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Que pouvons-nous pour retenir
nos médecins dans leurs pays respectifs ?
Face à notre dernier éditorial
concernant la situation des médecins dans la plupart des
pays africains, certains collègues ont réagi. Voici
un exemple…
" Belle réflexion ! "
"Je suis content que tu t'affiches ainsi
dans cette génération consciente comme le dirait l'autre
!"
"J’ai lu ton discours sur l'hémorragie
des médecins ! Je trouve que tu as bien choisi les situations
pour dire le mal tel qu'il est. Ok, j'ai entendu ton cri de coeur
qui s'adresse à tous. Mais le sentiment que j'ai eu à
la fin est mitigé. J'ai comme l'impression que tu soutiens
les médecins à partir ! Ou que tu risques de faire
partie de ces penseurs qui diagnostiquent les maux de nos sociétés
sans proposer concrètement une porte de sortie."
"Je voudrais qu'on réfléchisse
ensemble sur un projet de sortie de crise, une feuille de route,
un cadre de travail ou des accords cadres (rions un peu...). Non
!! Sérieux ! Je pense à ce collège de jeunes
médecins qui décideraient de s'asseoir pour analyser
tout et proposer des solutions ! On fait de la médecine dans
nos pays aussi ! On a le scanner, l'IRM, on fait des échographies,
des examens sanguins et on fait de la FIV... Mais en privé
! Quelques personnes plus riches qu'un Etat !??? Je pense qu'il
faut qu'on crée les conditions de notre travail ici. Nous
savons aussi les conditions dans lesquelles les autres travaillent
dans ces pays dits bien ! C'est grâce à la sécu,
les assurances ! Combien sont assurés ici ? Combien de fois
l'état prend en charge ici ! Malheureusement le coût
des consommables et du matériel ne suit pas celui du PNB
ou des autres indicateurs du pouvoir d'achat du citoyen ! Est ce
une malédiction ??? J'ose dire non ! On dirait qu'il n'y
a pas un seul nègre capable de dire non."
Tu as raison de dire que c'est très complexe
les raisons qui poussent les médecins dehors ! Il faut penser
toute la société. Je pense qu'il faut tout recommencer
à zéro sans le dire tout haut ! Vois-tu ; rien n'est
écrit dans nos pays. Rien de concret ; rien au ministère
de la santé par rapport au rêve de la santé
à donner aux populations. Alors on va où ou vers quoi
? C'est quoi l'ambition ? C'est pourquoi il faut qu'on réfléchisse
pendant que nous montons au devant de la scène. Si nous ne
faisons rien nous serons aussi les fossoyeurs des générations
à venir. Le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions
!
Très bien !! Ceux qui sont partis et qui
ne veulent plus revenir sont pardonnables. Ceux qui attendent les
beaux jours sont excusables, ceux qui ont tourné dos au pays
sont souffrants. Mais tous ceux qui veulent faire quelque chose
pour demain sont des hommes heureux, car ils ont un espoir qui constitue
l'eau de leur moulin tournant. Pour ma part, tous ceux qui sont
émigrés sont une richesse. Ce sont les racines en
bonne terre de notre arbre dont les fruits ne sont accessibles qu'au
pays.
Tout ! Non, au moins quelque chose peut changer
si tous font un bloc pour changer quelque chose au pays. Tu vois
les tonnes de matériels, les sous, et le reste que chaque
petite bonne volonté fait revenir au pays ? Mais si ensemble
ces médecins créent un truc ! Imposaient leur idée
dans le pays d'accueil et dans le pays d’origine ! Je suis
certain qu'on les écouterait. Mais chacun est parti dans
son coin et s'est tapé une blanchette, accuse tous les jours
la cour du roi d'avoir fait d'eux des errants ! Et pourtant la cour
ne sait leur existence ! Cet Etat ne sait même pas qu'il a
autant de médecins ailleurs.
La raison est toute simple : personne
ne s'en occupe. Chez nous, c'est la jungle. C'est pourquoi
il faut avoir le courage de faire tabula rasa et mettre noir sur
blanc les projets de société. Pensez-vous qu'on sait
la souffrance du médecin ? Non, peu de gens comprennent que
monsieur le Docteur n'est même pas capable de se payer un
bon loyer ! Mais en face de nous, nous avons nos amis les magistrats
! C'est curieux ! Dans un même pays avec un nombre d'années
d'étude bien en deçà de celui du respectable
médecin, ces magistrats gagnent doublement mieux. Pourquoi
? Oui, c'est vrai qu'on peut dire qu'ils sont de connivence avec
le roi ! Ils ne sont pas roi, mais faiseurs de roi !! Oui, mais
ce qui me paraît plus juste c'est qu'ils sont mieux organisés
! Il constitue une certaine menace pour celui qui veut rester en
place ! Avouons qu'on se laisse faire ! Le chef de l'Etat a du respect
pour son médecin et bien plus qu'à son conseiller
juridique ! Qui ne vous donne pas les honneurs ? Il faut donc réclamer
que le reste suive, tout en restant dans l'image que la société
a fait du médecin ! Un serviteur ! Mais l'esclave a aussi
un salaire !
Lomé, le 11 décembre 2006
KOLANI K. Jean Claude
Gynécologue Obstétricien
Clinique Biasa BP 2160
Lomé TOGO
Tel +228 221 11 37
cel +228 949 94 79
Fax +228 222 11 60 »
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