retour Santé tropicale Accès aux sites pays Santé tropicale au Bénin BENINSanté tropicale au Burkina Faso BURKINA FASOSanté tropicale au Cameroun CAMEROUNSanté tropicale en Centrafrique CENTRAFRIQUESanté tropicale au Congo CONGOSanté tropicale en Côte d'Ivoire COTE D'IVOIRESanté tropicale au Gabon GABON
Santé tropicale en Guinée GUINEESanté tropicale à Madagascar MADAGASCARSanté tropicale au Mali MALISanté tropicale en R.D. Congo R.D. CONGOSanté tropicale au Sénégal SENEGALSanté tropicale au Togo TOGO



Dictionnaire Internet Africain des Médicaments (DIAM), ajoutez-le à vos applications favorites !


Suivez-nous :



Affiche prévention Covid-19 Bénin

Affiche prévention Covid-19 Bénin


LE KIOSQUE APIDPM

Les numéros disponibles :

Médecine d'Afrique Noire
Octobre 2020
Consulter la revue

Médecine du Maghreb
Archives
Consulter la revue

Odonto-Stomatologie Tropicale
Septembre 2020
Consulter la revue


NEWSLETTER

Restez informés : recevez, chaque mercredi, la lettre d'informations de Santé tropicale.

Inscriptions et désinscriptions


Revue de presse

Trier les actualités par :

Burkina FasoSanté bucco-dentaire : “Il ne suffit pas de mettre une pâte dentifrice ou des produits mentholés pour régler le problème de la mauvaise haleine”, Dr Aimé Kaboré, chirurgien-dentiste

Le Faso | Burkina Faso | 05/01/2021 | Lire l'article original

La mauvaise haleine. Voilà un problème de santé qui touche de nombreuses personnes et dont il peut être gênant d’en parler, surtout à un proche. Dans cet entretien qu’il a bien voulu accorder à votre journal Lefaso.net, Dr Wendpoulomdé Aimé Désiré Kaboré, chirurgien-dentiste, président de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes du Burkina Faso, revient sur les causes et la prise en charge de la mauvaise haleine. Il donne également des conseils pour une bonne hygiène bucco-dentaire. Lisez plutôt !

Lefaso.net : Quelle définition peut-on donner de la mauvaise haleine ?

Dr Wendpoulomdé Aimé Désiré Kaboré : La mauvaise haleine peut être définie comme la perception d’un état d’odeur nauséabonde, désagréable émanant de l’air expiré d’un individu et qui peut créer des désagréments ou un inconfort et pour l’intéressé et pour l’entourage.

Avez-vous des chiffres sur l’ampleur de la mauvaise haleine ?

Nous n’avons pas de chiffres. Seules quelques études ont été réalisées ça et là par des collègues, des confrères sur la mauvaise haleine. Mais nous savons que c’est une problématique réelle qui est fréquente et qui amène de nombreuses personnes en consultation. En ce qui concerne ma consultation, j’ai pendant longtemps reçu des patients se plaignant de mauvaise haleine, eu égard au fait que, comme je le disais, l’inconfort qui vient de la mauvaise haleine ou halitose ne concerne pas seulement celui qui souffre ou dit en souffrir.
Mais cet inconfort concerne aussi l’entourage. Ce qui fait que l’halitose, c’est aussi un problème de famille, parce que nous recevons des hommes ou des femmes qui nous demandent de voir l’époux ou l’épouse qui présenterait une mauvaise haleine. Vous imaginez un peu que cela survienne dans un couple et que madame vienne demander un rendez-vous pour son mari parce que celui-ci souffrirait de mauvaise haleine. Nous avons traité ces cas assez souvent.

Quels sont les causes de la mauvaise haleine ?

Les causes sont multiples. La thérapeutique de la mauvaise haleine et même souvent son diagnostic nécessite une approche pluridisciplinaire, parce que les étiologies (branche de la médecine qui traite des diverses causes des maladies) peuvent être de trois ordres. Une étiologie locale, en ce moment la cause est bucco-dentaire.
Elle peut être générale, c’est-à-dire que la bouche n’étant pas isolée, les causes de la mauvaise haleine peuvent venir d’autres régions rattachées à la cavité buccale comme le système respiratoire, le tube digestif, la sphère ORL (qui concerne le nez, la gorge et les oreilles). Vous savez bien que le tube digestif commence par la bouche et se termine par le rectum. Ce qui se passe dans le ventre peut s’exprimer dans la cavité buccale. Ce sont des causes générales.

La troisième étiologie, c’est l’étiologie idiopathique, c’est-à-dire qu’en réalité on ne sait pas d’où elle vient. Cette étiologie est certainement le cas le plus difficile à traiter. Il y a des tests pour qualifier la mauvaise haleine. Un patient peut se plaindre de mauvaise haleine et vous recherchez un peu partout sur un plan loco-régional au niveau de la cavité buccale, il n’y a rien. Vous recherchez au niveau général, il n’y a rien. Vous ne savez pas quoi faire.

Ce sont souvent des causes idiopathiques, des causes qui vont nécessiter une prise en charge en associant d’autres professionnels de la santé, notamment des psychologues, parce que quand elle est mal perçue, cette mauvaise haleine qui est un problème de société, peut devenir un problème psychologique au point que le patient se cache la bouche quand il parle, se gêne devant les gens. Il a tellement intégré qu’il a une mauvaise haleine, qu’il ne veut plus parler devant quelqu’un et ce sont des cas malheureusement difficiles à traiter. Il faut noter que la consommation de certains aliments notamment l’ail, les oignons, l’alcool et les fromages peuvent occasionner une mauvaise haleine transitoire. Il en est de même pour le tabac.

De ces trois causes, la cause prédominante reste bucco-dentaire. Elle représente selon la littérature, environ 70 à 90% des causes de mauvaise haleine. Quand on reçoit quelqu’un qui se plaint de mauvaise haleine, on regarde d’abord, s’il y a ce que nous appelons un bon contrôle de plaque. Un bon contrôle de plaque, c’est de regarder si les dents sont propres et bien nettoyées.

Est-ce qu’il n’y a pas beaucoup de saletés dans la bouche ? Lorsque vous mangez et que des débris d’aliments restent coincés entre les dents, se logent au niveau des papilles et des cavités de carie, au niveau des plis des joues, au niveau de l’arrière-gorge ; ces petits débris alimentaires qui sont retenus, au bout de quelques heures dans la bouche, vont être métabolisés par les bactéries buccales.

De ce métabolisme vont se former des dérivés sulfurés volatils qui sont la cause d’une mauvaise odeur. Chacun peut l’expérimenter. En passant son ongle sur ses dents quelques heures après le repas, puis au niveau de ses narines, tout le monde sentira qu’une mauvaise odeur se dégage lorsque les aliments restent dans la bouche. Il s’agit donc de voir premièrement s’il n’y a pas des débris d’aliments coincés dans la bouche qui n’ont pas été bien nettoyés. S’il y en a, la bouche ne peut pas sentir bonne.
Ces aliments qui vont rester coincés deviennent mous et nous appelons cela la plaque bactérienne. Ces aliments vont être colonisés par les bactéries pour puiser leurs nutriments. Et ce faisant, le milieu buccal qui est neutre, le pH (échelle de mesure de l’acidité d’une solution) va passer vers un pH acide et la putrescine va s’installer et la mauvaise odeur va apparaitre.

Il y a des zones de prédilection pour cette plaque bactérienne, parce que c’est cette plaque bactérienne qui va être la cause de la carie dentaire, parce que les aliments, notamment sucrés n’ont pas été nettoyés. Et donc, cette plaque bactérienne va faire baisser le pH de la bouche qui va devenir acide et cette acidité va s’attaquer aux dents, à l’émail et créer une cavitation sur la dent. C’est cette cavitation qu’on va appeler la carie dentaire. Les complications de la carie vont donner des abcès dentaires qui sont purulents et donc occasionnent une mauvaise odeur buccale.
Parallèlement, cette plaque bactérienne va créer une inflammation de la gencive, qui est la portion rose qui entoure les dents et qui protège l’os où est implantée la dent. Cette gencive qui va devenir inflammatoire, va saigner au moindre contact et l’ensemble de cette inflammation va produire encore des dérivés sulfurés, des émanations qui au cours de l’expiration vont dégager une mauvaise odeur.
Une fois que la carie dentaire est installée, en fonction de sa profondeur, puisqu’elle va évoluer, elle va partir d’une petite cavité au début qui n’est pas décelable à l’œil nu, puis qui va l’être si on ne ramène pas le pH à son taux normal qui est neutre, l’acidité va continuer de déminéraliser l’émail, la cavitation va progresser. Et il n’est pas rare que dans nos consultations, nous recevons des patients qui viennent et nous retrouvons des débris de viande, des grains de riz, des débris de légumes qui sont logés dans les caries depuis la veille ou l’avant-veille et qui n’ont pas été nettoyés et donc seront source de mauvaise haleine.

Ces débris vont pourrir et dégager une mauvaise odeur. Il y a les espaces entre les dents, et lorsqu’après le repas, les aliments restent coincés entre les dents et ne sont pas nettoyés, ils vont être décomposés et dégager une mauvaise odeur. Et lorsque vous parlez ou que vous expirez, cette mauvaise odeur va être inconfortable pour vos interlocuteurs. Il faut utiliser du fil dentaire pour compléter le brossage. Du reste, le personnel de santé pourra toujours expliquer par des démonstrations son utilisation.

Il y a aussi les prothèses que nous portons qui ne sont pas entretenues. Lorsque vous avez perdu des dents et qu’on a placé une prothèse dentaire, qu’elle soit amovible ou non, cela nécessite un entretien. Si ce n’est pas bien nettoyé, les aliments vont se coincer sur cette prothèse qui n’est pas naturelle et les bactéries vont coloniser ces aliments, la putrescine va revenir et la mauvaise haleine avec.

Il y a les papilles du dos de la langue que nous oublions souvent de brosser et qui est un repère de bactéries. Je répète, 70 à 90% des causes de mauvaise haleine, c’est la bouche et les dents.

Il n’y a pas de miracle, j’insiste là-dessus, ce n’est pas en parfumant la bouche avec la pâte dentifrice ou d’autres produits que l’on règle le problème de la mauvaise haleine. Pas du tout. Il faut un brossage efficace, régulier et un traitement des maladies bucco-dentaires lorsqu’il y en a.

Je termine par les autres causes qui représentent les 10%, qui sont des causes d’ordre général et idiopathique. Un patient qui a une tuberculose par exemple et qui a des lésions pulmonaires, lorsque ce patient va expirer, les lésions qui sont des lésions de dégénération au niveau pulmonaire et qui vont dégager des dérivés volatils, des odeurs, vont revenir au moment de l’expiration pulmonaire. Vous savez très bien que l’on peut respirer par la bouche. Ce n’est pas que la tuberculose qui est une maladie générale. Les lésions pulmonaires ou digestives peuvent diversement occasionner une mauvaise haleine. Donc le rôle du chirurgien-dentiste dans ces cas de figure, c’est de poser un diagnostic différentiel.
C’est de dire quelle est la cause ici de la mauvaise haleine, sachant que 70 à 90% selon la littérature vient de la cavité buccale. C’est donc rechercher les causes au niveau de la cavité buccale et s’il n’y en a pas, ce n’est pas la peine d’insister. Il faut rechercher des causes générales : les amibiases, les infections intestinales, les candidoses digestives… Toutes ces infections peuvent être causes de mauvaise haleine. Les maladies ORL qu’il ne faut pas oublier : les sinusites, les rhinites chroniques, les aspergilloses … qui sont en lien avec la cavité buccale. Lorsqu’il y a des infections dans ces cavités, il va partir de ces cavités, de mauvaises odeurs.

Comment se fait la prise en charge de la mauvaise haleine ?

Généralement, l’on pense que lorsqu’on a une mauvaise haleine, il suffit de mettre une pâte dentifrice ou quelque chose qui a une bonne odeur comme les produits mentholés et c’est réglé. Alors que pas du tout. Le problème de la mauvaise haleine lorsque la cause est bucco-dentaire, réside dans le traitement des lésions bucco-dentaires, l’éradication des caries, des cavités, des tissus qui sont nécrosés et de l’inflammation gingivale (relatif à la gencive).

Toujours au niveau de la cavité buccale, il y a des traitements que certains patients prennent pour des pathologies générales qui vont jouer sur la quantité et la consistance de la salive du patient. La prise de ces médicaments va occasionner souvent une diminution du volume salivaire et la salive n’exercera plus bien son pouvoir tampon et de nettoyage des surfaces dentaires. Ces patients sont enclin à faire une mauvaise haleine, parce que la bouche est souvent sèche. Et lorsque nous les recevons, nous les incitons à boire beaucoup d’eau pour avoir toujours la bouche humidifiée.

Lorsqu’un patient consulte pour une mauvaise haleine, nous lui expliquons d’abord les causes qui sont de trois ordres. Et nous commençons par rechercher la cause la plus pertinente, celle des lésions buccales et de la mauvaise hygiène bucco-dentaire, la bouche qui n’est pas propre, la gencive qui est inflammatoire, la carie, les « plombages » défectueux qui n’ont pas été renouvelés alors qu’ils sont abimés, les caries cachées, le mauvais brossage, l’absence de brossage, les plis jugaux où des aliments sont restés...
S’il n’y a rien, s’il n’y a pas de tartre, il n’y a pas de caries, de soins défectueux, pas de prothèses mal ajustées, de vieilles prothèses qui ne tiennent pas ou une mauvaise technique de brossage s’il n’y a rien de tout cela, nous poussons notre interrogatoire en recherchant d’autres pathologies associées.
Un patient qui a une infection digestive ou un trouble du transit, peut être sujet à la mauvaise haleine.

Dans le cas d’une parasitose intestinale par exemple, le médecin va lui demander un examen de selles. Vous pouvez y trouver des kystes et/ou des œufs de parasites. Et si vous faites également un prélèvement dans la bouche de ce patient, vous pouvez dans certains cas y retrouver les mêmes parasites, simplement parce que le tube digestif commence par la bouche et se termine par le rectum comme je l’ai déjà dit. Le patient sera donc référé chez le médecin généraliste ou chez le gastroentérologue, l’ORL, le pneumologue, indépendamment de la pathologie qu’il développe.

Par contre, si vous constatez qu’il a beaucoup de tartre, monsieur n’a pas fait un entretien de sa cavité buccale, ne va pas régulièrement nettoyer ses dents, il faut le faire. Nous insistons dessus, nous voyons les populations amener leurs mobylettes chez le mécanicien pour entretien, il faut savoir que lorsqu’on mange, quelle que soit la méthode de brossage qu’on utilise, il faut compléter ce brossage par un nettoyage dentaire fait par un professionnel au cabinet dentaire. A titre de comparaison, nous réalisons l’entretien de nos motocyclettes pour éviter que le pot d’échappement ne se bouche. Les dents et la cavité buccale ont besoin de cet entretien.
Il faut le faire régulièrement pour aller loin, pour que votre système manducateur vous amène loin dans votre vie et vous permette de vous nourrir correctement. Lorsque vous perdez des dents, lorsque vous n’arrivez plus à mastiquer parce qu’il y a beaucoup de caries dans la bouche parce que la gencive est malade et que les dents bougent, vous n’arrivez plus à écraser convenablement ces aliments, il va y avoir une répercussion sur votre état général.

Nous sommes dans un contexte où il y a beaucoup de priorités, on ne se rend pas toujours compte, mais l’absence d’une dent, l’absence de deux dents à cause d’une lésion carieuse ou à cause d’une lésion quelconque, va diminuer le coefficient masticatoire.
Quand vous prenez un grain de maïs entre vos doigts, vous n’arrivez pas à l’écraser, mais quand vous mettez ce grain entre deux dents, vous l’écrasez. Le coefficient masticatoire est puissant et permet de transformer l’aliment que nous introduisons dans notre bouche en un bol alimentaire apte à être avalé pour que la transformation puisse se poursuivre au niveau gastrique et que les nutriments qui se trouvent dans ces aliments puissent être exfiltrés et redistribuer à l’ensemble des cellules de notre organisme pour nous permettre de mener quotidiennement, efficacement nos activités.

Avez-vous un dernier mot ?

Mon dernier mot, c’est d’insister sur les enfants. Les enfants, c’est vraiment une problématique qui me tient à cœur. Ce n’est pas agréable quand on voit des parents qui emmènent leurs enfants en consultation avec une joue enflée, l’enfant qui est fébrile, qui a mal, qui ne s’alimente pas. Nous voulons attirer l’attention des parents sur le fait qu’ils sont responsables de la santé bucco-dentaire de leurs enfants. Il faut assister les enfants au moment du brossage, il faut le leur montrer. Ne laissez pas les enfants aller au lit sans se brosser.

Ne laissez pas les enfants se coucher avec un bonbon dans la bouche. Inculquez-leurs l’habitude, de sorte que ce soit l’enfant qui vous rappelle que vous ne vous êtes pas brossés. Nous disons que la santé bucco-dentaire est une question de famille. C’est ensemble papa, maman, enfants qu’il faut créer une dynamique dans la maison, de sorte que ça devienne une culture de la propreté de la bouche.

Les chirurgiens-dentistes, les attachés de santé en chirurgie dentaire et le personnel de santé en général, sont là et peuvent apporter des conseils pour améliorer, prévenir les maladies bucco-dentaires et la mauvaise haleine.

Entretien réalisé par Justine Bonkoungou

Tous les articles



CONTACTEZ-NOUS

Adresse

  • Espace Santé 3
    521, avenue de Rome
    83500 La Seyne sur mer - France

Téléphone

  • +33 4 94 63 24 99

Contactez-nous


APIDPM

Qui sommes-nous ?

Droits d'utilisation


Site éditeur :


Valid XHTML 1.0 Strict CSS Valide !