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Colonel Boubacar Wade, directeur adjoint de l’hôpital principal de Dakar : « L’Etat a beaucoup fait et les efforts de modernisation vont se poursuivre » - 14/07/2007 - Le soleil - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Directeur-adjoint de l’Hôpital Principal de Dakar (HPD) depuis octobre 2000, le médecin-colonel Boubacar Wade est décidément un homme du sérail puisqu’il sert, sans interruption, dans cet établissement militaire depuis 1991. Spécialiste de la médecine interne et professeur agrégé, le colonel Wade est un professionnel militaire et un universitaire accomplis. Il revient, dans l’entretien qu’il nous a accordé, sur l’acquisition de l’unité d’imagerie par résonnance magnétique, les différents efforts de modernisation, l’accès aux soins. Le partenariat avec la France, la formation du personnel comme la dimension militaire de l’hôpital sont passés au peigne fin par le professeur Wade. Entretien.

L’Hôpital Principal de Dakar (HPD) vient de se doter d’une nouvelle unité d’Imagerie par Résonance Magnétique. Que représente ce « bijou » dans la chaîne de soins ?

L’IRM est un outil d’aide au diagnostic qui vient rehausser la qualité du plateau technique de l’Hôpital Principal de Dakar. Il faut rappeler que les autorités au plus haut niveau nous ont donné des objectifs très clairs, c’est-à-dire prendre en charge nos compatriotes ici et maintenant et par conséquent de contribuer à réduire les évacuations sanitaires vers l’étranger et dont le coût devenait de jour en jour faramineux. Ainsi, les praticiens, de concert avec la direction de l’hôpital, ont proposé des projets concrets. Les autorités ont pris en compte la réalisation de l’IRM qui est à la disposition de tous les praticiens et malades du Sénégal. Cette technologie a été installée, sur instruction de monsieur le président de la République, et associée à la radiologie numérisée, permet aujourd’hui de pouvoir échanger les données avec les hôpitaux du Sénégal et du monde entier.

Est-ce un palier supérieur pour les malades par rapport à un diagnostic précis dans les pathologies ?

L’IRM vient compléter la chaîne d’outils d’aide au diagnostic. C’est une avancée certaine pour la prise en charge de certaines pathologies comme les tumeurs cérébrales, la pathologie ostéo articulaire, digestive...

Mais, qui risque d’être inaccessible pour nombre de populations eu égard à son coût ?

Je ne pense qu’on puisse parler de coût exorbitant ; il suffirait de comparer avec les prix pratiqués dans le privé pour se faire une raison. Bien entendu, notre conseil d’administration aurait aimé fixer des tarifs beaucoup plus accessibles, mais là nous entrons dans le domaine complexe du financement de la santé. La maintenance et la pérennisation du matériel correspondent à un coût à supporter par l’établissement. Les subventions accordées par l’Etat ont permis de se positionner à ce niveau ; on peut descendre beaucoup plus bas en faisant agir les mécanismes de solidarité (mutuelles de santé, fondations créées par les entreprises privées pour participer à l’effort national, actions des ONG...). L’Etat a beaucoup fait. Les ressources sont limitées et les priorités nombreuses. Il est certain que l’avènement de l’assurance maladie universelle pourra permettre de résoudre le problème de l’accessibilité financière, mais cela se fera sur la base d’une solidarité nationale et tout le monde est interpellé. Je pense que notre conseil d’administration est prêt à étudier toute proposition tendant à accroître l’accessibilité financière au bénéfice des populations dans le cadre notre mission de service public.

Qu’en est-il du partenariat avec la France ?

Une Convention de partenariat a été signée le 17 février 2005 entre le Sénégal et la France faisant suite à celle de décembre 1999. Ce partenariat a pour objectif le développement de l’hôpital et le transfert progressif des postes de responsabilité à des cadres nationaux. Les deux pays viennent de signer une convention de financement qui va permettre d’appuyer des actions dans le domaine des ressources humaines et des infrastructures. C’est ainsi que des stages en France vont pouvoir continuer à être organisés afin d’assurer la pérennité de l’hôpital par des cadres compétents.
Grâce à ce financement, un nouveau service de psychiatrie va être construit.

Le transfert de responsabilité et la restructuration envisagée vont de pair avec un effort dans la formation. Comment est assuré ce volet ?

Aujourd’hui, plus de 95 % des postes de chef de service sont occupés par des Sénégalais. Depuis l’an 2000, grâce à la Coopération française, le service de santé a pu former, au profit de l’HPD, 9 professeurs agrégés, 21 spécialistes et 32 assistants. Cet effort de formation va continuer et je peux même dire va être accéléré par l’avènement de l’école d’application du service de santé des armées. Le volet paramédical et administratif n’est pas en reste, car pour avoir un hôpital de référence, il faut disposer de ressources humaines de qualité.

Un hôpital de référence se distingue également par l’accueil et la formation prodiguée aux étudiants ? Que faites-vous à ce niveau ?

La formation constitue une des missions prioritaires de l’hôpital. Nous avons accueilli plus de 700 stagiaires en 2006 dont 600 Sénégalais et 120 étrangers principalement des Européens. La formation est « managée » par une cellule dirigée par le directeur-adjoint. Nous disposons d’outils assez performants comme l’équipement de télémédecine. L’établissement est par ailleurs l’hôpital d’instruction du service de santé des armées et à ce titre des stages spécifiques aux paramédicaux et aux praticiens militaires y sont organisées. Nous recevons des étudiants de la faculté de médecine tout comme des élèves de divers écoles et instituts de formation du Sénégal, surtout dans le domaine de la santé.

Pour en revenir à l’HPD, on s’aperçoit d’un engagement pour une certaine modernisation avec notamment un nouveau Service d’Accueil des Urgences ou un plateau technique relevé. Peut-on avoir une idée des investigations consenties ?

Le service d’accueil des urgences a nécessité un financement de la Coopération française d’un montant de 500 millions de francs CFA. L’IRM a coûté un milliard 200 millions de francs ; ce projet a été mené sur une période trois ans. Durant cette période, médecins et techniciens ont travaillé la main dans la main, pas à pas et nous en avons tiré beaucoup d’enseignements dans le domaine de la maintenance des équipements. Donc, depuis 2003, le projet a été managé et nous arrivons à la fin avec l’inauguration prochaine d’un laboratoire aux normes techniques internationales ce qui nous permettra de franchir un nouveau palier. Signalons que c’est l’Etat qui a assuré tous ces financements.

Le plateau technique reste certes très moderne, mais d’autres efforts devraient s’y ajouter ?

Nous avons des projets à court terme dont notamment la construction d’une nouvelle clinique aux normes modernes, la construction du pavillon de chirurgie spéciale, la rénovation des blocs opératoires et des services de réanimation. Ces projets ont été soumis aux autorités et le projet de financement est en cours et en bonne voie.

L’Hôpital a la particularité d’être un hôpital d’instruction. Mais il reste ouvert à un millier de civils. Pouvez-vous revenir sur les tâches et affectations de son personnel ?

L’HPD, en dehors de ses missions spécifiques (instruction des personnels de santé et soutien aux forces) assure une mission de service public au bénéfice des populations. La clientèle de l’hôpital est constituée à plus de 95 % par les civils ; ceci n’est pas très surprenant quand on sait que la population militaire est jeune et bénéficie d’un suivi rapproché sur le plan santé. Les tâches effectuées par le personnel sont les mêmes que pour les agents des autres formations sanitaires.

Quelle est la nature du soutien apporté aux Forces Armées ?

Le soutien des Forces est prévu par la loi 2000-01 du 10 Janvier 2000 : il s’agit d’assurer le soutien sanitaire de Forces sénégalaises dans le cadre d’actions prescrites par les autorités ; nous pouvons citer comme exemple l’envoi sur le terrain de spécialistes dans le cadre d’antennes chirurgicales comme à Harper au Libéria ou la mise en alerte de l’hôpital pour accueillir et traiter d’éventuels blessés.

Justement, nombre de médecins de l’hôpital de campagne ou de soutien au contingent sénégalais stationné au Libéria provient de l’HPD. Cela ne vous handicape t-il pas dans la gestion des ressources humaines ?

Les praticiens actuellement en service au Libéria proviennent de toutes les structures du service de santé des armées et non pas seulement de l’Hôpital Principal. Nous ne sommes pas handicapés par la mise à disposition de personnels militaires car il s’agit de remplir une de nos missions prioritaires et notre plan de développement des ressources humaines tient compte de ces paramètres.

Il est souvent fait allusion à la compétence des personnels dans la chaîne de soins. Quel est, par exemple, le profil des chefs de service ?

Les spécialistes du service de santé des armées qui exercent à l’Hôpital Principal de Dakar ont accompli, chacun, au moins 12 années d’études après le bac pour arriver à ce niveau. Ils sont tous titulaires des diplômes de leur spécialité. Nous tenons à la qualité et à la sécurité des soins dans notre établissement. 80 % des chefs de département sont des professeurs agrégés du Val de Grâce.

Des réunions entre praticiens sont régulièrement organisées entre praticiens pour discuter des cas qui posent problème afin d’optimiser la sécurité des soins et nous nous sommes dotés d’un département urgences-anesthésie et réanimation des « plus lourds » du pays. La plupart des structures, publiques comme privées font régulièrement appel à nos services. Je réaffirme ici que la formation et le suivi de nos spécialistes obéit à des standards bien connus dans le domaine médical.
Tous nos praticiens ont bénéficié des stages dans les meilleurs services européens et notamment en France et, nous accueillons régulièrement des missions d’experts qui, dans le cadre de partenariats, viennent assurer « un transfert de compétence » et tout ceci au bénéfice exclusif de nos concitoyens.
En ce moment même se déroule leur mission d’expertise dans le domaine de l’endoscopie thérapeutique. Je pense qu’il y’a un challenge à relever : c’est de montrer que nous pouvons être parmi les meilleurs au monde et ceci est l’affaire de tout le monde.

PROPOS RECUEILLIS PAR IBRAHIMA KHALILOULLAH NDIAYE

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