Mortalité maternelle dans les pays
en développement : implication de l'anesthésie
La mortalité maternelle d'après les travaux de l'UNICEF et de
l'OMS est de 1 sur 13 naissances vivantes en Afrique subsaharienne
contre 1 sur 4100 dans les pays industrialisés.
Parmi les causes de cette surmortalité, figurent les hémorragies
de la délivrance, les éclampsies, les infections… Situations dans
lesquelles est toujours appelé à intervenir l'anesthésiste réanimateur.
Aussi, les soins obstétricaux essentiels jouent un rôle crucial
dans le recul de ces décès et un indicateur de recours à des établissements
de soins obstétriques essentiels est la proportion d'accouchement
par césarienne.
Mais l'on doit avoir à l'esprit que le pronostic materno-infantile
dépend en dehors de l'incompétence du chirurgien de la pratique
anesthésique. Si l'on se réfère aux différentes pratiques anesthésiques
dans ces régions publiées ces dernières années, l'anesthésie jouerait
un rôle important dans l'accroissement ou la réduction des taux
de mortalité maternelle.
Nous ne le dirons pas assez : la pénurie de personnel qualifiés,
l'absence de drogues d'urgence mais aussi d'anesthésie de première
nécessité, la quasi inexistence de matériel de monitorage de base,
les difficultés de formation initiale et continue sont quelques
principales causes impliquées dans les accidents anesthésiques.
Des techniques simples et peu onéreuses peuvent diminuer le risque
des parturientes, mais il faudrait d'abord prendre conscience des
faits en vue d'en faire une des priorités et ainsi d'élaborer des
protocoles clairs et adaptés aux conditions d'exercice.
Les difficultés de protection des voies aériennes (absence de drogue
permettant une induction rapide chez ces patientes d'emblée estomac
plein +++), la quasi inexistence de la loco-régionale (méconnaissance
? pénurie de matériel peu coûteux ? : vasopresseur genre éphédrine,
aiguille à PL…) pour ce terrain favorable à ces genres de pratique,
les difficultés de gestion des complications peropératoires d'erreur
humaine sont les principales causes dans lesquelles est impliqué
l'anesthésiste exerçant dans ces milieux.
L'anesthésie en obstétrique nécessite une promotion en vue de réduire
les taux de décès évitable. Il est bien possible de donner une vie
sans risquer sa mort.
Lomé, le 27 juin 2003
Docteur Fataou Ouro Bang'na Maman
obaf2000@yahoo.fr
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