Du serment d'HIPPOCRATE et de la
pratique médicale
<< Au moment d'être admis à exercer la médecine, je promets et
je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité...>>.
Ainsi se termine toute soutenance de thèse doctorat en médecine.
Si cet engagement est tombé en désuétude dans certaines facultés
en Europe, il demeure en Afrique le serment sans lequel aucun diplôme
de docteur en médecine ne saurait être délivré. C'est un moment
solennel, une déclaration sans valeur juridique qui a cependant
inspiré les codes de déontologie de médecine dans tous les pays.
Le moment demeure solennel dans nos mémoires. les mots par contre
serait-on tenté de dire, vite oubliés. Pour cause les nombreux excès,
l'indifférence, les intérêts matériels qui sacrifient des milliers
de vies humaines. Nous promettons de soulager la souffrance humaine.
Cette promesse, face à nos conditions de vie et d'exercice difficiles,
tous les acteurs de la santé doivent uvrer ensemble pour la
tenir.
Mais on retrouve souvent une inversion des rôles que ne sauraient
expliquer les difficultés existentielles. L'on découvre des médecins
détenant dans leurs cabinets des médicaments, échantillons médicaux
ou dons, qu'ils prescrivent et revendent à leurs patients... Des
pharmaciens s'engagent sur des pathologies qui nécessitent absolument
l'avis d'un spécialiste ... Des infirmiers s'improvisent gynécologues,
pédiatres. L'on observe même des usurpations de titres.
Les médicaments foisonnent sur les étalages de nos marchés et on
les retrouve sur la tête d'enfants criant à la volée...
Que faire devant une si tragique situation ?
Nous pouvons relire simplement Hippocrate qui donne une réponse
humaine sans flatterie, capable de satisfaire chaque homme. Tous
les principes énoncés par Hippocrate répondent au delà des siècles
aux questions essentielles qui sauvegardent la vie et la santé.
La preuve universelle de sa pensée est apportée mille ans après
par un médecin chinois. SUN SIMIAO dans son livre intitulé "Absolue
sincérité des grands médecins" soutient que " le médecin
doit d'abord être un modèle de compassion et de compréhension sans
vux ni désirs personnels. Il fait serment de mettre fin partout
à la souffrance des hommes. Si quelqu'un réclame son aide, qui souffre
horriblement d'une maladie, le médecin éminent ne demandera pas
s'il s'agit d'un noble ou d'un roturier, d'un vieux ou d'un jeune,
s'il est riche ou pauvre, beau ou laid, ami, proche ou parent, chinois
ou étranger; c'est comme si c'est lui même qui avait contracté la
maladie."
Il est urgent face au déclin des systèmes de santé dans nos pays
d'inviter les médecins au respect du serment d'Hippocrate et de
veiller à sa pérennité.
Lomé le 21 juillet 2001,
Docteur Efua Ginette Johnson
Johnson@santetropicale.com
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