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Burkina FasoPénurie de sang : Cette grève qui anémie nos hôpitaux

L'Observateur | Burkina Faso | 16/07/2019 | Lire l'article original

Comme à chaque hivernage, les besoins en sang dans nos formations sanitaires ont augmenté avec la recrudescence des cas de paludisme qui entraînent très souvent des anémies et donc un besoin en transfusion sanguine. En pareille période, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), structure de collecte et de traitement du liquide précieux, croule sous le poids de la demande (120 à 150 par jour à Ouagadougou).

Mais cette année, la situation est davantage préoccupante, car au besoin énorme s'ajoute le boycott depuis plus d'un mois des activités médicales par les agents de santé qui refusent de se rendre sur les sites mobiles de collecte du sang pour son prélèvement. Conséquence : même si des volontaires pour donner leur sang existent, les préleveurs font défaut, et ce sont les malades qui en périssent. La désolation est totale. Constat

En cette fraîche matinée du mardi 16 juillet, favorable au don de sang, vers 9h, une vingtaine de donneurs accomplissent les formalités au Centre régional de transfusion sanguine de Ouagadougou (CRTS-O), sis au quartier Paspanga, non loin de l'hopital Yalgado, en vue de poser l'acte qui sauve des vies. L'élément diffusé sur la chaîne de la télévision nationale dimanche sur le manque crucial de sang dans nos formations sanitaires et invitant les populations à se rendre sur les centres fixes de collecte semble avoir touché des consciences.

C'est en tout cas ce que nous a confié Elodie Ouédraogo, étudiante en médecine, allongée sur un des lits de prélèvement du CRTS-O, accomplissant l'acte, avec un air de satisfaction. "Le don de sang est très important. En tant qu'étudiante en médecine, je fais régulièrement face à la galère des parents de malades pour trouver du sang. Et dernièrement j'ai vu à la télé qu'il y a un manque de sang en ce moment. C'est surtout cela qui m'a encouragée à venir ce matin accomplir l'acte. J'encourage tout un chacun à faire le geste, car un jour nous pouvons aussi être dans le besoin. On donne pour recevoir", a dit celle-ci qui n'est pas à son premier don.

Son voisin de lit, Souleymane Tapsoba, la trentaine, lui, est à son premier don. Il a aussi entendu parler du manque de sang et a ainsi voulu contribuer à sauver les malades. "C'est la première fois que je viens et je me suis rendu compte que ce n'est pas du tout compliqué. Je pense que je vais prendre l'habitude de donner mon sang. Et j'invite l'ensemble la population à le faire aussi, car ça peut sauver des vies", a-t-il confié.

C'est en tout cas de ce genre de personnes motivées et qui motivent que le CRTS-O a besoin en ce moment ; lui qui croule sous le poids de la demande de sang, mais est confronté à des difficultés de collecte. A en croire la directrice du Centre régional de transfusion sanguine de Ouagadougou, Natacha Gwladys Koala, en temps normal, ce n'était déjà pas facile en cette période, et quand s'y ajoute la grève des agents de santé, c'est la catastrophe.

"Actuellement nous avons des difficultés à avoir des donneurs en nombre suffisant pour satisfaire la demande. Il y a le mouvement d'humeur des agents de santé, ce qui fait qu'on n'arrive pas à faire des collectes hors de nos sites fixes. Pourtant notre stratégie consiste à organiser des collectes mobiles qui nous permettent d'avoir 70% de nos poches contre 30% sur nos sites fixes au sein de nos services.

Compte tenu de la situation actuelle, on n'arrive pas à mener ces collectes mobiles, ce qui fait qu'on n'a pas assez de poches de sang pour satisfaire les besoins, qui sont multipliés par trois, voire quatre, au cours de l'hivernage. C'est dire que d'un besoin de l'ordre de 80 poches par jour pour la zone de Ouagadougou, nous nous retrouvons avec des demandes de 120 à 150 par jour. Alors que ce que nous recevons sur le site fixe, c'est 50 à 60 poches / jour", a-t-elle expliqué.

Et d'ajouter que c'est le CNTS qui approvisionne les formations sanitaires (publiques et privées) de la zone de Ouagadougou, ainsi que les établissements de santé environnants comme ceux de Manga, de Ziniaré et de Zorgho. C'est pourquoi, elle n'a pas manqué de lancer un appel aux éventuels donneurs à faire le déplacement sur les sites fixes, qui sont ceux de Paspanga (ouvert de 7h30 à 17h) et de Tengandogo (ouvert de 8h à 14h).

Pour se convaincre de l'urgence de la situation, il suffit de faire quelques pas en avant : la banque de sang de l'hôpital Yalgado. Aux environs de 10h, une vingtaine de petites glacières sur lesquelles sont inscrites les mentions "Dialyse", "Maternité" ou "Pédiatrie" sont alignées devant la porte en attente du précieux liquide. Point de sang pour l'instant. Il faudra patienter jusqu'à 15h, heure à laquelle le CNTS de Tengandogo doit faire une livraison. Y en aura-t-il pour tous? Pas sûr ! " Ça dépendra de la quantité que nous enverra le Cnts, nous indique une des responsables du site de distribution de sang, Madame Banzem, relevant que la situation est ainsi angoissante depuis quelque temps. Mais fort heureusement, nous disposons de Plasma frais congelé (PFC) qui peut se substituer au sang dans certains cas.

En attendant donc l'arrivage de Tengandogo, malades et parents doivent patienter, parfois des jours et des jours, sans savoir quel sera leur sort. Peuvent-ils faire autrement quand on sait que le sang est un produit qui ne se vend pas? Venu de Fada Ngourma (Est), Issaka Diala, en quête de sang du groupe O+ pour son épouse hospitalisée en service de maternité dans le même hôpital, fait le pied de grue depuis quelques jours: "On est venu une première fois et on en a eu. Il y a quatre jours, on a encore été servi. Mais depuis avant-hier, plus de chance. On nous a dit qu'il n'y a que du sang A+ et B+ alors que nous, on a besoin du groupe sanguin O+. Depuis on attend. On nous a dit que d'ici 15 heures, les poches devraient être disponibles. On va patienter jusque-là. Si on en gagne, tant mieux, si on n'en gagne pas, on va continuer d'espérer".

Même calvaire pour son voisin de banc, Moussa Maïga, venu d'Arbinda (Est), qui depuis la nuit dernière guette le liquide précieux pour sauver son fils de huit ans. "On a retiré au moins trois litres d'eau de son ventre et il allait mieux. Mais par la suite son cas s'est aggravé, et il a été conduit aux urgences. C'est là-bas qu'on réclame le sang pour le transfuser. Je suis venu la nuit et il n'y en avait pas. Je suis donc revenu ce matin, et depuis on attend", a-t-il expliqué, terminant par un soupir.

Quel sera le sort de ces malades si le sang n'arrive pas à temps ? Impossible de le dire, car, comme on le dit, Dieu seul donne la vie et lui seul peut la reprendre. Mais on sait aussi qu'aucun médicament ne peut remplacer le sang. Et des malades ont déjà payé au prix fort ce manque. C'est le cas de cet enfant décédé à l'hôpital pédiatrique Charles de Gaules et dont le reportage sur la RTB a fait état. Partie faire le constat de la situation déplorable dans cet hôpital des enfants, nous n'aurons pas accès au service, faute d'autorisation de reportage.

Encadré

"Nous mobilisons les donneurs, mais il n'y a pas de préleveurs"

(Jean Bosco Zoundi, président de SOS sang)

Selon le président national de l'association SOS sang, Jean Bosco Zoundi, que nous avons rencontré plus tard au siège de sa structure, une des leaders de la promotion du don de sang au Burkina, sise au quartier Sanyiri, ce n'est pas la volonté de collecte du sang qui manque, mais la grève des agents de santé qui handicape sérieusement le travail. Car, partenaire du CNTS, cette association peut, en une collecte, donner une cinquantaine de poches de sang.

"Depuis le 7 juin les agents de santé ont lancé leur mot d'ordre de boycott des activités médicales, et cela touche la transfusion sanguine. Pourtant, chaque année, c'est à cette période que nous nous préparons à faire le tour des différents services publics et privés pour sensibiliser la population à donner le sang. Ainsi, on avait prévu, entre juin et juillet, de faire 75 séances de collecte auprès de différentes structures qui y ont répondu favorablement.

Mais tout cela est tombé à l'eau. Pour pallier la situation, au début, on partait dans les camps militaires, au niveau de la gendarmerie et de la police pour convoyer les éléments sur les sites fixes pour le prélèvement. Mais, depuis la semaine dernière, on a épuisé nos réserves. On est même aussi allé dans les grins de thé pour demander leur contribution mais on a vite constaté qu'il n'y a pas d'engouement pour cela. Maintenant, on regarde du côté de la société civile, car, il ne faut pas se voiler la face, des gens meurent actuellement par manque de sang.

Dans les hôpitaux, les interventions chirurgicales sont suspendues vu qu'il n'y a pas de sang. Nous demandons donc aux populations, celles qui sont en bonne santé, d'aller au CNTS. C'est la seule alternative qui nous reste, le centre ne pouvant même plus utiliser les véhicules de l'Etat pour convoyer les donneurs sur le site. S'il le fait, les agents refusent de prélever le liquide vital parce que, disent-ils, ce n'est plus du don bénévole".

Par Alima Séogo née Koanda

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