Vente illicite de médicament au
TOGO : état des lieux
Nous ne finirons jamais de parler de vente illicite de médicaments.
Le fléau prend une telle ampleur qu'il devient un problème de santé
publique. Les médicaments sont le monopole de tous sauf celui du
spécialiste.
Tous les acteurs intervenant dans le domaine s'accordent sur la
nécessité d'arrêter ce fléau. A plusieurs reprises, des rencontres
ont été organisées par la direction des pharmacies entre les divers
secteurs intervenant dans le domaine du médicament.
Pour mieux cerner le problème, l'état des lieux sur le marché
illicite s'impose. Ainsi en octobre 2000, un sondage a été organisé
par la Direction des pharmacies. L'enquête menée sur toute l'étendue
du territoire a pris en compte plusieurs aspects. je vous livre
ici quelques uns des résultats de cette enquête.
Les motifs qui poussent le consommateur à s'approvisionner au marché
parallèle sont nombreux mais peuvent être ramener au manque de moyens
financiers.
Les produits rencontrés proviennent des pays voisins (Ghana, Bénin,
Nigeria), des structures de distribution agréées sur le territoire
national, des dons ...
Toutes les classes de médicaments se retrouvent sur le marché illicite
: de l'aspirine au Valium en passant par les corticoïdes aussi bien
sous forme de génériques que de spécialités. Les vendeurs sont pour
la plupart des analphabètes et les indications thérapeutiques attribuées
aux produits sont souvent erronées.
Par rapport à la qualité des produits, plus de la moitié des consommateurs
sont conscients du danger que représente le circuit illicite. A
l'issu de ce sondage, plusieurs recommandations ont été faites par
les consommateurs à l'endroit des décideurs dont certaines sont
les suivantes:
- baisser les prix et taxes sur les médicaments
- sensibiliser les vendeurs et les consommateurs sur les risques
- interdire la vente illicite de médicaments
- contrôler la qualité de ces médicaments
- approvisionner les centres de santé et les hôpitaux en médicaments
de bonne qualité et à moindre coût
- contrôle aux frontières du TOGO
- meilleure gestion des dons de médicaments
- réduire les frais de consultation dans les centres de santé et
hôpitaux
- collaborer avec les pays voisins en matière de vente illicite
de médicaments
- augmenter les points de vente licite de médicaments
- créer une commission nationale de lutte contre la vente illicite
de médicaments au TOGO.
Lomé, le 4 juillet 2002
Docteur Efua Ginette Johnson
Johnson@santetropicale.com
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