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Protection de la femme et de la fille : Mbour rompt avec l’excision - 09/05/2011 - Walfadjri - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Une déclaration départementale d’abandon de l’excision et des mariages précoces et forcés a été faite hier par 22 communautés dans le cadre de l’accélération du processus d’abandon de cette pratique. Cette déclaration intervient près de quatorze ans après celle de Malicounda Bambara qui marquait le début du processus au niveau national. Le département de Mbour rompt ainsi avec l’excision.

(Correspondance) - ‘Nous, représentants des communautés mandingue, peulh, bambara, diola, balante et maure du département de Mbour (...), capacités par l’Ong Tostan (...), persuadés mais surtout édifiés que certaines de nos pratiques traditionnelles, en particulier l’excision et toutes les autres formes de violences faites à l’égard de la femme et de la jeune fille, sont néfastes, déclarons solennellement ce jour, 08 mai 2011, par la voix de nos représentants (...), que nous abandonnons définitivement, en toute connaissance de cause, les pratiques de l’excision, des mariages précoces et des mariages forcés, rejoignant ainsi le mouvement historique initié depuis le 17 septembre 1997 à Malicounda Bambara qui n’a cessé de rayonner au Sénégal tout comme dans la sous-région et qui a enregistré aujourd’hui 5 042 villages qui ont renoncé aux pratiques de l’excision et des mariages précoces et forcés (...)’.

Cette sentence lue par Fatoumata Bâ, une des élèves des classes Tostan à Nguékhokh, était le moment le plus attendu de la cérémonie de déclaration publique d’abandon de l’excision du département de Mbour. 22 communautés du département de Mbour s’engagent ainsi à accompagner les décideurs dans le cadre du plan d’action national du gouvernement du Sénégal pour l’abandon total de l’excision d’ici 2015, en accélérant le processus d’abandon. ‘Vous avez déclenché ici à Mbour, un grand processus dont vous-mêmes, ne pouvez imaginer les réussites et les retombées’, lui répondra Molly Melching, la Présidente de l’Ong Tostan International après avoir écouté cette déclaration. ’Jusqu’à présent, il y a eu un grand nombre de déclarations d’abandon de l’excision au Sénégal. Mais cette déclaration est extrêmement différente et spéciale. Parce que nous avons réussi à réunir toutes les personnes qui ont vraiment participé à la genèse du mouvement de l’abandon de l’excision au Sénégal, et dans toute la sous-région’, a-t-elle relevé. D’anciennes exciseuses, ‘actrices et témoins’, ont tenu à faire des témoignages sur le processus qui a mené à leur ‘reconversion’. Ainsi, elles ont toutes salué la détermination de l’Ong Tostan qui a finalement eu raison de leur ancrage dans une pratique traditionnelle ‘hautement néfaste’ à la santé de ses cibles. Ourèye Sall, Ndèye Camara, Maïmouna Traoré, pour ne citer que celles-là, ont rangé, grâce au travail de sensibilisation de l’Ong Tostan, leurs lames d’exciseuses et se mettent désormais au service du plaidoyer pour l’abandon de la pratique au sein de leurs communautés respectives.

Objectif, ‘zéro cas d’ici 2015’

Le Sénégal a atteint un taux de 88,22 % d’abandon des mutilations génitales féminines, signale la directrice de la famille, Ndèye Soukeyna Guèye. Ce qui le place dans une posture confortable par rapport à d’autres pays où Tostan intervient. Le taux de prévalence des Mgf était de 28 % lors de la dernière enquête Eds, même si de fortes disparités sont notées au niveau des régions, renseigne-t-elle.

‘Votre déclaration marque le début d’une ère nouvelle’, a déclaré la représentante de l’Unicef au Sénégal, Giovanna Barberis. Pour autant, ‘notre travail n’est pas terminé puisque des poches de résistance à l’abandon de l’excision persistent’. ’Nous avons encore des poches de résistance à l’abandon de l’excision’, a laissé entendre le Préfet du département de Mbour, Alioune Badara Diop, qui affirme, toutefois, travailler dans le sens d’aller de l’objectif ‘zéro cas d’ici 2015’.

Pour le député Khadim Tabet , ‘cette déclaration est un acte pédagogique d’appropriation de la loi interdisant les mutilations génitales féminines. Elle est réconfortante pour les parlementaires’, a-t-il dit.

Pour rappel, le Sénégal a voté, depuis 1999, une loi contre l’excision. 5 020 communautés avaient renoncé à la pratique de l’excision à la date du 20 avril dernier avec la dernière déclaration en date alors, celle de Goudomp. La déclaration de ces 22 communautés du département de Mbour vient confirmer la bonne tendance notée dans la localité, avec un taux de pratique de l’excision se situant à 5 % depuis 2000, après les déclarations des ‘pionnières’ de Malicounda-Bambara en 1997, celles de Diabougou et Nguerigne Bambara. Des résultats rendus possibles par la mise en œuvre depuis 2005 dans le département d’un Programme de renforcement des capacités communautaires (Prcc) qui intervient dans 27 villages du département.

Les résultats atteints dans le département de Mbour intéressent les autorités de ce pays du fait que le mouvement d’abandon de l’excision est parti d’un village du département, en l’occurrence Malicounda-Bambara. Aussi, l’optimisme est de mise quant à l’atteinte des objectifs fixés à l’horizon 2015, en matière de lutte contre ces formes de mutilations génitales féminines. ‘C’est avec optimisme que je considère que l’excision sera bientôt derrière nous et que le Sénégal va gagner le combat contre l’excision avec une tolérance zéro’, a lancé Ndèye Soukeyna Guèye, directrice de la Famille.

Pape Mbar FAYE

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