Le guide de la médecine et de la santé au Maroc Drapeau du Maroc

Sommaire
Page d'accueil
Présentation du site
Les éditos
La bibliothèque de Santé Maghreb
Congrès et séminaires
Annuaire de la santé en Afrique
Forum de la santé en Afrique
Le web médical marocain
Qui contacter à propos de ce site ?


Lisez Médecine
du Maghreb
Médecine du Maghreb

Communications scientifiques

Cystadénocarcinome mucineux du mésentère

K. DAMI, A. BENHADDOU, O. ESSADKI, A. OUSEHAL.
Service de Radiologie, Hôpital Ibn Tofaïl, CHU Mohamed VI, Marrakech - 11 juillet 2005

Cas clinique

 

Résumé

Les auteurs rapportent une localisation exceptionnelle de cystadénocarcinome mucineux au niveau du mésentère. La localisation mésentérique ne présente pas de particularité clinique et radiologique. Elle fait discuter les tumeurs ovariennes et les autres lésions kystiques du mésentère.

Introduction

Les tumeurs mésentériques malignes primitives sont rares. Le cystadénocarcinome mucineux est très exceptionnel. Trois cas ont été rapportés dans la littérature. Les auteurs en rapportent un cas et discutent l’imagerie de cette tumeur.

Observation

Il s’agit d’une femme de 43 ans, sans antécédents pathologiques, qui présentait une année auparavant des douleurs abdomino-pelviennes latéralisées du Coté gauche. Trois mois avant son hospitalisation la patiente a noté l’apparition d’une masse du flanc gauche. L’examen clinique montrait au niveau du flanc gauche de l’abdomen la présence d’une masse abdomino-pelviennebien circonscrite mollasse et mobile. L’échographie objective au niveau du flanc gauche une masse kystique de 12x7 cm à grande composante liquidienne siége de formations loculées séparées par des septas épaisses. Le pancréas et les ovaires étaient sans anomalies. La tomodensitométrie réalisée sans et après injection de contraste a montré une volumineuse masse kystique au contact d’anses digestives, de densité liquidienne, siège de végétations et de nodules qui sont rehaussées par le contraste. La graisse péritonéale en regard est respectée. Une origine digestive ou péritonéale de la masse fut évoquée.
Un dosage de CA125 était négatif. L’exploration chirurgicale de la patiente a trouvé une masse solidokystique aux dépens du mésentère de 1700 g environ. Les ovaires étaient normaux. L’examen histologique de la pièce opératoire a confirmé le diagnostic de cystadénocarcinome mucineux du mésentère infiltrant sans effraction capsulaire. Aucun tissu ovarien ou pancréatique n’a été retrouvé. Une chimiothérapie complémentaire fut instaurée. L’évolution est bonne après 4 cures de chimiothérapie et un recul de 6 mois.

Echographie abdominale: Masse kystique liquidienne multiloculée Echographie abdominale: Masse kystique liquidienne multiloculée
Fig 1 et 2 : Echographie abdominale: Masse kystique liquidienne multiloculée
TDM abdominale sans et après contraste : Volumineuse formation kystique au contact dune anse digestive siège de végétations rhéaussées par le contraste TDM abdominale sans et après contraste : Volumineuse formation kystique au contact dune anse digestive siège de végétations rhéaussées par le contraste
Fig 3 et 4 : TDM abdominale sans et après contraste : Volumineuse formation kystique au contact d’une anse digestive siège de végétations rhéaussées par le contraste

Discussion

Le cystadénocarcinome mucineux du mésentère est exceptionnelle, seulement 3 cas ont été publiées dans la littérature (1, 2). Généralement les tumeurs du mésentère sont rares avec une fréquence d’environ 1 par 200.000 à 350.000 malades hospitalisés, et dans 40 à 60% ces tumeurs sont kystiques (1,3). Elles peuvent êtres rencontrées à toute âge (3). Concernant le cystadénocarcinome mucineux mésentériques les cas publiés étaient toutes des femmes et âgées de plus de 30 ans. La douleur associée à une masse abdominale et le principal signe révélateur, bien que la découverte fortuite d’une masse abdominale est décrite (1,3). Les nausées, vomissement, et trouble de transit ont été aussi décrits avec les tumeurs mésentériques. Une occlusion intestinale par infiltration locale peut être secondaire à une tumeur maligne mésentérique. L’examen clinique trouve les caractéristiques d’une masse mésentérique (3).

L’imagerie du cystadénocarcinome mucineux du mésentère n’est pas différente de celle des autres localisations notamment pancréatique et ovarienne. Ainsi sur les clichés sans préparation et les opacifications barytées, il se présente comme une masse refoulant les structures anatomiques adjacentes, notamment digestives et peuvent contenir des calcifications, notamment périphériques (6). En échographie, il se caractérise par une lésion multiloculée, à prédominance kystique avec de multiples éléments solides, nodulaires et végétantes. Les cloisons sont épaisses (6).

En tomodensitométrie la tumeur uni ou multiloculaire hypodense avec cloisons épaisses, nodules et les végétations intrakystiques qui sont rehaussées par le contraste (4). En IRM, le contenu riche en protéines de ces lésions explique le signal élevé en T1, mais variable dans les différents locules (5). En fait ni l’échotomographie, ni le scanner, ni l’IRM ne permettent de différentier un simple cystadénome mucineux d’un cystadénocarcinome en dehors des cas où existent des signes d’envahissement local, d’ascite ou de métastases (5). Par contre l’imagerie peut innocenter le pancréas et les ovaires en montrant un aspect normal de ces derniers (1).

Le diagnostic différentiel se fait avec les autres tumeurs kystiques du mésentère, les plus fréquentes sont le lymphangiome kystique dont l’aspect multiloculé peut simuler un cystadénocarcinome mucineux, mais ces tumeurs surviennent surtout chez l’enfant et l’adolescent. Le diagnostic différentiel se pose également avec les kystes entériques, les kystes mésotheliaux, les hématomes, les abcès et les pseudokystes séquéllaires d’un hématome ou d’un abcès qui ont souvent une paroi épaisse et qui peuvent contenir un niveau liquide-liquide (6). Le diagnostic différentiel peut se poser également avec un cystadénocarcinome mucineux ovarien et pancréatique mais l’imagerie permet d’innocenter ces organes.

Le risque de dissémination péritonéale avec formation de pseudomyxomes péritonéaux est une complication grave, mortelle, ce qui nécessite une cure chirurgicale de tout kyste mésentérique (1).
La confirmation de diagnostic de cystadénocarcinome mucineux mésentérique est histologique. Un complément de chimiothérapie est nécessaire. En absence d’effraction de capsule l’évolution est bonne (1), la rupture est un facteur de très mauvais pronostic avec décès en moyenne 6 mois après (1).

Conclusion

Le cystadénocarcinome mucineux du mésentère est une tumeur exceptionnelle. L’imagerie permet d’approcher le diagnostic, le risque de rupture nécessite l’enlèvement de toute lésion kystique du mésentère même asymptomatique.

BIBLIOGRAPHIE

1-Philip .A, Linden, Stanley W. Ashley
Mucinous cystadenocarcinoma of the mesentery. Surgery 2000 ; 127 : 707-708.

2-Banerjee R, Gough J.
Cystic mucinous tumours of the mesentery and retroperitoneum: report of three cases. Histopathology. 1988 May ; 12(5) :527-32.

3-Guivarc'h M
Tumors of the mesentery. Apropos of 102 cases. Ann Chir 1994; 48(1): 7-16

4-ARAKI. T, OHTONO. K, ITA. Y.
Demonstration of septas in cystic lesions. Comparaison study by computed tomography and ultrasound- Clin. Radiol. 1982, 33, 325-329

5-ALGARD. M, PONST. P, HAUTEFEUILLE. M
Cystadénomes pancréatiques : intérêt diagnostique de l’échographie et de la tomodensitométrie- Gastroentérol. Clin. Biol, 1986, 10, 23-28

6-OUTWATER. EK, DUNTON. CJ.
Imaging of the ovary and adnexa : clinical issues and applications of MR imaging. Radiology 1995 ; 195 : 1-18.

7-ROS. PR.
Bubbles and marbles of the belly : cystic and solid masses of the mesentery and omentum. RSNA categorical course in diagnostic radiology. Gastrointest Radiol 1997 : 59-66

 


K. DAMI, A. BENHADDOU, O. ESSADKI, A. OUSEHAL.
Service de Radiologie, Hôpital Ibn Tofaïl, CHU Mohamed VI, Marrakech - 11 juillet 2005

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!

NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2005 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés.