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Résumé
Les auteurs rapportent une localisation exceptionnelle de
cystadénocarcinome mucineux au niveau du mésentère.
La localisation mésentérique ne présente
pas de particularité clinique et radiologique. Elle
fait discuter les tumeurs ovariennes et les autres lésions
kystiques du mésentère.
Introduction
Les tumeurs mésentériques malignes primitives
sont rares. Le cystadénocarcinome mucineux est très
exceptionnel. Trois cas ont été rapportés
dans la littérature. Les auteurs en rapportent un cas
et discutent l’imagerie de cette tumeur.
Observation
Il s’agit d’une femme de 43 ans, sans antécédents
pathologiques, qui présentait une année auparavant
des douleurs abdomino-pelviennes latéralisées
du Coté gauche. Trois mois avant son hospitalisation
la patiente a noté l’apparition d’une masse
du flanc gauche. L’examen clinique montrait au niveau
du flanc gauche de l’abdomen la présence d’une
masse abdomino-pelviennebien circonscrite mollasse et mobile.
L’échographie objective au niveau du flanc gauche
une masse kystique de 12x7 cm à grande composante liquidienne
siége de formations loculées séparées
par des septas épaisses. Le pancréas et les
ovaires étaient sans anomalies. La tomodensitométrie
réalisée sans et après injection de contraste
a montré une volumineuse masse kystique au contact
d’anses digestives, de densité liquidienne, siège
de végétations et de nodules qui sont rehaussées
par le contraste. La graisse péritonéale en
regard est respectée. Une origine digestive ou péritonéale
de la masse fut évoquée.
Un dosage de CA125 était négatif. L’exploration
chirurgicale de la patiente a trouvé une masse solidokystique
aux dépens du mésentère de 1700 g environ.
Les ovaires étaient normaux. L’examen histologique
de la pièce opératoire a confirmé le
diagnostic de cystadénocarcinome mucineux du mésentère
infiltrant sans effraction capsulaire. Aucun tissu ovarien
ou pancréatique n’a été retrouvé.
Une chimiothérapie complémentaire fut instaurée.
L’évolution est bonne après 4 cures de
chimiothérapie et un recul de 6 mois.
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| Fig 1 et 2 : Echographie
abdominale: Masse kystique liquidienne multiloculée |
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| Fig 3 et 4 :
TDM abdominale sans et après contraste : Volumineuse
formation kystique au contact d’une anse digestive
siège de végétations rhéaussées
par le contraste |
Discussion
Le cystadénocarcinome mucineux du mésentère
est exceptionnelle, seulement 3 cas ont été
publiées dans la littérature (1, 2). Généralement
les tumeurs du mésentère sont rares avec une
fréquence d’environ 1 par 200.000 à 350.000
malades hospitalisés, et dans 40 à 60% ces tumeurs
sont kystiques (1,3). Elles peuvent êtres rencontrées
à toute âge (3). Concernant le cystadénocarcinome
mucineux mésentériques les cas publiés
étaient toutes des femmes et âgées de
plus de 30 ans. La douleur associée à une masse
abdominale et le principal signe révélateur,
bien que la découverte fortuite d’une masse abdominale
est décrite (1,3). Les nausées, vomissement,
et trouble de transit ont été aussi décrits
avec les tumeurs mésentériques. Une occlusion
intestinale par infiltration locale peut être secondaire
à une tumeur maligne mésentérique. L’examen
clinique trouve les caractéristiques d’une masse
mésentérique (3).
L’imagerie du cystadénocarcinome mucineux du
mésentère n’est pas différente
de celle des autres localisations notamment pancréatique
et ovarienne. Ainsi sur les clichés sans préparation
et les opacifications barytées, il se présente
comme une masse refoulant les structures anatomiques adjacentes,
notamment digestives et peuvent contenir des calcifications,
notamment périphériques (6). En échographie,
il se caractérise par une lésion multiloculée,
à prédominance kystique avec de multiples éléments
solides, nodulaires et végétantes. Les cloisons
sont épaisses (6).
En tomodensitométrie la tumeur uni ou multiloculaire
hypodense avec cloisons épaisses, nodules et les végétations
intrakystiques qui sont rehaussées par le contraste
(4). En IRM, le contenu riche en protéines de ces lésions
explique le signal élevé en T1, mais variable
dans les différents locules (5). En fait ni l’échotomographie,
ni le scanner, ni l’IRM ne permettent de différentier
un simple cystadénome mucineux d’un cystadénocarcinome
en dehors des cas où existent des signes d’envahissement
local, d’ascite ou de métastases (5). Par contre
l’imagerie peut innocenter le pancréas et les
ovaires en montrant un aspect normal de ces derniers (1).
Le diagnostic différentiel se fait avec les autres
tumeurs kystiques du mésentère, les plus fréquentes
sont le lymphangiome kystique dont l’aspect multiloculé
peut simuler un cystadénocarcinome mucineux, mais ces
tumeurs surviennent surtout chez l’enfant et l’adolescent.
Le diagnostic différentiel se pose également
avec les kystes entériques, les kystes mésotheliaux,
les hématomes, les abcès et les pseudokystes
séquéllaires d’un hématome ou d’un
abcès qui ont souvent une paroi épaisse et qui
peuvent contenir un niveau liquide-liquide (6). Le diagnostic
différentiel peut se poser également avec un
cystadénocarcinome mucineux ovarien et pancréatique
mais l’imagerie permet d’innocenter ces organes.
Le risque de dissémination péritonéale
avec formation de pseudomyxomes péritonéaux
est une complication grave, mortelle, ce qui nécessite
une cure chirurgicale de tout kyste mésentérique
(1).
La confirmation de diagnostic de cystadénocarcinome
mucineux mésentérique est histologique. Un complément
de chimiothérapie est nécessaire. En absence
d’effraction de capsule l’évolution est
bonne (1), la rupture est un facteur de très mauvais
pronostic avec décès en moyenne 6 mois après
(1).
Conclusion
Le cystadénocarcinome mucineux du mésentère
est une tumeur exceptionnelle. L’imagerie permet d’approcher
le diagnostic, le risque de rupture nécessite l’enlèvement
de toute lésion kystique du mésentère
même asymptomatique.
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