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Pr. Ousmane Ndiaye, pédiatre, néo-natologiste : “Au Sénégal, on rapporte exceptionnellement des cas de mort subite du nouveau-né” - 29/12/2007 - Le soleil - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Pour faire baisser le taux de mortalité néonatale, les pédiatres ont besoin des sages-femmes, agents de santé communautaire et d’autres spécialistes. Telle est la conviction du Pr. Ousmane Ndiaye, pédiatre à l’hôpital Albert Royer qui s’exprime, entre autres, dans l’interview qui suit sur la mort subite du nouveau-né qui, pense-t-il, est fréquente surtout en Europe. Mais, au Sénégal, la prévalence n’est pas connue dans la mesure où on y rapporte rarement les cas. Quel rôle les pédiatres peuvent-ils jouer dans la réduction du taux de la mortalité néonatale qui reste élevé en Afrique ?

Les pédiatres jouent un rôle clé dans la réduction de cette mortalité infantile pour plusieurs raisons. Au niveau des structures de santé d’abord, ce sont les pédiatres qui prennent en charge les enfants. Donc, quelles que soient les pathologies, ce sont les pédiatres qui ont la charge de consulter les enfants, sur le plan diagnostic et thérapeutique. Le deuxième point, c’est que le pédiatre a un rôle à jouer dans le renforcement de la sensibilisation au niveau communautaire. Car, le rôle d’un pédiatre c’est de superviser et d’appuyer les agents de santé au niveau des communautés pour la sensibilisation des populations pour le changement de comportements.

Justement comment cette sensibilisation doit-elle s’organiser ?

Au niveau des structures, on reçoit des enfants qui sont pratiquement plus évolués à être corrigés. Mais, ce que nous avons remarqué, c’est que la majorité des patients qui ont des pathologies graves n’arrivent pas dans les structures et décèdent dans la communauté. En ce qui concerne les nouveau-nés, 40% de cette couche décède au niveau des familles. Et notre rôle, c’est non seulement de continuer à prendre en charge les enfants au niveau des structures sanitaires, mais aussi d’aller au niveau des populations pour les sensibiliser à fréquenter de plus en plus les structures de santé et les éduquer à dépister les premiers signes qu’on appelle les signes de dangers, de sorte qu’elles arrivent à dire que cet enfant est dans une situation grave, il faut l’évacuer avant qu’il ne décède. Donc, notre rôle c’est d’éduquer, de sensibiliser au niveau des communautés.

Concrètement, qu’est ce qui a été fait par rapport à cette sensibilisation ?

En tant que pédiatre, nous travaillons sur ce volet sensibilisation, parce qu’on appuie beaucoup les agents de santé, notamment les agents de santé communautaire en organisant des sessions de renforcement. On les accompagne dans leurs activités de sensibilisation sur le terrain parce que nous avons besoin de relais qui soient plus proches de la communauté. Dans ce cadre, nous nous appuyons beaucoup sur ces relais communautaires pour faire nos sensibilisations au niveau des familles en tenant compte des réalités socioculturelles.

Et quel est le feed-back que vous avez par rapport à ces activités. Est-ce qu’il y a eu vraiment changement de comportement ?

Dans le domaine de l’enfant, il y a beaucoup de choses positives qui ont été faites, surtout en ce qui concerne la malnutrition et la vaccination. Les résultants l’ont d’ailleurs montré à travers les enquêtes. Ce qui reste à faire maintenant, c’est au niveau des nouveau-nés. Il y a beaucoup de choses qui restent à faire et actuellement on s’attèle à cela eu égard au taux de mortalité très élevé de cette tranche d’âge de 0 à 1 mois. C’est notre préoccupation, parce que si on ne le fait pas, nous n’atteindrons pas les objectifs fixés pour 2015.

Justement est-ce que le nombre de pédiatres estimé entre 60 et 70 suffit pour faire baisser ce taux ... ?

C’est vrai qu’il n y a pas assez de pédiatres au Sénégal. Cela est du à un cursus de formation qui est assez long et que la majorité des jeunes qui termine des études médicales ont envie d’aller travailler sur le terrain et de gagner leur vie. Seulement, le fait de ne pas avoir beaucoup de pédiatres peut être un problème ou un avantage, parce que dans notre entendement, nous pensons qu’il faudrait s’appuyer sur les agents qui sont sur le terrain, nous l’avons vu avec nos nouveau-nés. Donc, en attendant, nous sommes obligés de nous appuyer sur les agents paramédicaux qui sont sur le terrain et de faire en sorte que le nombre de pédiatres augmente d’ici 2015.

Quels sont les soins que le nouveau-né doit recevoir... ?

Les soins de base pour le nouveau-né sont bien définis. Il s’agit de l’allaitement maternel précoce et exclusif, c’est-à-dire qu’il faut mettre le nouveau-né au sein dans l’heure qui suit la naissance. Exclusif jusqu’à six mois, c’est-à-dire, il faut que l’enfant prenne seulement le sein maternel à l’exclusion de l’eau et des autres aliments jusqu’à l’âge de six mois. En appliquant cela, on parviendra à réduire de façon importante la mortalité des nouveau-nés.

Autre élément des soins de base, nous savons que l’hypothermie (le refroidissement) est un facteur qui entraîne beaucoup de décès chez les nouveau-nés, donc on apprend aux mères et aux agents de santé à lutter contre cette hypothermie en leur demandant à la naissance de nettoyer le nouveau-né, de le couvrir avec du linge sec, de le mettre bout à bout avec sa mère, ce qui permet de lui transmettre la chaleur. Ce sont des soins assez simples. D’autres éléments tels que les soins des yeux, parce qu’il faut éviter les conjonctivites chez le nouveau-né, les soins du cordon parce que ce dernier est une porte d’entrée des infections parce qu’en manipulant le cordon avec des mains souillées, on peut transmettre des microbes au bébé. Ce sont autant d’éléments qui font partie des soins de base. Mais, à côté, il y a des soins spécifiques destinés aux nouveau-nés vraiment malades, victimes d’asphyxie ou d’autres infections.

Justement comment promouvoir ces gestes simples ?

Ce sont des actes qu’on peut promouvoir au sein de la communauté. Il s’agit de renforcer les capacités des sages-femmes et agents de santé sur ces gestes simples pour leur permettre d’aller dans la communauté pour les apprendre aux mères et aux familles en général. Je pense que cela est à la portée de tout le monde, quel que soit le niveau de développement des individus.

Que dites-vous de la mort subite qui frappe beaucoup de nouveau-nés ?

Ce terme de mort subite du nourrisson est très fréquent, même en Europe. Mais, on ne maîtrise pas les déterminants. Cette mort subite a été associée à beaucoup de choses : la position durant le sommeil, par exemple. Au Sénégal, on a remarqué dans nos études que ce n’est pas aussi fréquent que cela. Toutefois, il y a des affections néonatales qui peuvent influer chez les nouveau-nés, mais on les connaît : l’infection, l’asphyxie, etc. qui font que l’enfant est exposé à des risques.

Quelle est la fréquence des morts subites au Sénégal ?

La mort subite est beaucoup plus développée en Europe. Au Sénégal, on ne connaît pas la prévalence de mort subite parce qu’on ne rapporte pas des cas de morts de subites comme ça. Parce que la mort subite, c’est un enfant qui est en bon état général qui subitement décède. C’est un phénomène qui existe en Europe. Plusieurs hypothèses sont avancées, mais elles n’ont jamais été vérifiées réellement. Chez nous, on rapporte exceptionnellement des cas de morts subites.

L’asphyxie peut-elle conduire à une mort subite ?

Quant on parle d’asphyxie, c’est un nouveau-né qui, à la naissance, n’a pas respiré. C’est une définition opérationnelle, il y a des définitions beaucoup plus pédagogiques. Mais, sur le plan opérationnel, un nouveau-né qui naît, qui ne pleure pas, a une asphyxie. Donc, on ne peut pas dire que c’est une mort subite. C’est un nouveau-né qui n’a jamais eu de souffle de vie. L’asphyxie est connue comme étant la deuxième cause de mortalité chez les nouveau-nés après l’infection.
Il y a aussi les problèmes de prise en charge des nouveau-nés...

La demande est très forte. Entre 20000 et 30000 accouchements sont recensés dans la région de Dakar. Nous ne disposons malheureusement que de 50 à 55 lits pour admettre les nouveau-nés ; ce qui est largement insuffisant, vu la grande fréquence des accouchements. Je pense que nous ne pouvons que faire un plaidoyer pour que les autorités nous aident à augmenter cette capacité d’accueil, mais également à essayer de tout faire pour décentraliser les structures de nouveau-nés au niveau de la périphérie en faisant la promotion de soins très simples à la portée de toutes les structures, surtout au niveau des centres de santé. Un des exemples les plus frappants, c’est la mise en place des points de nouveau-nés dans toutes les structures dont on a fait la promotion dans tout le Sénégal, avec l’appui des partenaires au développement.

Ces points de nouveaux nés, c’est quoi ?

Le point du nouveau-né, c’est une partie de la salle d’accouchement qui est réservé aux nouveau-nés. Il comporte certains éléments : une table avec une lampe chauffante qui permet de réchauffer, un aspirateur pour permettre d’assurer la sécrétion du nouveau-né, quand il est encombré à la naissance et un inspirateur pour l’aider à respirer. C’est un ballon que l’on utilise pour aider l’enfant à respirer. Ce sont des éléments qui ne sont pas trop chers et qui sauvent énormément les vies des nouveau-nés.

Les structures de formation sont aussi insuffisantes, qu’en dites-vous ?

Pour le renforcement des capacités, je pense qu’au niveau des démembrements du ministère de la Santé et de la Prévention, nous avons une politique cohérente qui a tenu compte de toutes ces insuffisances géographiques. Et pour les premières formations que nous avons menées, il y a cinq ans, nous avons commencé par les zones qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les régions de Kolda, Tambacounda et Ziguinchor où les taux de mortalité néonatale sont plus élevés. Il s’agit de renforcer la capacité des sages-femmes qui sont les premières pédiatres des nouveau-nés et les infirmiers pour leur permettre d’avoir le minimum d’acquis pour prendre en charge un nouveau-né malade à la naissance.

Beaucoup de spécialistes interviennent dans la prise en charge du nouveau-né, comment promouvoir une synergie d’actions ?

Cette synergie d’actions est nécessaire et elle existe déjà, parce que je parle en tant que pédiatre, mais nous travaillons beaucoup avec des obstétriciens, avec d’autres spécialistes qui tournent autour de la femme. Parce qu’on ne peut pas parler du nouveau-né, sans évoquer la mère. On sait que la majorité des causes de décès néonataux sont liées à des affections maternelles et en faisant la promotion des soins de la santé maternelle, c’est aussi une manière de faire la promotion de la mise en place des moyens pour réduire la mortalité maternelle. Les soins essentiels du nouveau-né, il faut le rappeler, constituent des stratégies définies avant la grossesse, au cours de la grossesse, de l’accouchement et dans la période néonatale pour améliorer la survie du nouveau-né. Cela veut dire qu’on doit intervenir sur tout ce qui agit sur la mère.

Interview réalisée par Maïmouna GUEYE (Avec Eugène Kaly)

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