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Awa Marie Coll SECK, ministre de la Santé : « Les soins et l’hospitalisation des enfants de 0 à 5 ans seront gratuits » - 06/09/2013 - Le soleil - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Avec 48 % de la population qui vit au dessous du seuil de pauvreté, le gouvernement du Sénégal a pris la décision d’offrir aux familles les soins et l’hospitalisation des enfants de 0 à 5 ans. Une politique qui entre dans le cadre de la couverture maladie universelle, selon le ministre de la Santé et de l’Action sociale.

Que revêt le concept de couverture maladie universelle et quel est l’objectif visé à travers ce programme ?

«Je me permets de définir le concept parce que plusieurs autres sont avancés. On parle par exemple de couverture universelle, de couverture sanitaire universelle, couverture médicale universelle. Au Sénégal, nous utilisons l’expression couverture maladie universelle qui permet à tout individu de pouvoir accéder à des soins de qualité et à un coût abordable. Mais également qu’il puisse avoir accès à la prévention, à la promotion de la santé et à la réadaptation

Avec la couverture maladie universelle, nous voulons endiguer le risque financier. Nous voulons aussi assurer la disponibilité des services. Parce que quand les soins sont à des coûts abordables ou gratuits et que les structures sont insuffisamment équipées, la couverture maladie universelle ne sera pas effective. Enfin, nous voulons aussi diminuer la morbidité, c’est-à-dire les risques de maladies. Cette conception découle de la vision du chef de l’Etat qui, en visitant les régions et les hameaux du Sénégal, a été fortement touché par cette demande sociale. Dans son programme Yonnu Yokuté, il a pris l’option de faire de la Couverture Maladie Universelle une de ses priorités. Et nous nous sommes attelés dès notre nomination à rendre opérationnel ce concept avec une stratégie de mise en œuvre à large échelle d’ici 2017».

Quelle est la politique définie pour arriver à cette couverture maladie universelle ?

«Au Sénégal, nous avons des assurances obligatoires pour les fonctionnaires et les travailleurs du secteur privé. Elles couvrent avec les mutuelles de santé environ 20 % de la population. 80% de la population qui ne bénéficie pas de couverture est dans le secteur informel ou dans le monde rural. D’où notre option fondamentale d’aller vers l’assurance volontaire avec les mutuelles de santé. C’est un axe important de notre politique. Nous voulons également renforcer les Institutions de prévoyance maladie par un renforcement de la gouvernance. Nous œuvrons dans ce sens avec le ministère chargé du Travail.

La politique de gratuité sera consolidée. Cette consolidation passe par un renforcement des gratuités existantes notamment les antirétroviraux, les médicaments contre le paludisme et la tuberculose, les césariennes, la dialyse pour les insuffisances rénales, les soins aux personnes âgées avec le plan Sesame. Nous avons introduit de nouvelles gratuités comme pour les soins des enfants de 0 à 5 ans. Nous allons dérouler cette politique progressivement. Un pays comme le Rwanda a commencé la couverture maladie universelle en 1998, mais celle-ci n’a été effective qu’en 2005. Nous avons un plan qui nous permet déjà cette année d’augmenter sensiblement ce taux jusqu’à 35 % et atteindre, en 2015, 67 % de la population. Ainsi, plus d’une personne sur deux sera couverte au plan des soins et de la prévention à cette date. A ce rythme, nous allons atteindre en 2017 la couverture maladie universelle».

Quelle est dans cette politique, la place des enfants de 0 à 5 ans ?

«Les enfants de 0 à 5 ans constituent une couche très vulnérable dans notre pays. Ils représentent près de 20 % de la population. Aujourd’hui, bien que le Sénégal dispose d’un taux acceptable par rapport à la sous région, 72 enfants sur 1000 meurent avant d’atteindre l’âge de 5 ans. C’est énorme! Et dans les objectifs du millénaire pour le développement, l’objectif 4 vise à réduire la mortalité infantile. D’ici 2015, au Sénégal, nous allons accélérer le processus pour atteindre cet objectif. Ce point est important pour nous et pour le Président de la République qui nous a instruits de tout faire pour donner à ces enfants de 0 à 5 ans qui sont l’avenir de notre pays la chance de vivre».

Qu’est-ce que vous allez concrètement faire pour les enfants de 0 à 5 ans ?

«Nous avons pris l’option de permettre aux familles d’emmener leur enfant de 0 à 5 ans dans une structure de santé pour se faire consulter gratuitement. Ainsi, les familles ne payeront plus le ticket de consultation. Leur enfant pourra être consulté par un médecin, un infirmier sans payer. S’il (l’enfant) est hospitalisé dans un centre de santé comme Philippe Senghor ou Kasnack, sa famille ne payera pas aussi les frais de séjour. Les consultations en urgences dans les hôpitaux seront aussi gratuites ainsi que celles des enfants référés. Nous allons lancer ces mesures sous peu et cela me semble une grande avancée si l’on sait que 48 % de la population sénégalaise vit au dessous du seuil de pauvreté. Ainsi, pour l’accès aux structures de santé, le souci financier ne se posera plus pour les enfants de 0 à 5 ans. Les tickets pour les vaccinations ne seront plus payés et cela aide et renforce la prévention. Voilà le schéma qui est évolutif. Il va coûter pour les 6 mois avenir plus de 2 milliards de francs Cfa».

Cette gratuité concerne-t-elle les médicaments ?

«Quelques médicaments sont déjà gratuits. A partir de 2014, nous allons élargir ce programme aux autres médicaments et à d’autres prestations comme les hospitalisations, les analyses médicales ou les radiographies. Il s’agira d’une gratuité totale pour les enfants de 0 à 5 ans».

Y-a-t-il des gardes fous pour un fonctionnement correct de ce système ?

«Le premier garde fou, c’est l’identification des enfants de 0 à 5 ans. Donc, il faut des outils comme les carnets de santé, des cartes à puce plus tard pour s’assurer que nous ciblons bien la tranche d’âge concernée. Si nous faisons des erreurs dans le ciblage, cela constitue un problème parce que tous les calculs seront faussés.

Le financement peut également constituer un problème. Mais l’Etat s’est engagé à mettre les moyens. Dans le budget de 2014, nous avons demandé 10 milliards de francs Cfa. Ainsi, la couverture maladie universelle dont l’une des composantes est la gratuité pour les enfants de 0 à 5 ans est budgétisée. Et des partenaires comme la coopération belge et l’USAID nous appuient déjà. D’autres comme la France et la Banque mondiale entre autres se sont engagés à nous accompagner à partir de l’année prochaine. Nos partenaires veulent appuyer le Sénégal par rapport à la couverture maladie universelle. Nous avons beaucoup travaillé sur l’identification et le financement pour ne pas avoir de surprises».

Où est-ce qu’on en est avec l’objectif de réduire la mortalité infantile au Sénégal ?

«Nous aurons d’ici la fin de l’année des chiffres plus précis. Mais les chiffres dont nous disposons montrent que nous avons 72 décès pour 1000 naissances. En 2005, ce chiffre était de 121. Cela signifie que nous avons fait des progrès. Et ces progrès sont liés aux performances du programme élargi de vaccination et aux bons résultats réalisés dans la lutte contre le paludisme avec la distribution massive de moustiquaires. Aujourd’hui, nous pensons que ce chiffre va encore baisser parce qu’il y a une généralisation de la distribution des moustiquaires imprégnées et une gratuité du traitement. Si on y ajoute la gratuité pour les enfants de 0 à 5, 2015 devra être la consécration de la politique que nous sommes en train de mener».

Quelles sont les maladies qui touchent le plus les enfants de 0 à 5 ans ?

«Le plus grand challenge est la mortalité néonatale (0 à 1 mois). Elle fait presque 40 % des décès des enfants. Ces décès sont souvent liés au fait que les mères ont eu une grossesse mal surveillée. C’est pourquoi, nous avons mis l’accent sur la surveillance des grossesses et la décentralisation de la prise en charge. Ainsi, les enfants vont naitre dans de meilleures conditions. Nous sommes également en train d’améliorer la prise en charge du nouveau-né. Dans toutes les structures sanitaires les tables du nouveau-né sont recommandées. Dans les hôpitaux, il y a le coin du nouveau-né. Nous insistons aussi sur la vulgarisation de la méthode Kangourou avec l’aide de l’Unicef. Nous sensibilisons beaucoup les femmes sur les dangers des grossesses rapprochées. Les autres maladies sont le paludisme, la diarrhée, la pneumonie, etc. Elles surviennent plus tard. Je dois relever que beaucoup d’enfants de 0 à 5 ans meurent à la maison à cause du manque de moyens des parents, l’éloignement des structures de santé».

Que fait votre département pour rapprocher les structures de santé des populations ?

«Il y a des constructions de plus en plus nombreuses d’hôpitaux, de centres, de postes et des cases de santé. Mais le personnel est encore insuffisant. Aujourd’hui, nous en faisons notre cheval de bataille. Nous allons faire un fort plaidoyer dans ce sens. Comme cette année a été celle de la sécurité, nous aimerions pour l’année prochaine, un recrutement massif dans la santé. Nous sommes entrain de renforcer l’approche communautaire avec les relais communautaires, les « Badiène Ngokh » pour que ces acteurs jouent un rôle plus important, sans oublier notre projet de cliniques communautaires basées sur des partenariats public privés. Nous allons mettre l’accent sur les stratégies avancées. Ainsi, les professionnels de la santé iront plus systématiquement à la rencontre des populations pour leur offrir des prestations de qualités. Enfin, nous allons rapprocher les médicaments et autres produits des populations. Ces dernières années, la Pharmacie nationale d’approvisionnement a crée des filiales dans chaque région. C’est une bonne option que nous allons renforcer en créant des pharmacies mobiles. Par exemple, si une localité commande des médicaments, des camions spéciaux seront convoyés pour livrer commande. Nous l’avons expérimenté dans la région de Sédhiou et de Kédougou».

Où en êtes-vous avec la politique de planification familiale ?

«Aujourd’hui, nous lançons la campagne dénommée « Moytu Nef ». Les grosses rapprochées ont des conséquences fâcheuses aussi bien pour la mère que l’enfant. La mère n’a pas le temps de se reconstituer, de se reposer, l’enfant est brutalement sevré…... Nous voulons que les populations soient vraiment sensibilisées sur le phénomène. La sensibilisation nous permettra d’augmenter le taux de prévalence contraceptive qui n’était que de 12 %, en 2012, au moment où des pays comme le Ghana, le Rwanda ou l’Ethiopie ont franchi les 60 % et l’Afrique du Sud à presque 80 %. Pour cette campagne, l’approche genre sera mise en avant parce que la planification familiale est à la fois l’affaire des hommes et des femmes. Nous travaillons avec les associations d’imams, de professionnels de la santé notamment les sage femmes, de jeunes, de femmes qui nous accompagnent dans cette campagne. Nous allons également mettre l’accent sur les méthodes longues durées. Le Sénégal a pris l’engagement au plan international de doubler son taux actuel».

Quel est l’objectif recherché à travers cette politique ?

«Sauver des vies et aider les populations à avoir une bonne santé pour développer ce pays. Sans santé, il ne peut y avoir de développement. Une bonne santé constitue aussi un facteur de croissance économique».

Est-ce que les moyens existent ?

«C’est cela la grande bataille. Le Sénégal est un pays pauvre avec beaucoup de priorités. Etant donné que la santé est à la base du développement, nous devons y mettre les moyens. Mon objectif est que l’Etat du Sénégal consacre 15 % de son budget à la santé conformément à l’engagement des chefs d’Etat africains pris à Abuja en 2000. Cela nous permettra d’atteindre les trois objectifs du millénaire liés à la santé : réduire de la mortalité infantile, maternelle, lutter contre le Sida, le paludisme, la tuberculose et toutes les maladies infectieuses. Aujourd’hui, nous avons un double fardeau avec en plus l’augmentation des maladies non transmissibles comme le diabète, les cancers ou les maladies cardiovasculaires.

Une augmentation du budget de notre secteur s’impose pour aider les populations à prendre en charge d’une manière globale leur santé».

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

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