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Les bithérapies : une utilisation trop longtemps différée - 28/04/2008 - Sud Quotidien - SénégalEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Dès 1998, des recherches menées par l’IRD mettent en évidence une forte hausse de la mortalité palustre en Afrique associée à l’apparition de la résistance à la chloroquine, le traitement anti-paludique le plus répandu. La solution semble résider dans l’utilisation comme pour le Sida ou la tuberculose d’associations médicamenteuses ou bithérapies. Pour autant, les organisations internationales tardent à prendre en compte l’ampleur du phénomène et à financer leur utilisation en Afrique.

En Afrique subtropicale, la lutte anti-paludique est presque exclusivement basée sur le traitement présomptif des cas de fièvre. Aujourd’hui encore, c’est la chloroquine, le moins cher des médicaments antipaludiques, qui est principalement utilisée. Pourtant dès 1998, les résultats d’une étude menée de 1984 à 1995 dans la région de Mlomp au Sénégal par des chercheurs de l’IRD mettaient en évidence une forte augmentation de la mortalité palustre liée à l’émergence de la résistance à la chloroquine. Apparue en 1990, la résistance à la chloroquine a augmenté de façon extrêmement rapide dans cette région, passant de 46% de Plasmodium falciparum résistants en 1992 à 50-71% les années suivantes. De 1990 à 1998, la mortalité palustre a elle été multipliée par 11 chez les enfants de 0 à 4 ans et par 2 chez les enfants de 5 à 9 ans. Ces résultats, suivis par ceux de deux autres études conduites par l’IRD, mettent en évidence l’impact majeur qu’a eu la résistance à la chloroquine sur le niveau de mortalité palustre dans la plupart des contextes épidémiologiques rencontrés en Afrique tropicale. Le meilleur traitement consiste aujourd’hui en une association de médicaments, en particulier avec les dérivés de l’artémisine, extraite d’une plante utilisée depuis très longtemps en Chine.

Ces combinaisons de médicaments sont efficaces dans près de 95% des cas et aucune résistance n’a encore été observée. Mais à cause de leur prix élevé, 10 à 20 fois plus cher que la chloroquine, ces traitements ont longtemps été boudés par les agences internationales. Il a fallu un article, publié l’année dernière dans « The Lancet », un journal médical anglais accusant l’OMS et le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme de mauvaise pratique médicale pour faire bouger les choses.

Mlomp, un terrain d’expérience instructif

Depuis 1999, la combinaison artesunate-amodiaquine a été testée à Mlomp en Casamance pour traiter le paludisme dans le cadre d’une étude multicentrique financée par l’OMS. Devant les résultats encourageants obtenus, ce traitement a été étendu ensuite à plusieurs sites du département d’Oussouye. Pendant la première phase de 2000 à 2002, le traitement n’était administré que pendant la saison des pluies où la transmission est la plus forte. A partir d’Août 2002, le traitement a été étendu à l’ensemble de l’année.

Actuellement, on observe depuis 2002 une diminution régulière du nombre de cas de paludisme enregistrés chaque année dans cette région et principalement à Mlomp où le nombre de cas confirmés est passé de plus de 1300 cas en 2000 à moins de 200 cas en 2007. Cette diminution de la morbidité est accompagnée d’une chute du taux de mortalité palustre qui est passée de 5,5 décès pour mille enfants par an à un taux de 1,2. Les études de suivi des malades et de pharmacovigilance menées entre 2000 et 2007 par les chercheurs de l’IRD ont permis de constater la grande efficacité et la bonne tolérance de l’association artesunate/amodiaquine.

Cette association médicamenteuse a été recommandée comme traitement de première intention du paludisme non compliqué par le Ministère de la Santé et de la prévention du Sénégal depuis mars 2006.. Aujourd’hui, près de 69 pays africains ont officiellement adopté l’utilisation des bithérapies avec les dérivés de l’artemisinine pour traiter le paludisme, mais seulement 42 d’entre eux ont commencé à le mettre en place et pas tous encore à l’échelle nationale.

Par Moctar DIENG

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