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Pr. Mouhamadou Habib Sy, chef de service de chirurgie orthopédique et traumatologie de Hoggy : « Les traumatismes sont les parents pauvres du système de santé » - 22/10/2010 - Le soleil - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Professeur titulaire en chirurgie orthopédique et traumatologique de la Faculté de médecine de l’Ucad, Mouhamadou Habib Sy est l’actuel chef de service de la chirurgie orthopédique et traumatologique de l’Hôpital général de Grand-Yoff. Au cours de cet entretien, le chirurgien orthopédiste note que la prise en charge des victimes de traumatismes fait partie des maillons faibles du système de santé alors que le nombre d’accidentés augmente de façon considérable.

Quant est-ce que le service que vous dirigez a été crée ?

Il a été porté sur les fonts baptismaux en 1989 par le regretter Professeur Idrissa Pouye. Depuis lors, le centre de traumatologie a vu défilé des générations d’orthopédistes. L’équipe est aujourd’hui composée de 5 orthopédistes séniors et de 10 juniors. Nous nous occupons des conditions des malades et des traumatismes de l’appareil moteur, c’est-à-dire des os, des articulations et des muscles. Notre domaine fait face à plusieurs difficultés notamment l’insuffisance de spécialistes, de lits, d’équipements, de dispositifs médicaux et de produits consommables.

Vous parlez de déficit en personnel. Quel est aujourd’hui le ratio dans le pays ?

Le ratio, au Sénégal, est de 1 orthopédiste pour 400 à 450 000 habitants alors qu’il est d’1 orthopédiste pour 7000 habitants dans certains pays européens. Le service a une capacité d’hébergement de 40 lits. L’Hôpital Principal a le même nombre de lits. Nous disposons de moins de 150 lits pour toute la région de Dakar qui compte environ plus de 2 millions d’habitants. Nous sommes, donc, très en deçà des normes admises même si la décentralisation des soins spécialisés est entamée. A l’instar des autres services de l’hôpital, notre vocation demeure les soins, l’enseignement et la recherche, sans oublier la sensibilisation et l’éducation des populations.

Donc vous ne répondez pas à la demande puisque les accidents de travail et de circulation sont nombreux dans le pays ?

La demande est énorme et sans commune mesure avec l’offre par rapport à l’état actuel des moyens et la qualité du plateau technique. Nous traitons 2 grands groupes de pathologies : la pathologie orthopédique (Infectieuse, rhumatismale, malformative et handicapante, tumorale bénigne et maligne...) et la pathologie traumatique. La traumatologie constitue une discipline transversale mais une large part revient aux chirurgiens orthopédistes. Les traumatismes ou les blessures sont réparties en 2 groupes : les volontaires et les involontaires ou les accidents. Les traumatismes volontaires vont des blessures provoquées par la victime (automutilation, suicide...) à celles portées sur autrui (agression..) ou sur un groupe de personnes (émeutes : à Dakar les scènes de rue après de grands rassemblements : post-combat de lutte....). Quant aux accidents, ils sont répartis en 3 groupes. Les accidents de circulation, les accidents de travail (parmi lesquels il faut ajouter ceux contractés en allant ou en revenant du travail ou accidents de trajet) et les accidents de la vie courante. Ces derniers regroupent les accidents domestiques, ceux liés au jeu et à la pratique sportive, accidents scolaires (cours et alentours), accidents à l’extérieur.

Comment se fait la prise en charge ?

Les victimes (tuées et blessées) de ces traumatismes de la vie courante sont les oubliées du système sanitaire, aucune couverture médicale. Les frais de soin ou d’hospitalisation sont supportés par les familles. A cela, s’ajoute l’absence de statistiques fiables (du blessé léger à la blessure extériorisée du poignardé). Dans certains pays du nord, ces accidents de la vie courante constituent la première cause de mortalité chez les personnes âgées de 20 à 40 ans. Il est inconcevable que la prise en charge des traumatismes, en général, fasse partie des parents pauvres de notre politique sanitaire alors qu’ils dominent les urgences chirurgicales. Peu de choses ont été faites pourtant dans la décade 2000-2010 finissante, dédiée pourtant à l’os et aux articulations. L’Oms prédit d’importantes dépenses de santé de la part des pays en voie de développement pour soigner et indemniser les tués et blessés de la route. Au Sénégal et particulièrement à Dakar, il y a la recrudescence des agressions surtout dans la banlieue, les chutes de lieu élevé et en profondeur avec l’explosion des chantiers et des bâtiments en construction et enfin les accidents à 2 roues particulièrement du scooter dont l’usage comme moyen de transport est devenu courant. Deux études ont été réalisées dans le service sur 186 dossiers avec 4 décès sur 18 mois et plus récemment 246 autres victimes. Ces accidents sont des phénomènes grandissants dans notre société. Les moyens manquent cruellement dans le domaine des soins curatifs. Les patients payent les implants, les médicaments parfois une partie du linge opératoire et à la sortie, en plus, doivent honorer leur facture.

Propos recueillis par Idrissa Sané et Eugène Kaly

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