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Burkina FasoMaladies cardiovasculaires : « Le diabétique, un malade à haut risque »

L'Observateur | Burkina Faso | 16/06/2020 | Lire l'article original

Vivre avec le diabète, ce n'est déjà pas simple. Et quand à cela s'ajoute une autre, en l'occurrence la maladie cardiovasculaire, bonjour les complications. Il revient alors au malade de suivre scrupuleusement son traitement et d'adapter son mode de vie à son mal. C'est ce qui ressort de cet entretien avec le Dr Sayouba Savadogo, cardiologue à l'Office de santé des travailleurs (OST).

Qu'est-ce que le diabète ?
Le diabète est un groupe de maladies métaboliques qui se traduit par une hyper glycémie chronique, c'est-à-dire un excès de glucose dans le sang et cela, à partir d'un certain seuil. Il y a plusieurs types de diabète, mais retenons les deux principaux qui sont :

  • le type I ou insulinodépendant attesté chez les adolescents et les sujets très jeunes ;
  • le type II qui est plus fréquent et touche plus la population adulte.

Comment se fait le diagnostic ?
Il se fait au laboratoire à partir d'un prélèvement sanguin à jeun (de 8 à 18h). Si la glycémie atteint 7 mol/l (1,26 g/l) ou plus et si cela a été vérifié à deux reprises, on pose le diagnostic du diabète. Aussi lorsqu'on prélève le sang à n'importe quel moment de la journée et que la glycémie atteint 2 g ou plus, on est en droit de parler de diabète surtout s'il y a d'autres signes qui accompagnent cela tels que le fait de pisser beaucoup, de manger beaucoup, de boire beaucoup avec une perte paradoxale de poids.

Quand dit-on que la glycémie est normale, hypo ou hyper ?
La normale se situe dans une fourchette : lorsque vous avez une glycémie entre 0,8 et 1,1g par litre, elle est normale ; en bas de 0,7g/l, on parle d'hypoglycémie qui est rapidement mortelle lorsqu'elle est sévère ; on parle d'hyperglycémie non diabétique ou de prédiabète lorsque la glycémie à jeun va au-delà de 1,1 g/l sans atteindre le seuil défini de diabète, à savoir 1.26.

Quel rôle joue la glycémie ?
La glycémie représente le glucose, le taux de sucre dans le sang et le glucose, c'est la principale source énergétique de l'organisme. Si vous préférez, c'est le carburant que les cellules de l'organisme utilisent pour leur bon fonctionnement. S'il vous manque du sucre, vous le ressentirez tout de suite : il vous est impossible de réfléchir, vous avez faim, vous tremblez, vous êtes fatigué.

Entrons dans le vif de notre sujet. Le diabète peut-il être à la base de maladies cardiovasculaires ?
Oui. Pour nous cardiologues, le diabétique est considéré comme un malade à haut risque de développer des maladies cardio-vasculaires parce que le diabète va entraîner le vieillissement prématuré des artères qui fera le lit déjà de l'hypertension artérielle. Et aussi du fait que le diabète favorise, de manière précoce, la formation d'un phénomène qu'on appelle l'artériosclérose qui peut engendrer l'occlusion des artères.

Toutes les artères peuvent être touchées, mais, si on résume, on peut voir ces manifestations graves en 2 groupes :

La macroangiopathie qui regroupe l'atteinte des artères de « gros » et de moyen calibre, pouvant occasionner :

  • des AVC, car les artères qui irriguent le cerveau peuvent être occluses ;
  • de la coronaropathie : les coronaires sont les artères du cœur qui peuvent être touchés, entraînant l'angine de la poitrine, voire une grave crise cardiaque ;
  • l'occlusion des artères qui irriguent les membres inférieurs, entraînant des douleurs à la marche ou au repos, et parfois une gangrène cause d'amputation.

La microangiopathie : là, les petites artères qui irriguent l'œil au niveau de la rétine peuvent être touchées, entraînant des troubles visuels, lesquels peuvent passer longtemps inaperçus mais provoquer malheureusement la cécité. C'est une des causes fréquentes en Europe surtout chez les sujets de moins de 65 ans. Il y a, en plus, que les artères qui irriguent les reins peuvent être touchées et provoquer une insuffisance rénale, parfois terminale, cause d'entrée en dialyse de nombreux patients. A cela s'ajoute la neuropathie périphérique qui est une douleur au niveau des membres.

En plus de ce qui est indiqué ci-dessus, un tableau d'insuffisance cardiaque peut se développer sur un terrain diabétique mal pris en charge.

Est-ce qu'il y a des signes qui montrent au malade qu'il a, en plus, une maladie cardiovasculaire ?
Très souvent, les manifestations évoluent à bas bruit chez le diabétique ou avec un tableau peu symptomatique. C'est donc des troubles qui vont s'installer progressivement, et seul le dépistage précoce permet de prendre en charge le premier stade des complications. Nous, cardiologues, travaillons en collaboration avec les diabétologues. On sait que le sujet diabétique est à haut risque de développer des maladies cardiovasculaires. Donc aussi bien le diabétologue que le cardiologue, nous évaluons de manière périodique le statut cardiologique du patient diabétique. C'est alors au spécialiste de les détecter tôt et de les prendre rapidement en charge avant que ça devienne très compliqué.

Diabète et maladie cardiovasculaire, ce doit être un lourd fardeau pour le malade ?
C'est vraiment très lourd pour le patient car diabète et maladie cardiaque, ça ne fait pas bon ménage. Ça va d'abord engendrer des conséquences socio-économiques désastreuses de par la prise en charge qui est très coûteuse. A cela, s'ajoutent les complications à gérer. Le diabète va aggraver le pronostic du malade cardiaque. C'est alors important d'équilibrer la glycémie, de bien suivre son traitement chez le diabétologue et de bien prendre en charge sa maladie cardiovasculaire.

Vos conseils pour bien vivre avec ces maladies
Le diabétique doit d'abord prendre conscience que le diabète est grave. Mais des solutions existent : c'est tout d'abord dans le mode de vie, à travers une diététique appropriée. Il faut consulter son diabétologue, bien suivre le traitement, et respecter les rendez-vous, accepter de modifier son présent pour un mieux-être à long terme. Lorsqu'on a un bon équilibre glycémique, très souvent, les complications tardent à venir, et c'est alors qu'il peut vivre avec moins de problèmes, moins de complications. A côté de cela, les diabétologues nous envoient aussi des malades pour évaluer leur statut cardiologique en vue d'une prise en charge pluridisciplinaire.

Concernant les malades cardiaques, on dit aussi qu'ils sont très vulnérables à la covid-19…
Oui. La plupart des malades cardiaques sont fragiles et ont une baisse de l'immunité. Le coronavirus étant une infection sévère, avec un phénomène inflammatoire élevé, cela déstabilise le système cardiovasculaire. C'est vrai qu'il n'y a pas suffisamment d'études en la matière vu que la maladie est nouvelle, mais on a constaté que les malades cardiaques, les diabétiques, ceux qui ont une insuffisance rénale, un cancer, en général ceux qui ont une maladie immunodépressive sont plus vulnérables au coronavirus, et cela se comprend aisément sur le plan scientifique. C'est pourquoi ces malades ont intérêt à bien suivre leur traitement.

J'invite alors les sujets à risque, c'est-à-dire ceux qui ont une histoire familiale de diabète, ceux qui ont un excès de poids, ceux qui bougent moins, à prendre conscience que le diabète existe, qu'il est même émergent en Afrique parce que nous avons changé de mode de vie, et à se dire qu'il n'y a que le dépistage précoce qui permet de prendre en charge cette maladie de manière efficace. L'examen de la glycémie à jeun coûte aujourd'hui seulement 1500 F CFA, parfois moins, et est faisable dans la plupart des laboratoires, même dans les zones reculées. Surveiller sa glycémie permet de changer de mode de vie quand elle commence à monter.

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