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Dr Bakary Sambou, chargé de programme paludisme OMS : « Les mauvaises prises contribuent à l’émergence de résistances » - 25/04/2006 - Le soleil - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Aujourd’hui est célébrée à Linguère la Journée africaine de lutte contre le paludisme. Avec comme thème : « Ensemble passons à l’action ». Act faisant référence à la nouvelle combinaison thérapeutique pour faire face au paludisme. Il s’agit de dérivés de l’artémisinine très efficaces dans le traitement de l’accès palustre. Et dans la sous-région ouest-africaine, le Sénégal et le Ghana sont, pour l’heure, les seuls à démarrer le processus d’acquisition de l’artémisinine. Pour une réussite de la mise en œuvre du nouveau protocole thérapeutique, Dr Bakary Sambou, chargé de programme au bureau régional de l’Oms (Organisation mondiale de la Santé) à Dakar évoque la formation du personnel de Santé pour une bonne gestion des stocks et une bonne prescription des médicaments afin d’éviter les résistances. Il s’exprime également sur les lenteurs notées dans l’acquisition de ces médicaments d’une valeur de plus de 3 millions de dollars disponibles dans tous les districts sanitaires du Sénégal.

Les médicaments devant permettre de démarrer la nouvelle combinaison thérapeutique dans le cadre de la lutte contre le paludisme sont disponibles. Le Sénégal a reçu un stock de 3.134.412 doses de la combinaison artésunate-amodiaquine (Act). La boîte de commercialisation du médicament porte le nom de Falcimon. Il y a le traitement adulte, le traitement adolescent et le traitement enfant. Le traitement le moins cher concerne les enfants. Il est de l’ordre de 300 FCfa contre 600 FCfa pour les adultes. Et il ne dure que trois jours. Pas plus. Les médicaments sont subventionnés par l’Etat grâce au Fonds mondial de lutte contre le paludisme, le Sida et la tuberculose. Tous les districts sanitaires ont reçu leur dotation. Et ce stock de roulement leur est cédé gratuitement. Chaque district a son stock pour 3 mois. Mais, il va, à son tour, le céder aux bénéficiaires moyennant de l’argent. Ce qui va lui permettre de disposer de fonds pouvant par la suite lui permettre de s’approvisionner directement au niveau de la Pharmacie régionale d’approvisionnement (Pra). C’est donc une énorme quantité de médicaments que le Sénégal vient d’acquérir. Et nous pensons qu’elle peut couvrir les besoins du pays sur une période de plus d’un an. Et si la consommation s’accélère, le Sénégal peut faire une autre commande. Car, nous n’avons reçu que la moitié des médicaments. Le Sénégal peut demander qu’on lui envoie une autre quantité. On ne doit pas craindre de rupture quelconque pour les deux à trois années à venir. Et les médicaments sont disponibles jusque dans les cases de Santé. Ce sont les prestataires qui les donnent, parce que dans un premier temps, on a besoin d’un contact direct entre eux et les populations. Ce qui permettra aux bénéficiaires de savoir avec exactitude comment les prendre. Le Sénégal a changé de protocole en 2003 pour s’inscrire dans une nouvelle dynamique marquée par le changement de politique. Entre-temps, il y a eu une combinaison transitoire. Mais, il fallait attendre d’avoir des fonds pour mettre les nouveaux médicaments en quantité suffisante pour que les populations puissent y accéder facilement.

Seulement, à pareil moment, le produit n’était pas disponible. Donc, il y avait deux problèmes qui se posaient, à savoir la disponibilité financière et la disponibilité sur le marché. Et ce n’est qu’en 2004 que nous avons adressé une requête au Fonds mondial pour pouvoir acheter ces médicaments. Le Sénégal était éligible, mais il fallait entamer les procédures. Ce qui a pris du temps. En effet, cela a duré de juillet 2004 à avril 2005, période à laquelle le Sénégal a signé la convention avec le Fonds mondial pour les deux premières années de mise en œuvre du nouveau protocole thérapeutique de lutte contre le paludisme. Et en fonction des résultats qui seront obtenus, le programme va continuer pour les autres années restantes. C’est après la signature de la convention que les procédures de décaissement ont commencé. Et elles ont été suivies par la phase d’acquisition des médicaments. À ce stade, le Sénégal a demandé à l’Oms de l’aider à acquérir les nouveaux médicaments, d’autant qu’en ce moment, les pays se bousculaient pour pouvoir en disposer d’urgence. Et il fallait au minimum 4 mois pour recevoir les médicaments commandés. L’Oms a donc signé une convention avec le ministère de la Santé et de la Prévention médicale du Sénégal pour le rachat des médicaments. C’est précisément dans la deuxième quinzaine du mois de janvier 2006 que les produits sont arrivés au Sénégal. Au mois de mars, le ministère de la Santé et de la Prévention médicale a commencé à les distribuer au niveau des districts sanitaires. La quantité est importante. En plus, ce sont des médicaments naturels. L’artésunate n’est pas encore synthétisée. Il faut l’extraire de l’arbre pour en faire ensuite des médicaments. Ce qui a retardé la disponibilité.

Nous avons besoin de communiquer, d’expliquer pour que le traitement puisse se faire correctement. Pour ce qui concerne les prestataires, les formations ont été lancées. Tous ceux qui sont dans le secteur public ont été formés. Dans les régions, les prestataires du privé ont même été impliqués. Donc, pour la mise en œuvre de la nouvelle combinaison thérapeutique, tout le monde a été recyclé entre juillet et décembre 2005.
Avant de céder les médicaments, il fallait rencontrer les responsables de région, les responsables de district, les dépositaires et les pharmaciens. Et les prestataires ont été formés bien avant pour la prescription, la gestion, le stockage, etc.
Pour éviter que chaque district fasse son prix, il fallait aussi harmoniser, parler le même langage, donc rassembler tous les acteurs impliqués. Après cette étape, il fallait passer à une autre. Ce qui nous a permis de rencontrer tous les responsables de l’éducation pour la santé. On leur a fait la même formation. Mais avec eux, l’accent a été mis sur comment communiquer aussi bien avec les prestataires qu’avec les bénéficiaires. La formation est terminée. Et nous pensons que l’ensemble des acteurs impliqués sont aptes à faire le travail. La préparation de terrain a été faite correctement. Pour cette raison, on ne pense pas rencontrer de difficultés majeures dans l’application de la nouvelle combinaison thérapeutique de lutte contre le paludisme. D’ailleurs, nous allons poursuivre dans la même lancée. C’est ainsi qu’après la célébration de la Journée africaine de lutte contre le paludisme, nous allons faire un programme de supervision rapprochée pour voir si les gens appliquent les directives telles que recommandées. S’agissant du coût des nouveaux médicaments, il faut reconnaître que l’Etat a fait des efforts pour que ces derniers puissent être accessibles partout aux populations. Car, un traitement efficace doit aussi être accessible aux populations. Il faut que tout le monde en soit conscient. Et les consommateurs doivent en être informés. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous avons formé les responsables de l’Education pour la santé (Eps). Cette fois-ci, on veut que les populations sachent qu’il y a des médicaments efficaces pour le traitement du paludisme et cédés à des prix abordables. Et je crois que la journée du 25 avril 2006 sera un temps fort pour que chaque Sénégalais soit informé, qu’il sache qu’il peut acquérir moins cher les médicaments contre le paludisme. Il y aura également une négociation avec les pharmaciens privés pour voir comment leur céder les médicaments, pour que les populations puissent en disposer facilement. Une rencontre est d’ailleurs prévue dans ce sens. Je peux d’ores et déjà dire que les pharmaciens privés sont coopératifs. Ils vont beaucoup contribuer à la disponibilité des médicaments. Ils ont adhéré à la nouvelle politique. La communication passe maintenant bien entre le public et le privé.

La distribution anarchique, les mauvaises prises contribuent à l’émergence de résistances. C’est pourquoi, on doit protéger ces molécules, parce qu’on n’a pas d’autres médicaments pour traiter les populations. Nous devons donc les protéger en veillant sur la bonne distribution et sur le bon suivi du traitement. Car les nouveaux médicaments sont tellement efficaces que la personne peut se dire : « J’arrête ». Non ! On doit respecter les trois jours de traitement. Si on demande aux gens de prendre le traitement pour une durée de 3 jours, c’est parce que l’on connaît l’évolution du microbe. Donc, il faut faire un traitement complet et arrêter la prise anarchique du médicament et la distribution anarchique. Cette dernière doit être organisée. Des études sont faites pour montrer qu’avec les six prises préconisées dans la Santé publique, on a cent pour cent de réussite contrairement aux quatre prises qui provoquent un léger taux d’échec. C’est pour cette raison que nous avons préconisé dans le protocole remis aux prestataires les six prises pour le Coartem par exemple. Avec le Falcimon, il faut une prise par jour pendant trois jours.

Je ne suis pas étonné pour deux raisons. Avec, l’Enquête démographique et de santé (Eds), les calculs sont faits sur l’ensemble de la population alors que pour les collectes de données que nous faisons, nous choisissons certains endroits cibles. L’Eds est globale. Donc, je peux dire que c’est l’Eds4 qui a fait état d’une baisse de l’ordre de 14 % du taux d’utilisation des moustiquaires imprégnées chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, qui a raison. Mais si, au niveau de l’Eds, le Sénégal est à 40 %, c’est sûr que dans une zone rurale, on peut atteindre 80 %. L’autre argument, c’est que jusqu’à présent la quantité de moustiquaires que le Sénégal a distribuée n’a pas atteint l’un des objectifs d’Abuja qui stipule : 60 % des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans doivent dormir sous moustiquaires imprégnées. Et pour atteindre cela, il faut distribuer des quantités importantes de moustiquaires. Au moins, un million de moustiquaires par an. Mais, on n’a pas les moyens de le faire. Il y a une bonne quantité en cours pour pouvoir entamer avec l’hivernage. Cette année, on veut en distribuer beaucoup. Avant, c’était l’Etat qui distribuait les moustiquaires, mais cette année, il y a le Fonds mondial qui va appuyer. Compte tenu de tout cela, on va distribuer beaucoup plus que les années antérieures.

C’est une très bonne chose que la lutte contre le paludisme puisse évoluer, qu’il y ait des innovations. L’étude concernant le Traitement préventif intermittent (Tpi) qui était centré sur les enfants de moins de 5 ans est intéressante à plusieurs titres. Elle diffère d’avec les autres. C’est une prise mensuelle qui doit être faite pendant la période de forte transmission, à savoir l’hivernage. Avec cette étude, il y a une possibilité de réduire la morbidité de plus de 80 %. L’avantage de cette étude est que la forte transmission correspond à la période où les gens n’ont pas beaucoup de moyens (période de soudure). Alors, on perd du temps et la maladie évolue. Si on a la possibilité de faire en sorte que 80 % des enfants ne font pas de fièvre, on allège le budget familial. Donc, c’est une étude intéressante, aussi bien sur le plan économique que sur celui de la morbidité. Et l’on a demandé que l’étude soit faite à grande échelle. Ce qui va être beaucoup plus intéressant. Mais, il faut intégrer d’autres variables à étudier au cours de cette même période. Si les résultats sont concluants, il n’est pas exclu que dans les années à venir l’on aboutisse à l’adoption du Traitement préventif intermittent saisonnier.

Propos recueillis par Maïmouna GUEYE

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