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SénégalPr Souleymane Mboup, microbiologiste sur l'épidémie du coronavirus: « Le Sénégal doit se préparer sérieusement à une seconde vague »

Le soleil | Sénégal | 30/11/2020 | Lire l'article original

L'éminent scientifique, le Pr. Souleymane Mboup, conseille au Sénégal de renforcer les mesures prises jusqu'ici pour mieux faire face à l'éventualité d'une seconde vague de l'épidémie du coronavirus. Il était, samedi dernier, l'invité du journal de 20 heures de la RTS.

La survenue d'une deuxième vague d'épidémie du coronavirus au Sénégal n'est pas à écarter. L'hypothèse a été émise, samedi dernier, dans le journal télévisé de la Rts de 20 heures par l'éminent scientifique sénégalais, le Pr Souleymane Mboup. Il a conforté une telle éventualité en se fondant sur le mouvement des populations qui arrivent parfois avec de « faux tests », la circulation du virus dans la sous-région et le début d'une seconde vague dans certains pays d'Afrique.

« Nous devons envisager sérieusement une seconde vague de l'épidémie de coronavirus », a alerté le président de l'Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef) qui est rassuré par l'option prise par les autorités d'anticiper l'arrivée d'une seconde vague. « C'est heureux que le chef de l'État ait donné des directives fermes au ministère de la Santé. Il y a une réunion d'un groupe d'experts qui a commencé à faire un plan d'actions, peut-être qu'il sera discuté avec plus de détails », s'est exprimé le microbiologiste qui a conseillé aux pays africains de se préparer et surtout de capitaliser l'expérience des premiers pays touchés par la seconde vague.

« L'Afrique a été moins épargnée durant la première vague parce qu'elle a bénéficié de l'expérience des pays d'Asie et d'Europe. Elle a mis en place des stratégies qui ont bien fonctionné. Je crois que nous devons faire la même chose avant l'arrivée d'une éventuelle seconde vague. Ce n'est pas le moment de relâcher. C'est le moment de renforcer tout ce qui a été fait. Il y a une forte chance que cette seconde vague arrive », a prédit le scientifique qui se dit rassurer « parce que les autorités ont pris en compte la possibilité d'une seconde vague ».

D'ailleurs, le microbiologiste croit que ce sont les vaccins qui permettront de lutter efficacement contre cette maladie. Toutefois, il s'impatiente de la publication des articles sur les vaccins qui sont en phase de tests ; ce qui permettra à la communauté scientifique d'avoir une information complète sur leur efficacité finale. « Il y a des vaccins dont l'efficacité tourne autour de 95 %. L'utilisation de ces vaccins nous permettra de combattre efficacement cette épidémie. Mais il y a beaucoup d'effets d'annonce parce que nous n'avons pas une idée finale de l'efficacité des vaccins. Nous n'avons pas de publication », a relevé le scientifique qui fait partie du consortium qui conseille les États africains sur les mesures à prendre pour acquérir ces vaccins.

Deux bactéries portent le nom du Professeur Souleymane Mboup

L'équipe du Professeur Didier Raoult, composée d'autres éminents scientifiques sénégalais, les docteurs Sokhna Ndongo, Cheikh Sokhna, vient d'honorer le Professeur Souleymane Mboup pour sa contribution à l'avancée de la science en médecine. L'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée, dirigée par le Professeur Didier Raoult, a décidé de donner le nom du Professeur Souleymane Mboup à deux agents bactériens récemment mis en évidence. Il s'agit de « Moupela Maxiliensis » et « Pseudo Moupela Maxiliensis ».

« Donner le nom d'un microbiologiste à une bactérie, c'est le plus grand honneur qu'on peut lui faire. C'est la façon la plus importante de l'immortaliser, de perpétuer son nom », a commenté le Professeur Souleymane Mboup qui a salué la contribution inestimable du travail du Professeur Didier Raoult qui a permis de découvrir plus de 250 espèces de bactéries depuis 2000, contre 400 espèces pour la période allant de 1680 à 2000. « Le professeur Didier Raoult et son équipe ont révolutionné ces découvertes de nouveaux agents en utilisant des technologies modernes, en travaillant sur le microbiote intestinal. De 1680 à 2000, on utilisait les méthodes traditionnelles qui ont permis de découvrir 400 espèces bactériennes. Avec ces nouvelles technologies de séquençage, ils ont découvert 250 nouvelles espèces bactériennes », a noté le Pr Mboup.

Idrissa SANE

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