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Pr Kader Mandy Kondé DE l’OMS sur la fievre jaune : « Il faut arriver à vacciner 500 millions de personnes » - 24/12/2007 - Le soleil - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Tester le nouveau vaccin antiméningococcique conjugué A au niveau des populations futures bénéficiaires du produit tout en respectant les règles édictées en la matière, ce sont là les enjeux du projet de vaccin conjugué A contre la méningite qui a démarré en 2001 pour être opérationnel en 2009 et donc le Sénégal a été choisi pour les essais cliniques de la phase 2 et 3. L’Afrique subsaharienne a payé un lourd tribut face aux épidémies cycliques de la Méningite. Suite aux épidémies de 1950 (92 000 cas), 1960 (45 000 cas), 1970 (50 000 cas), 1980 (80 000 cas), et le pic de 1996 avec près de (188 345 cas), l’interrogation qui taraude l’esprit des chercheurs africains est de savoir à quand la prochaine grande épidémie de méningite ? Le Pr Kader Mandy Kondé, point focal de l’OMS dans le projet de la mise en place d’un nouveau vaccin anti-méningococcique conjugué A qui a pris part la semaine dernière à l’atelier de finalisation du plan de communication pour les essais cliniques en cours dans plusieurs pays de l’Afrique dont le Sénégal s’en est ouvert à votre serviteur. Evoquant la situation de la Méningite en Afrique, le Pr Kondé pense qu’elle est très préoccupante puisque la maladie sévit sur un mode épidémique et il faut faire face régulièrement à des épidémies cycliques de 8 à 12 ans. « La plus grande épidémie s’est passée en 1996 et elle a concerné plus de 200 000 cas.

Comme tout dernièrement en 2006 et 2007, une épidémie a été enregistrée au Burkina Faso », note-t-il. Les germes responsables de l’épidémie changent en fonction des variations climatiques, ce qui porte à croire selon le Pr Kondé que les risques d’une nouvelle épidémie sont imminents. Sur les causes de l’épidémie, le Pr Kondé souligne que les germes sont des bactéries très nombreuses et la méningite A est la plus importante en Afrique dans la ceinture de la Méningite. Les principales causes restent les germes du groupe A. Pour ce dernier, il ne suffit pas seulement d’avoir le germe, il faut aussi que soient réunies les conditions et les facteurs climatiques telles les variations de température, l’humidité,... Quand l’immunité est faible chez les sujets, ils sont des porteurs de germes. Ces porteurs du germe, (que l’on peut localiser dans les gorges des sujets) transmettent durant la saison sèche la maladie. Quid des résistances face aux essais cliniques du vaccin en cours ? Dans le cadre du projet vaccination contre la Méningite (MVP), des essais cliniques sont en cours au Mali, en Gambie et au Sénégal. De façon générale selon lui, les Etats ont été informés et sensibilisés sur la question. Les sujets sont préparés et il faut obligatoirement le consentement volontaire de ces derniers en sus de l’adhésion des familles. Une opération qui se déroule résume-t-il sur la base du volontariat selon le protocole qui a été signé et qui permet aussi à toute personne désireuse de se retirer de l’étude de le faire.

Pour ce qui est de la mobilisation des fonds pour l’achat du vaccin qui va être opérationnel en 2008, le Pr Kondé préconise une bonne organisation de toutes les populations de la ceinture de la méningite (21 pays au sud du Sahara) soit 500 millions d’habitants. Si la dose du vaccin va coûter 1,20 dollar (600 F CFA), il faudra pour les Etats rassembler 500 millions de dollars. Il a été recommandé renseigne-t-il d’effectuer les premières séances de vaccination dans les 7 pays les plus touchés à savoir, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, 9 états du Nigéria, l’Ethiopie et le Soudan. La mobilisation des ressources reconnaît-il est un élément très important. « Cela ne sert à rien de promouvoir un vaccin aussi efficace, s’il n’est pas utilisé. Le nerf de la guerre est de trouver 500 millions de dollars », admet-il. La stratégie de mobilisation des fonds doit être basée sur le leadership. Chaque pays doit budgétiser ses besoins et faire appel à différents partenaires sans occulter l’effort national. « Pour un pays de 12 millions d’habitants, il faut environ 14 millions de dollars, ce qui requiert une très bonne organisation pour la mobilisation des fonds et procéder à une très bonne vaccination qui va garantir une bonne protection collective », avise-t-il.

L’avantage pour ce nouveau vaccin, poursuit-il, est qu’il assure une immunité collective et une protection pour les enfants (les moins âgés et les plus âgés), c’est pourquoi, la mobilisation doit être faite à la source dans chaque pays pour que la campagne de vaccination à grande échelle soit effective, mieux, que cette campagne soit introduite dans le Programme Elargie de Vaccination de routine.

Propos recueillis par Babacar Bachir SANE

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