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Dr Haneesh Domah : «L’anosmie mérite mieux que la résignation»

03/03/2026 - L'Express - Maurice

Longtemps reléguée au rang de «petit symptôme», la perte de l’odorat ou l’anosmie s’est imposée comme un sujet de santé publique et de qualité de vie depuis la pandémie du Covid-19. Pourtant, l’anosmie est souvent banalisée par les malades, surtout après un rhume. Les chiffres mondiaux rappellent l’ampleur du phénomène : chez les adultes de 40 ans et plus, environ une personne sur huit présente une altération mesurable de l’odorat, et près de 3 % vivent avec une anosmie ou une diminution de l’odorat (hyposmie). On fait le point avec le Dr Haneesh Domah, oto-rhino-laryngologiste.

«L’anosmie», explique le Dr Haneesh Domah, « c’est l’absence d’odorat. L’hyposmie, c’est une diminution de l’odorat. Et la parosmie, c’est sentir autrement, souvent de manière désagréable ». La parosmie peut, par exemple, transformer un café en odeur de brûlé ou un parfum en relents chimiques. On parle aussi de perceptions olfactives fantômes (phantosmie), que des enquêtes rapportent chez environ 6,5 % des Américains de plus de 40 ans.

La majorité des troubles de l’odorat viennent d’affections sino-nasales – polypes, rhinite allergique, rhino-sinusite chronique – et d’infections respiratoires. Puis, viennent les traumatismes crâniens, certaines maladies neurologiques, et des causes médicamenteuses ou toxiques comme la consommation de tabac, de cocaïne.

Il a beaucoup été question de perte d’odorat et de goût durant les premières vagues du Covid-19. La situation a-t-elle changé ? Le Dr Domah répond en deux temps. La perte de l’odorat pendant une infection virale aiguë est classique. «Dans un rhume, l’odorat baisse souvent parce que la muqueuse est enflammée et que l’air passe mal vers la zone olfactive.» Mais le Covid-19 a mis en lumière une perte parfois brutale de l’odorat, «du jour au lendemain», parfois sans nez bouché, et qui s’est parfois prolongée. « De nos jours, et avec les variants récents, on voit moins ce tableau », observe-t-il.

Sur la durée, le Dr Domah se veut à la fois rassurant et réaliste. «La majorité récupère mais pas tous au même rythme.» Un suivi sur six mois a montré une récupération complète déclarée par 81 % des malades, avec une récupération rapide au cours des premières semaines, puis plus lente ensuite. D’autres travaux des débuts de la pandémie, en Italie, observaient qu’après quatre semaines d’infection, près de la moitié des patients rapportaient une résolution complète, et environ quatre sur dix une amélioration, laissant un sur dix patients sans amélioration ou pire à ce stade.

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