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Professeur Saïd Nourou Diop du Centre Marc Sankalé : « Chaque semaine, il y a une cinquantaine de nouveaux cas de diabète » - 18/11/2011 - Walfadjri - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Il n’y a pas que l’insuline subventionnée par l’Etat à hauteur de 300 millions Fcfa par an depuis 2004 pour traiter le diabète.Cette précision du directeur du Centre antidiabétique Marc Sankalé du Centre hospitalier Abass Ndao, le Pr Saïd Nourou Diop intervient au moment où le ministre de la Santé, Modou Diagne Fada, annonce une hausse de l’enveloppe subventionnée à partir de 2013.Dans cet entretien, le diabétologue passe en revue cette maladie dite ‘chronique’ présente au Sénégal depuis 1957.

Wal Fadjri : Le Sénégal a célébré, ce lundi, la Journée du diabète à l’instar de la communauté internationale. Quelle est l’ampleur de la maladie au Sénégal ?

Pr Saïd Nourou DIOP : Depuis que ce Centre a été créé en 1965, avec 125 malades à l’époque, le nombre de malades répertoriés aujourd’hui avoisine 40 mille. Et depuis l’an 2000, tous les ans, nous recevons au minimum 2 500 nouveaux cas. Cela veut dire qu’on a une cinquantaine de nouveaux cas chaque semaine qui fréquentent le Centre Marc Sankalé, s’ajoutant aux cas que nous suivons déjà. D’autre part, le nombre de cas estimé dans la population doit avoisiner, selon les études de prévalence, 300 mille ou 400 mille diabétiques. Or, sur ces 400 mille diabétiques, il n’y a, dans l’ensemble, que 50 ou 60 mille qui sont connus. Cela veut dire qu’il y en a qui ne sont pas connus. Et cela, parce que le diabète est une maladie latente, qui ne se manifeste pas beaucoup. Au moment où elle se manifeste, c’est peut-être déjà trop tard. Par ailleurs, l’Oms et la Fédération internationale du diabète ont dit qu’en 2007, il y avait 270 millions de diabétiques dans le monde et que d’ici à 2030, ce nombre va passer à près de 550 millions. Malheureusement, si on n’y prend garde, sur ces 550 millions de diabétiques, les 75 % vivront dans les pays sous-développés ou en développement comme le Sénégal. Ceci, parce que les pays développés sont en train de prendre eux-mêmes les mesures de prévention que nous, nous n’avons pas encore prises.

Quelle assurance pour ces patients qui craquent à l’annonce de la maladie ?

C’est l’idée que les gens se font du diabète. Chaque fois qu’on parle du diabète, les gens voient le spectre d’une maladie qui va rendre aveugle, pour laquelle, on va vous amputer un membre de votre corps, etc. Ce spectre doit disparaître. (…) Je disais, lors d’une conférence récente à Brazzaville, que les pays africains et même nos gouvernements sont habitués aux maladies aiguës et non aux maladies chroniques. La maladie aiguë, comme disait mon maître, on en guérit ou on en meurt. Une maladie chronique, on la traîne toute sa vie. On n’en meurt pas obligatoirement. Cela peut entraîner des handicaps, mais on peut ne pas en mourir pendant des années. Ce n’est pas parce qu’on est diabétique qu’on est condamné. Bien au contraire, dans notre jargon médical, nous disons qu’un diabétique bien traité a des chances de vivre plus longtemps qu’un sujet qui n’est pas diabétique ou qui ne se croit pas malade.

Comment est-ce possible ?

Parce qu’en fait, lorsqu’on s’occupe de son diabète, on s’occupe en même temps de certaines maladies parmi lesquelles, l’hypertension artérielle (Hta), l’hypercholestérolémie et même certains cancers. Rien qu’en prenant les mesures qui sont les mêmes pour les autres maladies, on peut éviter ces autres maladies. Donc, notre souhait, c’est que les populations comprennent bien que le diabète peut être prévenu et que même étant diabétique, on peut éviter les complications, on peut vivre comme tout le monde, moyennant certainement modifications de mode vie auxquelles nous appelons toutes les populations, qu’elles soient diabétiques ou non. Parce que ce sont les mêmes éléments de prévention qui sont appliqués aux sujets déjà diabétiques pour prévenir les complications.

Y a-t-il des sujets à risque ?

Tout le monde est menacé par cette maladie. Mais, il y a des personnes dites prédisposées à la maladie donc qui ont plus de risques que d’autres personnes de développer la maladie. C’est le premier élément de prévention, savoir que soi-même, on est sujet à risque. Ce sont d’abord ceux qui ont une hérédité du diabète au premier degré, c'est-à-dire le père, la mère, le frère ou la sœur sont diabétiques ou étaient diabétiques. Deuxièmement, ce sont les sujets obèses, qui ont un excès de poids en graisse, ceux-là sont plus menacés par le diabète et que l’hypertension artérielle (Hta). Les sujets qui souffrent de l’hypertension artérielle sont aussi menacés par le diabète, parce que quand vous prenez 100 diabétiques, dites-vous bien que parmi eux, il y en a 50 qui ont développé de l’hypertension ou qui en développeront. Les femmes ont des éléments qui leur permettent de prédire qu’elles seront diabétiques si elles ne font pas attention. Une femme qui accouche d’un gros bébé, c'est-à-dire, un enfant qui pèse 4 kilogrammes et plus, cette femme est plus menacée par le diabète qu’une autre personne. Une femme qui fait des avortements répétés, doit se demander si elle n’est pas diabétique. Le diabète est un facteur d’avortement lorsqu’il n’est pas connu, lorsqu’il n’est pas pris en charge.

Quels éléments de prévention pour ces sujets ?

D’abord, être conscients que cette maladie existe bel et bien. Ces sujets doivent modifier leur alimentation. Au Sénégal, plus c’est sucré, mieux c’est, plus c’est gras, mieux c’est. Voilà le Sénégalais. Et bien, il faut qu’on fasse le retour en arrière. Premièrement, le moins de sucre possible pour celui qui n’est pas diabétique. Deuxièmement, le moins gras possible. Troisièmement, contrôler la quantité des aliments que l’on ingurgite chaque jour, je dis bien ingurgite, apparemment c’est ce que font les gens. Quatrièmement, manger de façon équilibrée.

Comment s’assurer qu’on mange de façon équilibrée ?

En matière d’aliments de patients, il y a à peu près cinq groupes d’aliments. Tout ce qui apporte du sucre, c'est-à-dire les céréales, les féculents, c’est le premier groupe. Le deuxième groupe, ce sont les protéines que sont la viande et le poisson. Le troisième groupe, ce sont les légumes. Le quatrième, c’est le groupe des laits et laitages et le cinquième groupe est composé de fruits. L’idéal, ce serait chaque jour au moment de l’alimentation que les trois premiers éléments soient présents en quantité égale dans l’alimentation. Il faut ces trois éléments pour dire que ce plat est équilibré avec le moindre gras possible et le moindre sel possible là-dedans. Les fruits doivent servir pour le dessert et la moyenne demandée est deux fruits pas jour. Pour les légumes, il faut essayer d’en avoir trois par jour. Si les Sénégalais veulent avoir une bonne santé, il faudra qu’ils se mettent aux légumes. Quand on construit un bâtiment, il y a le ciment, le sable, le fer et le béton et c’est le fer et le béton qui font que le bâtiment tient debout. Exactement, les légumes et les fruits jouent ce rôle de béton et de fer dans l’organisme humain. Si on n’en prend pas, on est plus fragile qu’une autre personne qui les prend. En plus de cela, il faut manger le moindre salé possible, ce qui est pour prévenir l’hypertension artérielle qui accompagne le diabète. A part cette alimentation, avoir une activité physique régulière. On ne demande pas aux gens d’aller au stade pour faire du sport, le minimum, c’est de marcher tous les jours trente minutes, soit le matin, soit le soir. Troisième élément, c’est le plus difficile dans notre pays, c’est d’être moins stressé. On s’est rendu compte qu’il fallait dormir tôt, dormir pendant au moins six heures. Mais aussi de boire assez d’eau, au moins un litre et demi à deux litres par jour. Avec ces éléments, on ne dira pas que personne ne deviendra malade, mais en tout cas, on préviendra le diabète, l’hypertension et d’autres maladies.

Les diabétiques ont-ils raison de se plaindre de leur prise en charge ?

La prise en charge pose des problèmes à travers le monde entier. N’oubliez pas que nous sommes dans un pays en développement. 70 % des malades qui fréquentent le Centre sont des indigents. Il est vrai que des efforts ont été faits au niveau ministériel et au niveau gouvernemental. Depuis 2004, il y a une subvention de 300 millions de francs sur l’insuline. Mais, l’insuline sera servie pour 20 à 25 % des diabétiques maximum. Les autres diabétiques prennent d’autres médicaments pour lesquels il faudrait aussi une subvention pour que ces médicaments soient accessibles. Et même pour le diabétique qui prend l’insuline, la surveillance coûte beaucoup plus cher, elle coûte trois voire quatre fois plus cher que l’insuline elle-même. Figurez-vous que le diabétique doit prendre deux ou trois flacons dans le mois, le flacon coûtant 1 500 F plus les seringues, il va dépenser 5 000 F dans le mois. La surveillance est indispensable quand on prend de l’insuline. Le malade aura besoin de 30 ou 40 mille f Cfa pour son test de glycémie. Il est temps qu’on fasse les efforts nécessaires pour que le diabétique puisse accéder à son traitement. Je sais que c’est possible, parce que ce qu’on connaît pour le moment comme nombre de malades avoisine 50 ou 60 mille diabétiques au Sénégal.

Quels effets pour la prise du sucre aspartam sur la santé des personnes ?

Pour manger moins sucré, on est obligé de prendre d’autres succédanés et l’Aspartam est une succédané du sucre. Il a un pouvoir sucrant, mais ne donne pas les mêmes méfaits que le sucre. Les Sénégalais l’appellent sucre diabétique, mais ce n’est pas du sucre pour les diabétiques, c’est pour tous ceux qui veulent faire attention à l’excès de consommation de sucre.

Propos recueillis par Abdoulaye SIDY

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