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Journal africain de chirurgie digestive - N°2 - 2ème semestre 2005

Fondé en 2001 par la Sociéte Bénino-Togolaise de Chirugie Digestive
Edité par la sociéte d'édition de l'Association Bénino-Togolaise de Chirurgie Digestive

Société bénino-togolaise de chirurgie digestive

Directeurs scientifiques : Denis K. James, Nazaire Padonou

Rédacteur en chef : Hubert A. Tekou

Rédacteur en chef adjoint : Agossou-Voyeme AK.

Secrétariat et Service abonnements :
BP 8877 - Lomé - Togo
Téléphone (228) 222 48 94
E-mail : hatekouu@syfed.tg.refer.org

Au sommaire de ce numéro

Volvulus de la rate chez l’enfant : Une étiologie inhabituelle de masse douloureuse de la fosse iliaque droite
E. BANDRE, A. WANDAOGO , S.S. TRAORE, B. KIRAKOYA

Les pathologies du canal péritonéo – vaginal chez l’enfant au CHU Tokoin de Lomé
K. GNASSINGBE, G. K. AKAKPO-NUMADO, K. ATTIPOU, H. TEKOU

Péritonites du prématuré et du nouveau né - prise en charge et pronostic en hopital prive à Abidjan
S. da SILVA-ANOMA, A. G. DIETH, Y. BROUH C., AGUEHOUNDE

Les complications post-opératoires des malformations ano-rectales au CHU de Treichville
R. BANKOLE-SANNI, R. NANDIOLO-ANELONE, E. YEBOUET, D. COULIBALY TOURE, L. Y. AKE, L T VODI, L. M. MOBIOT

Les faux abdomens aigus chirurgicaux chez l’enfant drépanocytaire
K.G. AKAKPO-NUMADO, K. GNASSINGBE, K. ATTIPOU, K.M. GUEDE, A. M BOUME, H. TEKOU

Les cancers colo-rectaux chez l’enfant et l’adolescent
M. ZIDA M , SS. TRAORE, AK. SERME, GP BONKOUNGOU


 Volvulus de la rate chez l’enfant : Une étiologie inhabituelle de masse douloureuse de la fosse iliaque droite

E. BANDRE, A. WANDAOGO , S.S. TRAORE, B. KIRAKOYA
J Afr Chir Digest 2005; Vol 5, N°2: 445–448

Résumé

La rate « baladeuse » ou rate « voyageuse » est une entité rarement diagnostiquée chez l’enfant. Il s’agit d’une rate localisée en dehors du quadrant supérieur gauche de l’abdomen par défaut de fixités anatomiques avec les organes avoisinants, posant des problèmes diagnostiques. Nous rapportons un cas de volvulus du pédicule splénique sur rate baladeuse simulant une appendicite compliquée ou une torsion d’annexe droite survenue chez une fillette de 13 ans. L’intervention chirurgicale a permis de retrouver une volumineuse rate ischémiée sans aucune attache avec les organes voisins et un volvulus à trois tours de spire du pédicule splénique. La persistance de l’ischémie après la détorsion a conduit à une splénectomie puis prescription d’une antibioprophylaxie au long cours à base de pénicilline.


Mots-clés : Rate « voyageuse » - volvulus – diagnostic– splénectomie- enfant


 Les pathologies du canal peritoneo – vaginal chez l’enfant au CHU Tokoin de Lomé

K. GNASSINGBE, G. K. AKAKPO-NUMADO, K. ATTIPOU, H. TEKOU
J Afr Chir Digest 2005; Vol 5, N° 2: 449-455

Résumé

Objectifs : Relever les aspects épidémiologiques, diagnostiques et thérapeutiques des pathologies du canal péritonéo vaginal (CPV) de l’enfant.

Patients et méthode : Cette étude rétrospective s’est déroulée sur une période de 5 ans (de janvier 2000 à décembre 2004). Elle a porté sur les dossiers d’enfants de moins de 15 ans reçus et traités dans le service de chirurgie pédiatrique pour une grosse bourse en rapport avec une pathologie du CPV.

Résultats : Les pathologies du CPV ont représenté 20% des consultations dans notre service. Leur fréquence annuelle a été de 384.
Les garçons étaient les plus représentés avec 98,49% contre 1,51% de filles.
Les hernies inguinales et inguino scrotale étaient les plus fréquentes des pathologies du CPV du garçon (63,18). Chez la fille la pathologie du CPV a été retrouvée sous forme de hernie inguinale dans 1,51%.

Le diagnostic de pathologie du CPV avait été fait soit par la sage femme, soit par les parents ou lors d’un étranglement ou d’engouement herniaire (0,88%).
Deux cents quatre vingt- six enfants (286) ont vu leur CPV se résorber avant 1an.Mille six cents trente quatre patients (85,10%) présentant une pathologie du CPV ont été opérés. Deux cas d’étranglement herniaire (15,38%) avaient bénéficié d’une intervention chirurgicale d’emblée. Pour les autres cas (11; 84,62%), nous avons procédé à une réduction manuelle et avons opéré après un délai supérieur ou égal à 8 jours.

La technique opératoire utilisée a été une simple fermeture du CPV pour les hernies inguino scrotales ou inguinales et les hydrocèles et d’une kystectomie avec fermeture d’un éventuel canal persistant dans les kystes du cordon spermatique.
Les suites opératoires immédiates ont été marquées par un hématome de la bourse chez 155 garçons (9,66%).

Conclusion : Les pathologies du CPV sont très fréquentes dans nos milieux et elles sont bénignes. Elles peuvent se compliquer et engager le pronostic vital des patients d’où la nécessité d’un diagnostic et d’une prise en charge précoce.


Mots clés : Pathologie du canal péritonéo vaginal, hernie, hydrocèle, kyste du cordon spermatique, enfants.

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 Péritonites du prématuré et du nouveau né - prise en charge et pronostic en hôpital privé à Abidjan

S. da SILVA-ANOMA, A. G. DIETH, Y. BROUH C., AGUEHOUNDE
J Afr Chir Digest 2005; Vol 5, N° 2: 456-462

Résumé

But : Le pronostic des péritonites néo-natales est sévère. Et les modalités de prise en charge sont encore à l’origine de nombreuses discussions. Aussi la prévention et le dépistage précoce sont-ils des éléments majeurs d’amélioration du pronostic.
Notre expérience de ces péritonites chez le prématuré et le nouveau-né à terme est très pauvre en hôpital public, peut être en raison d’un sous diagnostic. Aussi, l’objectif de ce travail est-il de déterminer le pronostic des péritonites néo- natales en hôpital privé et d’en discuter les modalités thérapeutiques.

Méthode : 22 dossiers de nouveaux-nés atteints de péritonite entre 1987 et 2005 ont été revus. Les données suivantes ont été retenues : poids de naissance, âge gestationnel, sexe, facteurs de risque, date des premiers symptômes cliniques méthodes de traitement, résultats, complications.

Résultats : Il s’agissait de 06 filles et 16 garçons. 17 étaient prématurés. Le poids de naissance médian était de 1435 grammes et l’âge gestationnel médian de 33 semaines. 10 avaient présenté une souffrance fœtale et 09 avaient été réanimés à la naissance. Dans 19 cas une entérite ulcéro-nécrosante avait été identifiée ; 02 péritonites primitives et 01 perforation gastrique ont constitué les autres étiologies. 19 patients ont été opérés en urgence : (iléostomie dans 18 cas, suture gastrique dans un cas) et 35 % (07) sont décédés. Chez 2 patients, l’évolution a été favorable sous traitement médical exclusif. 01 est décédé avant la chirurgie. La mortalité de cette série est donc de 36,36 % (08 cas).

Conclusion : La chirurgie et l’anesthésie du nouveau-né et du prématuré sont des techniques de pointe non accessibles partout dans nos pays d’Afrique noire francophone. D’où l’importance de la prévention de l’entérite ulcéro-nécrosante, principale pourvoyeuse de péritonite néo-natale dans cette série et de l’utilisation de méthodes chirurgicales moins agressives telle la ponction-exsufflation péritonéale dans les perforations isolées vues tôt.

Mots clefs : entérocolite ulcéro nécrosante, péritonite, nouveau-né, prématuré, pronostic, traitement

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 Les complications post-opératoires des malformations ano-rectales au CHU de Treichville

R. BANKOLE-SANNI, R. NANDIOLO-ANELONE, E. YEBOUET, D. COULIBALY TOURE, L. Y. AKE, L T VODI, L. M. MOBIOT
J Afr Chir Digest 2005; Vol 5, N°2: 463-469

Résumé

Objectif : Le but de ce travail est d’analyser les complications observées après le traitement chirurgical des malformations ano-rectales.

Matériel et méthodes : De 1983 à 2000, nous avons pris en charge 263 patients ayant des malformations ano-rectales ; 141 étaient de sexe masculin, et 122 de sexe féminin.
Les formes basses représentaient 172 cas, les formes hautes et intermédiaires représentaient 88 cas et les cloaques 3 cas.
Dans les formes basses, nous avons réalisé des proctoplasties avec dissection de la fistule ou par cut back. Pour les formes hautes et intermédiaires, nous avons effectué l’abaissement rectal selon Stephen Douglas dans 35 cas, selon Peña dans 36 cas et 8 abaissements abdomino-périnéaux.

Résultats : La morbidité totale était de 14,34 %. Nous avons observé dans les formes hautes ou intermédiaires un taux de morbidité de 22,78 % (après
colostomie 7 cas de prolapsus de la stomie, 2 cas de suppuration autour de la stomie et 1 cas
d’éventration, et après abaissement rectal une sténose uréthrale, une fistule uréthrale et une incontinence sévère des selles).

Dans les formes basses la morbidité était de 10,30 % (béance anale, lâchage de suture, prolapsus muqueux, bride anale, rétrécissement anal).
La mortalité globale était de 8,37%. La mortalité était de 16,48% dans les formes hautes et de 4,07 % dans les formes basses.

Dix-huit malades ont été revus après l’âge de 5ans pour l’appréciation de la continence. Sur 10 patients revus dans les formes hautes, 7 avaient un bon résultat, et dans les formes basses sur 8 patients, les résultats étaient bons dans 7 cas.

Conclusion : Des complications graves peuvent émailler le traitement chirurgical des malformations anorectales hautes. La mortalité était plus élevée dans les formes hautes que dans les formes basses de même que la morbidité. Malgré le nombre limité de malades revus à long terme, la continence est meilleure dans les formes basses par rapport aux formes hautes.

Mots clés : Malformations ano-rectales – Complications post opératoires – Enfants

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 Les faux abdomens aigus chirurgicaux chez l’enfant drépanocytaire

K.G. AKAKPO-NUMADO, K. GNASSINGBE, K. ATTIPOU, K.M. GUEDE, A. M BOUME, H. TEKOU
J Afr Chir Digest 2005; Vol 5, N°2: 470-476

Résumé

Introduction : Le drépanocytaire peut présenter des douleurs abdominales (crises vaso-occlusives), complication de la drépanocytose (de traitement médical), mais aussi des douleurs abdominales, symptôme d’une affection chirurgicale. Il se pose un problème de diagnostic différentiel lorsque les crises vaso-occlusives abdominales prennent une allure chirurgicale.
Nous avons effectué cette étude dans le but d’identifier les éléments cliniques et paracliniques permettant de distinguer les vrais des faux abdomens aigus chirurgicaux (FAAC) chez les enfants drépanocytaires, dans le but de leur éviter les « laparotomies blanches ».

Patients et méthodes : Il s’est agi d’une étude rétrospective sur une période de 19 ans (1987 à 2005) ; elle a porté sur les dossiers d’enfants drépanocytaires (AS, SS, SC), hospitalisés pour abdomen aigu chirurgical ayant conduit à une laparotomie blanche.
Les données épidémiologiques, cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutives ont été étudiées.

Résultats : De janvier 1987 à décembre 2005, 3 enfants drépanocytaires ont eu une laparotomie blanche. Dans la même période, 206 enfants ont été hospitalisés pour complications chirurgicales de la drépanocytose, et 18 enfants drépanocytaires ont eu des laparotomies pour abdomens aigus y compris les 3 FAAC
Les FAAC ont donc représenté 1,46% des complications chirurgicales de la drépanocytose et 16,67% des abdomens aigus chirurgicaux du drépanocytaire. Il s’agissait de 3 garçons âgés de 12, 14 et 15 ans, et de phénotype respectif SS, SS et SC. Tous avaient présenté un syndrome d’irritation péritonéal dans un contexte fébrile, associé à une pneumopathie dans un cas et à une ostéomyélite aiguë de l’extrémité inférieure du fémur droit dans un cas. Ils avaient tous une anémie, une hyperleucocytose et une vitesse de sédimentation accélérée. Les radiographies de l’abdomen sans préparation étaient sans anomalie dans deux cas et montraient quelques niveaux hydroaériques sur le grêle dans l’autre cas. Un seul a bénéficié d’une échographie qui était normale. Tous ont eu une laparotomie qui était blanche avec des suites simples, et une absence de complications secondaires ou tardives avec des reculs de 9, 12 et 19 ans.

Conclusion : La prise en charge des douleurs abdominales d’allure chirurgicale chez le drépanocytaire doit être multidisciplinaire faisant intervenir pédiatre, chirurgien-pédiatre et anesthésiste. Elle doit se baser sur un examen clinique minutieux, aidé par des échographies abdominales et un scanner abdominal au besoin. La surveillance doit être régulière, clinique et paraclinique. Ainsi, lorsqu’une décision chirurgicale sera prise, elle n’aboutira pas à une laparotomie


Mots clés : Drépanocytose - Douleur abdominale aiguë – laparotomie - Enfant


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 Les cancers colo-rectaux chez l’enfant et l’adolescent

M. ZIDA M , SS. TRAORE, AK. SERME, GP BONKOUNGOU
J Afr Chir Digest 2005; Vol 5, N°2: 477-482

Résumé

But : Déterminer les aspects épidémiologiques et cliniques des cancers colo rectaux chez l’enfant et l’adolescent et rapporter nos résultats thérapeutiques.

Matériels et Méthodes : Il s’est agi d’une étude rétrospective, portant sur les cas de cancers colo-rectaux, chez l’enfant et l’adolescent de moins de 20 ans, au Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouedraogo de Ouagadougou au Burkina FASO CHNYO de janvier 1995 à décembre 2004.
Pour chaque patient, les éléments suivants ont été pris en compte : l’identité du patient, le sexe , l’age , la provenance, les conditions sociales, les circonstances de découverte, le protocole opératoire , les résultats de l’examen anatomopathologique, les complications post-opératoires.

Résultats : Sept cas de cancers colo-rectaux ont été recensés en dix ans au CHNYO. Les auteurs ont noté la rareté de l’affection chez l’enfant et l’adolescent : 1 % des cancers colo-rectaux et 0,4 % des tumeurs malignes histologiquement confirmées.
Ils soulignent une légère prédominance du sexe masculin (4 garçons pour 3 filles), la localisation au niveau du rectum (5 cas sur 7), de l’adénocarcinome lieberkühnien (4 cas sur 7) et l’importance des occlusions révélatrices (7 cas sur 7).
Ils soulignent la gravité des cancers colo-rectaux chez l’enfant et l’adolescent : une durée moyenne de survie de 28 mois et un taux global de survie à 5 ans de 40 %. Ils insistent sur l’importance du toucher rectal au cours de l’examen physique.


Conclusion : Les cancers colo-rectaux chez l’enfant et l’adolescent sont rares et graves au CHNYO.
Le diagnostic est tardif et le traitement chirurgical palliatif.

Mots clés : Cancers colo rectaux – Enfants – Occlusions intestinales aiguës

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