairement aux pays industrialisés où cette incidence a diminué progressivement depuis les années 1950 et se situe actuellement autour de 0.5 cas par 100 000 enfants d'âge scolaire et par an.

Si la présentation clinique de cette maladie a beaucoup varié et au lieu des formes historiques avec l'atteinte pancardique, nous n'observons le plus souvent que des formes frustes pauci-symptomatiques avec pourtant les mêmes risques de séquelles cardiaques. Ceci explique les multiples mises à jour des critères de Jones.

Dans notre contexte, cette maladie présente quelques caractéristiques pouvant aider à la politique de lutte contre le RAA : les patients sont de milieu socioéconomique défavorisé, d'origine rurale ou habitant les bidons villes, les conditions d'hygiène défectueuses et la promiscuité sont fréquentes. L'accès aux soins est souvent limité avec un retard avant la consultation. Les rechutes, les cas de RAA dans la fratrie et des atteintes chez les enfants jeunes (moins de cinq ans) sont observés. Les formes graves avec insuffisance cardiaque à l'admission sont fréquentes dans la population ayant ces caractéristiques.

Ceci n'écarte pas la survenu du RAA chez la population plus favorisée mais oriente donc vers les ''foyers'' où la maladie survient avec prédominance et implique le ciblage et le renforcement des programmes de lutte à ces niveaux.

Au commencement, c'est l'éducation de la population pour la reconnaissance des signes de l'angine et son traitement. La prise en charge aux centres de santé et aux dispensaires de tout épisode d'angine et l'accès à la prévention secondaire pour les anciens malades doit être possible sans souffrir des rupture de stock. La surveillance épidémiologique rigoureuse avec les déclarations des praticiens de toutes les structures sanitaires (privées, mutualistes…) permettra de mieux apprécier l'évolution de ce fléau.

Enfin le grand problème qui reste posé est celui de la prise en charge des séquelles valvulaires (valvuloplastie, remplacement valvulaire) très coûteuse pour le système et inaccessible à la population touchée par la maladie qui est souvent sans couverture sociale. Mieux donc prévenir que guérir.

Marrakech, le 19 octobre 2001

Professeur Abdelmounaim ABOUSSAD
abdelmounaim@santemaghreb.com


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