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Avril 2003 - Editorial du docteur Fataou Ouro-Bang'Na Maman
Quel avenir pour l'anesthésie dans les pays de l'afrique francophone sub-saharienne ?

L'anesthésie dans les pays développés est loin d'être comparable à celle dans les pays en développement. Les conditions de pratique anesthésique dans les pays riches frustrant énormement les conditions d'exercice déplorables dans les pays en développement. Outre le manque de moyens matériels de base, la pénurie de personnel qualifié joue un rôle prépondérant. Ces facteurs faisant accroitre sans cesse les risques anesthésiques.

Il existe une disparité des pratiques anesthésiques au sein d'un même pays et d'un pays à un autre ; celle-ci étant en partie liée au personnel praticien : le manque de moyens matériel faisant l'unanimité dans la plupart de ces pays, lesquels moyens ne pouvant être mis en place que par le personnel praticien.

Y a t'il un espoir à diminuer les risques avec les moyens dont dispose déjà tel ou tel pays ? La réponse est oui et non. Non si l'on tient compte des moyens humains : très peu de personnel médical, plus de paramedic et tous sans franche formation continue. Oui mais conditionnel :

  • A condition que l'on apprenne à développer les règles de pratique adaptées à son environnement
  • A condition de favoriser la formation de praticien d'anesthésie en privilégiant la médicalisation
  • A condition que l'opinion publique nationale avant tout soit informé davantage de ce qu'est l'anesthésie, des moyens disponibles et accessibles par tous au moindre frais et ceci dans le but d'aider les médecins à se spécialiser dans tel ou tel domaine et d'aider plus tard ces praticiens à mettre à place les moyens dont ils ont besoins pour leur pratqiue quotidienne.
  • A condition que notre profession ait pour premier soucis la sécurité des patients et qu'il ait plus de volonté à servir là où on a plus besoin de soi et où l'on sera forcement plus utile. Cette volonté ne viendra que par un esprit humanitaire, un esprit d'équipe ou de groupe.
  • A condition que l'on ne se demande pas " qu'est-ce que mon pays a fait pour moi ? ", mais plutôt " qu'est-ce que je peux faire pour mon pays qui a sans doute besoins de moi ? " C'est difficile de penser ainsi si l'on doit mettre de ses moyens personnels pour assurer sa formation en vue " d'une meilleure vie " ….

L'anesthésie à moindre risque est possible même dans les pays pauvres, plus qu'un problème matériel, il existe un grand problème d'information, de formation, et d'organisation. Il faudrait plus des moyens matériels personnalisés adaptés au terrain et dont l'on pourra assurer la pérénisation, l'amélioration, la progression ou l'évolution plus tôt que des moyens mis en place pendant de longues décennies par les autres à un moment donné de leur évolution et dont l'on ne maitrise pas forcement l'usage, l'utilité et l'intérêt pour soi. Ces moyens ne pourront être mis que par les praticiens eux-même en fonction de leurs besoins et de leur expérience quotidienne…

Si l'on se réfère à l'expérience de certains pays comme le Bénin, la Côte d'Ivoire ou le Sénégal …, l'avenir est prometteur pour l'ensemble des pays de la sous région bien que de nombreux progrès restent à faire. Il faudrait aussi penser à une uniformisation des pratiques, de la formation…. Ensemble unissons nous pour une meilleure pratique quotidienne.

Lomé, le 24 avril 2003

 

Docteur Fataou Ouro Bang'na Maman
obaf2000@yahoo.fr


 
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