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SénégalPrise en charge des cas sévères de Covid-19 : L’alerte du Pr Mamadou Diarra Bèye

Sudonline | Sénégal | 11/01/2021 | Lire l'article original

Le regain de l’épidémie de covid-19 au Sénégal rend la situation « difficile. C’est du moins ce qu’a estimé hier, dimanche 10 janvier, le directeur du Samu national lors du point quotidien sur l’évolution de l’épidémie où il est revenu sur la prise en charge des cas sévères de covid19. Selon Pr Mamadou Diarra Bèye, ces derniers sont au nombre de 300 dans les CTE (Centres de traitement épidémiologiques).

« C’est difficile pour les populations, les patients mais également pour les soignants tout bonnement parce que le nombre de cas augmente de jour en jour, en moins d’une centaine par jour et dans tout le pays. L’augmentation de plus en plus notable des cas communautaires témoigne de la circulation du virus dans la population. On note également une augmentation du nombre de cas graves en réanimation mais ceci cohabite avec l’augmentation des autres cas en réanimation », a déclaré Pr Mamadou Diarra Bèye.

Le directeur du Samu national ajoute : « Il ne faut pas oublier que dans les services de réanimation, en plus des cas graves, on a d’autres pathologies qui n’ont absolument rien à voir avec la covid-19. Ce qui fait que le nombre de lits se met très rapidement en tension mais au-delà des cas graves en réanimation, nous avons également des cas sévères ».

« Près de 300 cas sévères pris en charge dans les CTE »

Selon Pr Mamadou Diarra Bèye, ce sont les cas sévères qui sont pris en charge dans les CTE. « Depuis que la prise en charge à domicile a commencé, les cas asymptomatiques ou bien les personnes qui ne présentent pas de risques de complications majeures, sont pris en charge à domicile avec un suivi mais les cas sévères qui nécessitent une prise en charge rapprochée, parfois l’administration d’oxygène et d’autres médicaments sont dans les CTE. Il faut noter qu’on a en à peu près 300 et ces patients hospitalisés dans les CTE consomment énormément d’oxygène et on peut comprendre aisément en moyenne les malades prennent 10 à 15 litres par minute », a-t-il expliqué. A l’en croire, la surveillance est donc « difficile » en ce qui concerne la prise en charge de ces patients. « Quand on est en surveillance continue, on a un à trois soignants par patient et ceci de façon très rapprochée. Donc, ça peut expliquer très réellement la charge de travail. On note également une augmentation des décès parce que si les cas graves augmentent, forcément le nombre de décès augmente », a souligné le directeur du Samu national. Toutefois, ajoutera-t-il, « en pourcentage, on est resté quasiment sur un taux de létalité qui était superposable avec la première vague parce qu’on reste toujours à un taux de létalité inférieur à 2,5% ».

« Plus de 80% des patients qui arrivent en réanimation, ne se savaient même pas malades »

Sur la prise en charge des patients à domicile, en plus de solliciter « l’engagement » des familles et des patients, Pr Bèye a déploré le fait que certains malades ne se rendent pas dans les structures sanitaires très tôt. « Si un triage est fait et qu’on décide de traiter quelqu’un à domicile, il faudra veiller à la contamination mais également veiller à avertir très rapidement les structures de santé en cas d’aggravation et c’est dans ce cadre-là que le SAMU joue un rôle très important parce que ces alertes, nous les recevons sur le 15/15 et chaque fois qu’il y a une détresse, il faut appeler très vite parce que ce qu’on a noté pour les cas graves qui arrivent en réanimation, parfois dans plus de 80%, c’est des patients qui n’étaient même pas suivis à domicile, qui ne se savaient même pas malades et qui, brutalement, présentent des signes de détresse.

Quand nous intervenons, nous nous rendons compte que ces personnes étaient malades depuis au moins 10 jours », a expliqué Mamadou Diarra Bèye. Qui plus est, dira-t-il, « pendant ces temps, le risque de contamination a pu être important mais également les malades arrivent dans des situations très dramatiques de sorte que malgré tous les efforts faits dans les services de réanimation, nous déplorons un nombre de décès très élevé ». Par conséquent, le directeur du Samu national a invité les populations au respect des mesures barrières contre la covid-19 en « évitant les rassemblements et les déplacements inutiles ».

Mariame Djigo

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