Quel avenir pour l'anesthésie dans
les pays de l'afrique francophone sub-saharienne ?
L'anesthésie dans les pays développés est loin d'être comparable
à celle dans les pays en développement. Les conditions de pratique
anesthésique dans les pays riches frustrant énormement les conditions
d'exercice déplorables dans les pays en développement. Outre le
manque de moyens matériels de base, la pénurie de personnel qualifié
joue un rôle prépondérant. Ces facteurs faisant accroitre sans cesse
les risques anesthésiques.
Il existe une disparité des pratiques anesthésiques au sein d'un
même pays et d'un pays à un autre ; celle-ci étant en partie liée
au personnel praticien : le manque de moyens matériel faisant l'unanimité
dans la plupart de ces pays, lesquels moyens ne pouvant être mis
en place que par le personnel praticien.
Y a t'il un espoir à diminuer les risques avec les moyens dont
dispose déjà tel ou tel pays ? La réponse est oui et non. Non si
l'on tient compte des moyens humains : très peu de personnel médical,
plus de paramedic et tous sans franche formation continue. Oui mais
conditionnel :
- A condition que l'on apprenne à développer les règles de pratique
adaptées à son environnement
- A condition de favoriser la formation de praticien d'anesthésie
en privilégiant la médicalisation
- A condition que l'opinion publique nationale avant tout soit
informé davantage de ce qu'est l'anesthésie, des moyens disponibles
et accessibles par tous au moindre frais et ceci dans le but d'aider
les médecins à se spécialiser dans tel ou tel domaine et d'aider
plus tard ces praticiens à mettre à place les moyens dont ils
ont besoins pour leur pratqiue quotidienne.
- A condition que notre profession ait pour premier soucis la
sécurité des patients et qu'il ait plus de volonté à servir là
où on a plus besoin de soi et où l'on sera forcement plus utile.
Cette volonté ne viendra que par un esprit humanitaire, un esprit
d'équipe ou de groupe.
- A condition que l'on ne se demande pas " qu'est-ce que mon pays
a fait pour moi ? ", mais plutôt " qu'est-ce que je peux faire
pour mon pays qui a sans doute besoins de moi ? " C'est difficile
de penser ainsi si l'on doit mettre de ses moyens personnels pour
assurer sa formation en vue " d'une meilleure vie " ….
L'anesthésie à moindre risque est possible même dans les pays pauvres,
plus qu'un problème matériel, il existe un grand problème d'information,
de formation, et d'organisation. Il faudrait plus des moyens matériels
personnalisés adaptés au terrain et dont l'on pourra assurer la
pérénisation, l'amélioration, la progression ou l'évolution plus
tôt que des moyens mis en place pendant de longues décennies par
les autres à un moment donné de leur évolution et dont l'on ne maitrise
pas forcement l'usage, l'utilité et l'intérêt pour soi. Ces moyens
ne pourront être mis que par les praticiens eux-même en fonction
de leurs besoins et de leur expérience quotidienne…
Si l'on se réfère à l'expérience de certains pays comme le Bénin,
la Côte d'Ivoire ou le Sénégal …, l'avenir est prometteur pour l'ensemble
des pays de la sous région bien que de nombreux progrès restent
à faire. Il faudrait aussi penser à une uniformisation des pratiques,
de la formation…. Ensemble unissons nous pour une meilleure pratique
quotidienne.
Lomé, le 24 avril 2003
Docteur Fataou Ouro Bang'na Maman
obaf2000@yahoo.fr
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