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Mballo Dia Thiam, président de la convergence SUTSAS-SAS : «94 % des Sénégalais n’ont pas de couverture sanitaire» - 02/06/2012 - Sud Quotidien - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

L’Enquête démographique sanitaire (Eds 4) réalisée en 2005 avait révélé que 80 % des Sénégalais n’avaient pas accès à la couverture sanitaire. Une situation qui s’est aggravée cinq années seulement après, si l’on en croit les résultats de l’enquête EDS 5 réalisée en 2010 qui fait état de 93,7 % de nos compatriotes vivant avec le risque de n’avoir accès à aucune couverture sanitaire. C’est dire en termes clairs qu’il n’y a que 6 % des sénégalais qui bénéficient de ce besoin de sécurité sanitaire, soit seulement 840 000 sénégalais sur une population d’environ 14 millions d’habitants.

Selon Mballo Dia Thiam, qui a fait cette révélation, beaucoup de Sénégalais ont d’ailleurs voté pour Macky Sall à cause de sa promesse d’œuvrer pour la couverture médicale universelle. Dans cet entretien accordé à Sud Quotidien, il aborde cette question cruciale comme d’autres d’ailleurs qui fédèrent les préoccupations des acteurs du système.

Le retour d’Eva Marie Coll Seck

Je commencerai naturellement par féliciter le président Macky Sall suite à sa brillante élection à la tête du pays mais également félicité le Pr Eva Marie Coll Seck d’avoir été choisie pour présider aux destinées du département de la Santé et de l’Action sociale qu’elle connait très bien. Nous avons un sentiment de joie et de réconfort suite à cette nomination parce que tous les deux leaders ont symbolisé un combat celui mené contre l’injustice et en faveur d’un système de Santé performant, motivant et mobilisateur. Nous pensons que ce sera une belle occasion pour le Pr Eva Marie Coll Seck de traduire en acte tous ce qu’on avait concocté de mieux pour l’intérêt de la population Sénégalaise dans sa globalité. Sous ce rapport nous sommes confiants et nous avons beaucoup d’espoirs en sa personne.
Il y a aussi un autre motif de satisfaction et qui n’est pas un des moindres. C’est celui du retour de l’Action sociale dans le giron de la Santé. Eva était à nos côtés quand on se battait pour la tenue des assises nationales sociales. Nous avons voulu tout le temps qu’il y ait des assises tant pour la Santé que pour l’Action sociale. Fort heureusement, c’est avec la première alternance qu’on a réalisé les premières assises de l’Action sociale en 2008. Malheureusement les conclusions de ces assises sociales dorment toujours dans les tiroirs.

Assises sociales

Nous ne pensons que d’autres assises sur la santé sont utiles. Parce qu’on a beaucoup travaillé pour des assises dans la Santé et dans l’Action sociale. On a également organisé des concertations sur le segment hospitalier en 2005 quand Macky Sall l’actuel chef de l’Etat était Premier ministre. Nous pensons aujourd’hui qu’on a besoin d’appliquer tout ce qu’il y a comme produits de réflexions sur la Santé et sur l’Action sociale. Pour la Santé on a eu besoin de voir les grandes recommandations des assises de 2001 et d’analyser ce qu’il y a de mieux à faire relativement à la mondialisation, au Programme national de développement sanitaire et sociale (PNDS) et naturellement par rapport aussi à la nouvelle donne de l’Action sociale qui n’est pas un appendice dans le secteur de la Santé mais une entité qui lui est complémentaire. C’est ce qu’on attend en fait des nouvelles autorités. On attend aussi l’organisation des journées de réflexion pour une mise à niveau de tous les acteurs, vers ces chantiers.

Enquête démographique sanitaires (EDS 5)

Nous avons constaté que les dernières enquêtes (EDS 5) ont révélée que 94 % des populations sénégalaises ne bénéficient pas de couverture sanitaire. C’est dire qu’il y a seulement une infime minorité de 6 % qui sont bénéficiaires de cette couverture. C’est pourquoi je dis que nous avons de sérieux problèmes dans la Santé et dans l’Action sociale. Dans nos vieilles revendications nous pensons que les besoins en santé sont plus importants que les besoins en éducation. Parce qu’ils commencent avant la naissance jusqu’à la mort alors que les besoins en éducation se sont des besoins ponctuels.

Couverture universelle sanitaire

La couverture médicale universelle est un idéal vers lequel l’on pourrait tendre. Sous ce rapport, nous attendons de voir. Nous estimons qu’il y a des préalables. Il s’agit de faire en sorte que l’existant fonctionne. Nous pensons que les 93 milliards qu’avait promis le Chef de l’Etat pour la couverture sanitaire c’est bien, mais il faut qu’on aille vers un financement holistique du secteur. Un financement beaucoup plus large dans lequel les grosses fortunes seraient mises à contribution avec un système mutualiste qui fonctionne à merveille. Mais également qu’on puisse chercher d’autres niches ou d’autres taxes pour que le financement du secteur puisse se concevoir dans ce pays. La gratuité c’est bon mais il faut qu’il y ait un tiers payant. On aimerait voir plus et mieux dans les structures sanitaires pour qu’on n’ait pas à acheter du coton, des gangs… des intrants.
Il faut signaler que la couverture sanitaire universelle c’est une urgence. Surtout en ces temps de soudure où les populations sont confrontées à d’énormes problèmes de pauvreté et que le bétail n’arrive pas à se nourrir. Voilà pourquoi nous nous battons tout le temps.

Modèle de santé en Afrique

Le grand paradoxe c’est que le Sénégal qui a toujours été un exemple en Afrique, va aujourd’hui à l’école du Rwanda pour ce qui concerne la santé. Mame Abdoulaye Gueye, actuel Directeur de cabinet du ministre Eva Marie Coll Seck a fait un travail exemplaire pour le Rwanda. Il a participé à la réalisation d’un système de couverture sanitaire pour ce pays. Le Rwanda qui a vécu récemment une des guerres inter ethniques est souvent cité en exemple en matière de santé. La leçon donc à tirer de l’expérience de ce pays c’est qu’il faut une volonté politique et non une simple volonté de façade. Car même si la santé ne vaut rien, mais rien ne vaut la santé.

Vote des sénégalais pour Elire Macky

Il faut une volonté politique pour mettre en œuvre cette couverture sanitaire. Quand le président Macky Sall dit dans sa déclaration de campagne son projet de couverture médicale universelle, je pense que beaucoup de sénégalais avaient pris la décision de voter pour lui. Les gens ont besoin d’être soignés et bien soignés quand ils sont malades. Nous sommes prêts à l’accompagner dans ce projet. Nous sommes dans une dynamique de syndicalisme de développement. Nous avons pris cette initiative allant dans ce sens. Nous suggérons aussi la création d’un fonds destiné à cette couverture et qu’on aille vers le vote d’une loi pour concrétiser cette initiative Ainsi le décret va définir les taux à prévoir dans le budget national pour la santé. C’est dire qu’en termes de couverture, celle-ci n’aura rien à voir avec les moyens de fonctionnement des services internes.

Revendications des travailleurs

La Convergence Sutsas-SAS n’a jamais enterré quoi que ce soit. En un moment donné, il y avait l’élection présidentielle et nous avions estimé en cette période que nous n’avions pas d’interlocuteur crédible. L’histoire nous a donné raison. Donc il ne fallait pas gêner les acteurs politiques. Parce que tout acte ou propos allaient être interprétés d’une manière ou d’une autre, selon qu’on est dans un camp ou dans un autre. Deux mois après les élections nous avons convoqué notre comité exécutif national ce samedi. C’est l’instance décisive entre deux congrès. Elle va se pencher sur la nouvelle donne avec l’arrivée de Eva Marie Coll Seck. Nous allons donc mettre le curseur sur le prochain congrès. Même si Eva Marie Coll Seck est parmi nous, nous allons la juger sur les actes. De ce point de vue, nous allons nous battre comme il faut pour faire aboutir nos revendications. Nous espérons toutefois qu’elle va essayer de régler les problèmes du secteur. Nous allons rester à l’écoute de nos camarades. A chaque fois qu’ils demanderont de poser les actes nous n’hésiterons pas à le faire. Nous constatons que le décret d’orientation de la loi sociale n’est pas encore sorti, la dette hospitalière n’est pas épongée, les motivations tardent à être payées. Nous en sommes à deux trimestres d’arriérés.

Position des autorités

Le discours qu’Eva Marie Coll Seck nous a servi lors de la première rencontre c’est de nous informer tout simplement que le pays est dans une situation économique difficile au plan financier. Je pense que cet argument ne va pas prospérer longtemps. Il ne faut pas faire simplement la politique de ses moyens mais il faut aller chercher les moyens de sa politique. Il y a actuellement des contractuels qui n’ont pas encore perçu leurs arriérés de salaires. De même d’ailleurs que certains médecins qui sont dans la brousse ainsi que des contractuels qui étaient dans des postes aujourd’hui fermés. On leur doit deux à trois mois de salaire. Un salaire doit être payé. Parce que eux (les membres du gouvernement) ils sont payés chaque fin du mois même s’il n’y a pas assez de ressources. On ne doit pas recruter des gens et leur priver des salaires. Là aussi nous attendons que le Comité exécutif national se prononce sur la question. Je ne parle même pas des heures supplémentaires que le cabinet sortant a plus ou moins mal gérées.

Staff du PR Eva Marie Coll Seck

Je sais qu’elle n’a pas encore terminé de mettre en place son staff. A mon avis tant que les réflexions menées sur le système sanitaire et social devant déboucher sur l’organigramme du ministère de la Santé se poursuivent, d’autres ressources humaines pourraient être mises à contribution. Pour ceux qui ont été choisis, nous les jugerons sur leurs actes comme on l’a fait de tout le temps. Nous ne regardons pas les conseillers, mais nous regardons le ministre. C’est pourquoi il faut que certaines directions stratégiques soient gérées par des hommes du sérail.

La question de l’alimentation des sénégalais

Je n’incrimine aucun produit, mais je sais que ceux qui ont en charge cette question de santé publique savent à quoi s’en tenir. S’ils ont les moyens, s’ils sont équipés ils parviendront à défaut d’éradiquer le mal, à réduire au moins ses assauts pour ne pas dire ces agressions.
En dehors de tout cela, le code de l’hygiène n’est plus dissuasif et il n’est plus articulé au code de l’environnement. Pour le code de la santé il reste beaucoup à faire. Si on arrivait à retravailler ces deux codes et doter le Service d’hygiène de moyens de traquer tous ceux qui font de l’importation impropre à la consommation, il peut y avoir un léger mieux dans la consommation de certains produits.

Cheikh Tidiane MBENGUE

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