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Alternance an 10 - VIII - les voies du bien-être * accès aux soins : l’ère d’une nouvelle politique de proximité et de prévention - 22/03/2010 - Le soleil - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Gratuité des césariennes, initiative « Badianou Gokhe », stratégie « Médecins sans blouse », « Plan sésame »... Voilà, entre autres, les mesures prises par l’Etat du Sénégal, durant cette décennie, pour faciliter l’accès des populations aux soins. Evidemment, en plus d’une politique de construction, de réhabilitation et d’équipements sanitaires visant à rapprocher les citoyens des structures de santé.

« Rendre les soins accessibles à tous les Sénégalais, qu’ils vivent en zone rurale ou en zone urbaine ».Telle est la vision du chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade qui se conforme à la Constitution de la République du Sénégal qui érige au rang de droit, l’accès aux services de santé et au bien être. C’est ainsi que, dès qu’il accède au pouvoir, les ressources financières allouées au secteur de la Santé ont connu une hausse. En effet, le budget du ministère de la Santé a augmenté de plus de 2% entre 2000 et 2009, passant de 9% à plus de 11%. Et, ce sont 933,2 milliards qui sont mobilisés, durant cette décennie, pour le financement de la santé.

Ces ressources sont indispensables, d’autant que le Sénégal est engagé sur le front de la lutte contre plusieurs fléaux parmi lesquels la mortalité et infantile, le Vih/Sida, le paludisme, la tuberculose. Sans compter les maladies non transmissibles comme les cancers, les affections cardio-vasculaires, le diabète, l’insuffisance rénale... Et, dans le cadre de l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd), comme recommandé par les Nations-Unies, le Sénégal veut réduire, d’ici 2015, les Omd relatifs à la santé. Ces derniers sont au nombre de 3 sur les 8 ciblés. Il s’agit de la réduction de la mortalité infantile, de la réduction des décès maternels et de la lutte contre le Vih/Sida, la tuberculose et le paludisme. Des fléaux pour lesquels les populations paient un lourd tribut.

Gratuité de la césarienne

En effet, la mortalité maternelle est encore trop élevée au Sénégal, avec 401 décès pour 100.000 naissances vivantes, selon l’Enquête démographique et de santé (Eds4) de 2005. Il en est de même pour la mortalité infantile qui se chiffre à 61 pour mille.

Cependant, il importe de mentionner que la mortalité maternelle baisse, depuis 2000. Car, les résultats de l’Eds de 1997 avaient fait état d’un taux de décès maternels de 510 pour 100000 naissances vivantes.Mais, les efforts doivent être soutenus. Ce que justifient les initiatives de gratuité de la césarienne prises, par le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, pour qu’aucune femme ne perde la vie en donnant la vie. La gratuité de la césarienne est effective dans toutes régions du Sénégal, sauf Dakar. Quant aux accouchements, ils sont gratuits dans 5 régions, notamment celles où les populations éprouvent d’énormes difficultés à accéder aux structures sanitaires du fait de l’enclavement et de la pauvreté. Il s’agit de Tambacounda, Kolda, Ziguinchor, Matam, Fatick...

Juste faire remarquer que, dans certaines structures sanitaires, les ruptures des kits de césarienne plombent l’exécution correcte d’une initiative aussi salutaire que sauver la vie d’une maman. Et, si des correctifs ne sont pas vite apportés, la lutte contre la mortalité maternelle pourrait ne pas enregistrer les résultats escomptés. Car, le Sénégal veut, d’ici 2015, avoir un taux de décès maternels équivalant à 127 pour 100000 naissances vivantes. Dans ce cadre, il est nécessaire de promouvoir la planification familiale, d’autant qu’il est prouvé qu’elle permet de réduire de 30% les décès maternels.

Toujours, pour vaincre la mortalité qui frappe les femmes et les enfants, l’initiative « Badianou Gokhe » a été prise en 2008 par le Me Wade. Le lancement a eu lieu à Kolda en janvier 2009. Cette région est choisie, pace qu’elle enregistre le taux de mortalité maternelle le plus élevé au Sénégal.

Sensibilisation de proximité avec les femmes leaders

L’initiative « Badianou Gokhe » consiste à former des femmes leaders, connues et respectées dans leurs quartiers respectifs, pour qu’elles puissent, à leur tour, mener des activités de sensibilisation de proximité. Cette stratégie permet aux familles de prendre des décisions urgentes, afin que les femmes, en état de grossesse, soient référées à temps, au moment de l’accouchement. Les « Badianou Gokhe » jouent le même rôle, pour la prise en charge des enfants, en cas de besoin. Elles doivent prodiguer des conseils à la famille, pour que les signes de danger soient vite reconnus, afin que l’enfant soit acheminé le plus rapidement possible dans une structure de santé.

Toutes ces initiatives font partie du cadre global d’une politique de prévention instaurée depuis 2000. Car, pour le président de la République, « il ne sert à rien de courir derrière la maladie ». Joignant l’acte à la parole, il érige la prévention au rang de priorité. Désormais, la prévention est partie intégrante du ministère de la Santé qui devient ministère de la Santé et de la Prévention. Une direction de la prévention est créée pour montrer l’option forte de gérer autrement la santé des populations. D’ailleurs, l’Etat s’engage à « accroître les performances du secteur en matière de prévention et de lutte contre la maladie ». La promotion de l’hygiène reste aussi une préoccupation de premier ordre. L’Etat s’est engagé sur le terrain de la promotion de l’éducation et de la vulgarisation de l’information pour l’émergence d’une culture de comportements responsables. L’objectif étant de bouter, hors du pays, les maladies diarrhéiques, le choléra, notamment. Il en est de même pour la prévention par la vaccination. Dans ce cadre, la stratégie « Médecins sans blouse » a un grand rôle à jouer.

Rapprocher les populations des structures de santé

Mais, privilégier la prévention ne signifie pas arrêter de s’occuper de la maladie. C’est ainsi que la construction et l’équipement d’infrastructures sanitaires se poursuivent. D’autant qu’une politique de prévention adéquate implique le rapprochement des populations des structures de santé. Entre 2000 et 2010, la carte sanitaire du Sénégal s’est nettement densifiée avec la clé une vaste opération de rénovation, de réhabilitation et de construction de cases de santé, de postes de santé, et de centres de santé, dans toutes les régions du pays. L’hôpital de Pikine, édifié en banlieue est une illustration parfaite du souci de l’Etat du Sénégal de faciliter l’accès des populations aux soins. Inauguré en 2006, cet hôpital de proximité permet, maintenant, à toutes ces populations qui se déplaçaient jusqu’à l’hôpital Le Dantec, de bénéficier de soins à temps. Ainsi, ne parcourent-ils plus plusieurs kilomètres, affrontant les embouteillages pour se rendre dans les établissements de santé sis au Centre-ville. A l’inverse, ils gagent du temps et économisent quelques sous.

De nouveaux équipements pour relever le plateau technique, mais...

La construction des infrastructures sanitaires est accompagnée d’une politique d’équipements. Dans ce cadre, plusieurs hôpitaux sont dotés de scanner. Les services d’imagerie médicale, de certains hôpitaux comme Principal, sont des plus modernes dans la sous-région. Et, l’Etat du Sénégal, à travers le Budget consolidé d’investissement (Bci), a largement contribué à la mise en place de ces équipements permettant d’affiner le diagnostic pour un traitement de qualité des patients. D’ailleurs, depuis que l’Irm (Imagerie par résonnance magnétique) de l’hôpital Principal est inaugurée, en 2007, par le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, les patients n’ont plus besoin d’aller, en Europe ou au Maghreb, pour accéder à ce service. L’Hôpital de Fann dispose également d’un Centre de diagnostic et d’imagerie médicale, d’un bloc de Chirurgie cardiaque.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour relever le plateau technique des structures sanitaires du pays. Car, il est difficile, voire impossible, de réaliser, par exemple, certains actes chirurgicaux, à cause de la vétusté du matériel ou de son inexistence. C’est le cas à l’Hôpital Le Dantec et dans d’autres Etablissements publics de santé des régions, où la réalisation d’une intervention chirurgicale relève d’une prouesse, parce qu’ils manquent pratiquement de tout.

Dans beaucoup de Centres de santé, comme, Dominique de Pikine, il n y a pas de bloc opératoire pour faire des césariennes, alors qu’il s’agit du district sanitaire le plus peuplé du pays, parce que polarisant plus de 600.000 âmes. Dans d’autres, ce sont les gynécologues qui refusent d’y aller, à cause de l’éloignement. Ils préfèrent rester, à Dakar, qui leur offre de meilleures opportunités, par rapport, à leur carrière. Ailleurs, les pannes récurrentes d’électricité font qu’il est risqué d’entreprendre une intervention chirurgicale, en l’absence de groupe électrogène. Le manque d’ambulances ou leur panne freinent également les efforts fournis dans l’amélioration de l’accès aux soins des populations. Donc, la poursuite de l’opération d’équipements des structures sanitaires doit tenir compte de ces différents manquements.

« Plan sésame » pour les personnes âgées

Les plus grands bénéficiaires de la politique de facilitation de l’accès aux soins aux populations, durant cette décennie, restent les personnes âgées de 60 ans et plus. Grâce au « Plan Sésame », tous les soins sont maintenant gratuits pour cette catégorie de la population qui fait partie des couches vulnérables de la société. Seulement, son exécution grève le budget des hôpitaux. C’est pourquoi, il est, de plus en plus, question, de revoir l’organisation du « Plan Sésame », de même que son financement. Une telle mesure entre, d’ailleurs, dans le cadre global de l’amélioration de la gouvernance du secteur de la santé qui bénéficie de beaucoup de financement. En effet, sur les 933,2 milliards mobilisés dans le secteur de la santé entre 2000 et 2010, seuls 3% des fonds investis arrivent aux postes de santé, c’est-à-dire là où l’accès aux soins pose le plus problème. La quasi-totalité du financement est orientée vers les hôpitaux et Centres de santé avec respectivement 50% et 38%.

Il urge, alors, d’inverser la tendance afin que le souci du président de la République de « rendre les soins accessibles à tous les Sénégalais, qu’ils vivent en zone rurale ou en zone urbaine » soit partout une réalité.

Maïmouna GUEYE

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