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Le traitement du cancer chez l'enfant a fait
des progrès considérables dans les 20 dernières années, en
grande partie grâce à l'amélioration des moyens de diagnostic
et à l'essor de la chimiothérapie.
Même s'il ne représente que 1 à 3% de l'ensemble
des cancers, le cancer de l'enfant dans les pays développés
est très important sur le plan de la santé publique puisqu'il
constitue la 2éme cause de mortalité chez l'enfant après les
accidents. L'incidence est évaluée à 150 nouveaux cas par
million d'enfants de moins de 15 ans et par an. Ces données
épidémiologiques proviennent essentiellement des registres
nationaux des cancers qui existent dans plusieurs pays, en
particulier d'Europe et d'Amérique du Nord.
Dans certains pays d'Afrique et d'Asie, il
n'existe que des registres basés sur des populations hospitalières.
Le Maroc fait partie de ces pays d'Afrique où il n'existe
pas de registre national des cancers ; les données qui existent
sont principalement hospitalières. Il existe 2 centres de
références hospitalo-universitaires et 2 centres privés, à
Rabat et à Casablanca prennant en charge les enfants cancéreux.
L'Unité d'Hémato-Oncologie Pédiatrique de l'Hôpital
d'Enfants de Rabat est l'un des 2 centres de référence. Cette
unité a pris en charge, entre 1986 et 2000, 2648 nouveaux
cas de cancers chez l'enfant. Le nombre de nouveaux cas par
an a augmenté progressivement pour atteindre un plateau d'environs
300 nouveaux cas par an. L'unité draine des patients de tout
le Maroc, dont 48% de la région Nord, 25% de la région est,
13% du sud et 14% de la région de Rabat-Salé.
L'incidence est plus élevée pour la tranche
d'age de 0 - 5 ans ( 56%) que pour les tranches d'age 6 -
9ans (28%) et 10- 15 ans (16%). Il existe une prédominance
masculine avec un sexe ratio de 2.
Les tumeurs les plus fréquentes sont les leucémies
et les lymphomes : 1957 nouveaux cas (74% des cancers), les
données rapportées par d'autres registres donnent un pourcentage
de 40% pour ces tumeurs. Viennent ensuite le néphroblastome
: 406 cas (15%), les tumeurs osseuses : 211 cas (8%), le neuroblastome
: 211cas (8%), le rhabdomyosarcome : 183 cas (7%) et le rétinoblastome
: 115 cas (4%).
D'autres tumeurs sont relativement plus rares
: carcinome indifferencié du naso-pharynx, hépatoblastome,
tumeurs germinales malignes, histiocytose. Les tumeurs cérébrales
qui représentent 20% des cancers dans les pays développés,
sont suivies et traitées au Maroc, essentiellement dans des
services de neurochirurgie adulte.
Le nombre de cas vus en unité d'hémato-oncologie
ne reflète donc pas l'incidence réelle. Le cancer de l'enfant
pose un problème important de prise en charge du fait de l'absence
de couverture sociale pour la plupart des malades, de la durée
trop longue du traitement et de l'éloignement par rapport
aux structures hospitalières.
Un autre problème de taille reste le coût élevé
de la chimiothérapie : les assurances ne fournissent que 15%
environs de la chimiotherapie. Pour les patients indigents,
l'association d'aide aux enfants atteints de cancer "l'avenir"
procure 70% de la chimiothérapie et l'hôpital 10% et 5% des
patients achètent leurs médicaments.
A tous ces problèmes s'ajoutent l'analphabétisme
et le fatalisme avec lequel les parents prennent l'annonce
du diagnostic de cancer. Le parcours fait par les parents
et l'enfant cancéreux, depuis l'annonce du diagnostic jusqu'à
la fin du traitement est un véritable "parcours du combattant"
qui fait que plusieurs parents abandonnent en cours de route
et que l'on se retrouve avec des patients ²perdu de vu².
Rabat, le 30 novembre 2001
Docteur Laila Hessissen
hessissen@santemaghreb.com
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