Le SIDA, grand défi pour les pays
en développement
"Le SIDA, c'est comme un tremblement de terre
où tous les jours, des gens meurent. Nous avons besoin de médicaments
abordables pour nos pays..." ainsi s'exprimait le ministre
indien de la santé lors d'une conférence de presse à Johannesburg
en Afrique du Sud.
J'ai entendu parler pour la première fois du SIDA en 1983. Au collège
c'était le Syndrome Inventé pour Décourager les Amourreux.
Depuis il a fait du chemin, beaucoup d'amis de cette époque en sont
morts.
Au Togo, selon le programme national de lutte contre le SIDA, 10827
cas ont été recensés entre 1987 et 1998 et 3,3% de la population
est estimée séropositive.
Les données publiées par l'O.M.S. et l'ONUSIDA sont alarmantes
et placent le TOGO en deuxième position dans la sous-région après
la Côte d'Ivoire.
Ce constat se justifie par un silence assourdissant quant à une
volonté politique d'asseoir une stratégie efficace et dynamique.
D'autre part la maladie dans nos milieux reste un tabou, une honte.
Moins on en parle, mieux on se porte .Certaines personnes lui trouvent
une origine mystique.
Il y a des structures de santé qui gardent le malade et son entourage
dans l'ignorance, évoquant les maladies opportunistes jusqu'à ce
que la mort survienne.
Le préservatif n'a pas plus de succès, selon que l'on ne saurait
"déguster un bonbon avec son emballage" ou que le préservatif lui
même serait contaminé ...
Le ministère de la santé a organisé récemment avec l'ONUSIDA un
atelier de formation pour les journalistes sur les stratégies nationales
de lutte contre le VIH/SIDA IST afin de cibler les meilleures actions
pour réduire la pandémie.
Les choix ont été opérés par rapport aux résultats des expériences
précédentes et portent sur la communication, le marketing social
des préservatifs et la prise en charge des personnes infectées.
En effet les structures adéquates pour prendre en charge les malades
font cruellement défaut et la pratique n'est pas de mise.
Quelques structures d'entraide existent sous forme communautaire
et prennent en charge les traitements des maladies opportunistes.
Les antirétroviraux bien qu'existant sous nom générique restent
encore hors de portée de nos bourses.
Certains pays de la sous-région sont en contact avec des groupes
pharmaceutiques pour la fabrication de génériques accessibles financièrement
pour toutes les bourses.
Au Sénégal, des tractations avec les autorités de tutelle auraient
amené les pharmaciens à renoncer à toute marge sur ces médicaments.
Au Togo, le constat est amer. Le SIDA monopolise très peu de gens.
Le SIDA est l'affaire des autres.
Nous devons nous engager plus activement dans la lutte.
Une prise en charge, des produits à moindre coût, et l'information,
la communication pour nos populations, sont des stratégies qui doivent
nous mobiliser davantage.
Nous sommes tous exposés à la contamination.
Le SIDA n'est inscrit dans le destin de personne, c'est un problème
d'ignorance et de comportement, c'est notre affaire à tous.
Lomé le 23 août 2001,
Docteur Efua Ginette Johnson
Johnson@santetropicale.com
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