Les grandes réunions scientifiques
de cette année au Togo
Plusieurs rencontres scientifiques ont eu lieu au Togo cette année.
Ces rencontres d'ordre didactique pour la plupart ont été organisées
par les sociétés savantes des deux pays voisins : le Togo et le
Bénin. Il faut dire que ces deux pays ont depuis longtemps échangé
des expériences en ce qui concerne la pratique médicale. cinq rencontres
ont été recensées depuis le début de l'année, deux ont été conjointement
organisées par les sociétés bénino-togolaises, alors que deux ont
eu un caractère international.
La première rencontre à caractère international concerne la lutte
contre l'épilepsie (CMLE) et a eu lieu du 19 au 21 mars 2002.
Il s'agit de « la réunion consultative pour la mise en ouvre de
la campagne mondiale contre l'épilepsie dans les pays francophones
de la région d'Afrique ».
17 pays d'Afrique francophone y ont pris part : RDC Congo, Gabon,
Côte d'Ivoire, Guinée Conakry, Mali, Mauritanie, Niger, Algérie,
Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cap vert, Congo, Rwanda, Sénégal,
Tchad, Togo.
S'inscrivant dans le cadre de la campagne mondiale contre l'épilepsie,
la rencontre a permis de discuter d'un plan de travail pour la mise
en ouvre d'une déclaration africaine contre l'épilepsie et de l'opportunité
de construire un partenariat afin de faciliter la mobilisation des
ressources pour affronter ce défi de nos pays.
L'épilepsie est une vieille maladie mais jusqu'ici fait l'objet
de stigmatisation. Dans bien de cas, elle est prise pour une maladie
mentale. Elle touche 40 millions de personnes dans le monde dont
la grande majorité en Afrique. Il s'agit donc d'un réel problème
de santé publique et il est urgent que chaque état membre de l'OMS
(organisation mondiale de la santé) se dote d'un plan d'action contre
cette maladie.
Une initiative conjointe de l'OMS, du bureau international de l'épilepsie
(BIE), et de la ligue internationale contre l'épilepsie (LICE) est
en cours pour réduire le fardeau de l'épilepsie grâce à la tolérance
à l'endroit des épileptiques, à l'accessibilité aux traitements,
et à la prévention dans le monde.
Le 2ème congrès du Comité International de Médecine d'Urgence section
Afrique (CIMUA) tenu à Lomé du 15 au 19 avril 2002.
Le thème de cette rencontre qui a rassemblé les participants venus
de la France, du Bénin, du Burkina Faso, du Sénégal, du Togo était
: « l'eau, le feu, les traumatismes ».
Une journée aété consacrée à la maintenance biomédicale.
Y ont participé, le président de la Société Française de Médecine
de Catastrophe (SFMC), des délégations de la Société Française d'Anesthésie
et de Réanimation (SFAR) , de la Fédération Mondiale d'Anesthésie
et de Réanimation (WFSA) de l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris,
et de la Société d'Anesthésie et de Réanimation d'Afrique noire
francophone (SARANF).
Des chercheurs et des professeurs de la faculté de médecine du Togo
ont pris une part active aux travaux ainsi que de nombreux étudiants
du Togo, du Bénin, et du Sénégal . Parmi les nombreuses communications
versées au compte de la rencontre, il est important de retenir que:
- la prise en charge des urgences au Togo est loin d'être satisfaisante.
La prise en charge des urgences obstétricales est catastrophique
et doit constituer le souci de tous.
- La pénurie de personnel qualifié dans toutes les disciplines de
la médecine d'interventions : mention spéciale à la radiologie qui
ne compte que 8 médecins radiologues dans tout le Togo, catastrophe
pour l'anesthésie réanimation qui ne compte qu'un seul médecin anesthésiste
réanimateur pour le secteur public.
- Un long débat sur la formation de médecins urgentistes et sur
le projet de réhabilitation de la filière anesthésie réanimation
de l'école des assistants médicaux (EAM) de Lomé . La résolution
de tous les problèmes sanitaires dans nos pays en développement
doit passer par la mise en place d'un personnels qualifié. Il n'y
a pas de chirurgie sans anesthésie ; il est donc nécessaire d'encourager
et de promouvoir la formation des praticiens d'anesthésie. Aussi
la formation de médecins urgentistes serait salvatrice car presque
tous les patients en Afrique arrivent à l'hôpital en situation d'urgence.
La troisième rencontre était le 2ème colloque de chirurgie digestive
organisé par la Société Bénino-Togolaise de Chirurgie Digestive
(SBTCD) à la faculté des sciences de la santé (FSS) de Cotonou.
Le thème du colloque est : « la prise en charge des hémorragies
digestives ». Tous les protagonistes de la chirurgie et de l'anesthésie-
réanimation des deux pays étaient présents. La SBTCD a lancé à cette
occasion une enquête prospective sur 12 mois concernant « la prise
en charge des perforations digestives ».
Cette enquête se fera sur l'étendue des deux territoires et les
résultats feront certainement le sujet essentiel du prochain colloque.
La société bénino-togolaise de traumatologie et d'orthopédie a
également tenu en mai dernier son 2ème congrès.
Enfin à partir du 12 octobre 2002 se tiendra à Cotonou le 2ème
congrès de la Société Bénino-Togolaise de Radiologie (SBTR).
Le thème retenu à cet effet est la TDM dans la pathologie de la
selle turcique et dans les traumatismes crânio-encéphaliques.
Pour tout renseignement concernant ce congrès, veuillez contactez
kndakena@syfed.org.
Lomé, le 5 août 2002
Docteur Fataou Ouro Bang'na Maman
obaf2000@yahoo.fr
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