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Journée africaine du paludisme : Le vaccin disponible à l’horizon 2012 - 25/04/2006 - Le soleil - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Peu de chercheurs scientifiques ont la chance de voir un jour leurs travaux quotidiens transformés en de nouveaux médicaments et vaccins, ayant le potentiel de sauver des millions de vies. Il est époustouflant de penser que je puisse être l’un de ces rares veinards. En effet, plut tôt cette année, j’ai moi-même visité, en compagnie d’autres scientifiques de GlaxoSmithKline Biologicals, le site de construction de l’usine destinée à produire des millions de doses du vaccin antipaludique, connu sous le nom RTS,S. Au cours des 20 dernières années, j’ai été étroitement lié au développement de ce vaccin, dont je suis l’un des inventeurs.

Ce vaccin est entré dans l’histoire l’an dernier, lorsque le journal The Lancet a publié les résultats d’un essai clinique révélant qu’il était efficace, pendant au moins 18 mois, pour la réduction de 35 pour cent des cas cliniques et de 49 pour cent des cas graves de paludisme, au cours d’une étude comptant 2 000 enfants mozambicains. Si tout va bien, ce vaccin pourrait être disponible sous licence, dès 2011-2012 et la nouvelle usine de production GSK, en Belgique, devrait être prête à commencer à fournir des millions de doses, chaque année, aux enfants de nombreux des pays les plus pauvres d’Afrique.

Alors que le monde marque une pause aujourd’hui, pour commémorer la Journée africaine du paludisme (African Malaria Day), il est important de prendre en considération l’importance de l’étape que représente ce vaccin, mais aussi de reconnaître les nombreux défis qui subsistent. Le paludisme tue entre un et trois millions de personnes chaque année, principalement de jeunes enfants africains et fait partie des principales causes de la mortalité infantile dans le monde. Le paludisme dérobe également à l’Afrique des ressources cruciales nécessaires au développement, près de 12 milliards de dollars US par an, en dépenses de soins de santé et en perte de productivité, une somme approximativement équivalente à l’ensemble des aides étrangères versées à l’Afrique chaque année.

Pendant trop longtemps, le monde a considéré l’idée d’un vaccin antipaludique comme une sorte d’utopie. À la lumière de la récente percée scientifique, résultant de la réussite de l’essai clinique du RTS,S, nous devons repenser notre point de vue sur la faisabilité d’une vaccination contre le paludisme. Le moment est arrivé pour le monde de commencer à penser aux méthodes d’utilisation du vaccin RTS,S avec d’autres outils de prévention du paludisme existants ou dont la mise en application est proche, du type moustiquaires de lits traitées aux insecticides, vaporisations de pesticides à l’intérieur des habitations et le traitement préventif intermittent des nourrissons (IPTi). Les organismes internationaux doivent commencer à préparer des prévisions de la demande et les organismes nationaux doivent réaliser le travail préparatoire nécessaire pour faire en sorte que ce vaccin puisse être approuvé aussi rapidement que possible et introduit dans les stratégies nationales de contrôle de la maladie. Fondamentalement, tout le monde, à travers l’ensemble de l’Afrique et du monde industrialisé, doit commencer à constituer le soutien politique nécessaire pour assurer que les ressources, à la fois sur le plan du financement et des infrastructures, sont en place pour garantir que ce vaccin atteint chaque enfant qui en a besoin.

L’homologation du vaccin antipaludique prendra encore quelques années, mais il n’est pas nécessaire d’attendre aussi longtemps pour commencer à sauver des vies. De nombreux pays sont déjà largement en arrière en matière d’immunisation des enfants contre des maladies comme la rougeole, le rotavirus et l’hemophilus influenzae de type b (Hib), pour lesquelles il existe déjà des vaccins. L’immunisation est l’une des interventions les plus rentables en matière de santé publique, dans toute l’histoire de l’humanité et pourtant le financement des vaccins ne représente qu’une fraction de ce qu’il devrait être. Un rapport récent réalisé par le groupe de recherche SmartPharma, publié dans le journal Vaccine, a révélé qu’un simple doublement des fonds dépensés par le monde en matière de vaccins pourrait, en cinq ans, réduire de moitié les décès évitables par vaccins. Ceci se traduirait par des millions de vies sauvées.

Et cela rien qu’en fournissant des vaccins qui existent déjà. D’importants obstacles scientifiques doivent être surmontés si l’on veut développer des vaccins efficaces contre d’autres maladies, comme le VIH/SIDA et la tuberculose qui dévastent le monde en voie de développement. Nous sommes engagés, en travaillant en partenariat, à confronter ces défis. Toutefois, des milliards de dollars supplémentaires seront nécessaires pour financer le développement et l’achat de ces vaccins. De nouveaux types de financement à long terme, qui font actuellement les grands titres de l’actualité, promus par des gouvernements aux idées avancées, pourraient signifier une refonte positive des mécanismes d’aide et de financement à court terme, utilisés traditionnellement. Parmi ces nouvelles institutions, on compte la Facilité internationale de financement pour la vaccination (International Financing Facility for Immunisation/IFFi) soutenue par le R-U et les garanties de marchés (Advance Market Commitment/AMC) pour les vaccins, patronnées par le G8.

Cependant, le financement de la recherche & développement et des achats ne représente qu’une partie du problème. L’amélioration de la santé dans le monde en voie de développement est un défi complexe. Dans de nombreux pays, des investissements importants sont nécessaires au niveau de l’infrastructure des soins de santé – hôpitaux, cliniques, réseaux de distribution – pas seulement au niveau de l’immunisation, mais au niveau des soins de santé quotidiens. En particulier, la manière dont ces nouveaux vaccins seront introduits dans les pays à faibles revenus et le temps nécessaire aux autorités réglementaires pour les autoriser, sont deux obstacles supplémentaires à surmonter pour faire en sorte que ces vaccins arrivent aux personnes qui en ont le plus besoin, le plus rapidement possible. La ligne de ravitaillement de recherche de notre société contient plus de 20 vaccins en cours de développement, y compris de nouveaux vaccins contre le VIH, la tuberculose, le cancer du col utérin, la fièvre dengue et la méningite. Ceux-ci et d’autres nouveaux vaccins apportent l’espoir à des millions de familles dans le monde entier.

La réussite des efforts engagés pour développer le vaccin antipaludique RTS,S prouve que la nouvelle approche des partenariats publics-privés (PPP) pour le développement de vaccins fonctionne. Les PPP allient le pouvoir financier potentiel des gouvernements, des fondations et des ONG à l’expertise des sociétés pharmaceutiques, afin de produire de nouveaux médicaments et vaccins. Le partenariat entre GSK et l’Initiative en faveur des vaccins antipaludiques (Malaria Vaccine Initiative/MVI) est un exemple de ce modèle. En collaboration avec la MVI, nous avons été en mesure de faire progresser rapidement de nouveaux essais cliniques, afin d’apporter le vaccin antipaludique sur le marché dans les meilleurs délais et d’explorer des méthodes prometteuses d’amélioration du vaccin pour le rendre encore plus efficace. Je suis totalement convaincu que les partenariats publics-privés sont un mécanisme important pour le développement de nouveaux vaccins destinés au monde en voie de développement et j’espère que notre partenariat servira d’inspiration à d’autres équipes de chercheurs pour les inciter à travailler ensemble pour résoudre d’autres problèmes de santé mondiaux urgents.

Considérant tout l’enthousiasme qui m’animait l’an dernier, lors de ma visite de l’usine de fabrication de vaccins antipaludiques, je suis certain que ce sentiment sera bien faible en comparaison avec ce que je ressentirai lors de l’inoculation de la première dose du vaccin chez un enfant. Il est réconfortant de penser que le plus grand défi confrontant un vaccin antipaludique de nos jours, n’est pas d’ordre scientifique, mais logistique. Au cours des cinq prochaines années, le monde doit progresser rapidement pour que la production du vaccin RTS,S puisse être augmentée, afin de pouvoir le mettre à la disposition des 75 millions de bébés qui naissent en Afrique chaque année. Cette année, pour la Journée africaine du paludisme, nous devrions être fiers du chemin parcouru jusqu’ici, mais aussi faire preuve d’humilité devant l’énormité de la tâche qui reste à accomplir pour éliminer le paludisme de la planète.

* Joe Cohen est l’inventeur du vaccin antipaludique RTS, S et Vice- Président R & D, Vaccines for Emerging Diseases & HIV (vaccins contre les maladies émergentes et le VIH) pour GlaxoSmithKline Biologicals.

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