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Les antibiotiques font la résistance : les médecins camerounais et l’Oms préoccupés par la situation - 13/04/2011 - Mutations - CamerounEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Le 7 avril dernier, l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) a fait de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens le thème de la Journée mondiale de la santé 2011. Ce jour là, la directrice de l’organisation, Dr Margaret Chan, a, dans sa lettre, appelé à une action internationale concertée pour stopper la propagation de la résistance aux antimicrobiens. Elle a aussi recommandé aux gouvernements une politique en six points. «Le monde est sur le point de perdre ces médicaments miracles», a-t-elle lancé à cette occasion, en référence aux antibiotiques.

Avant de poursuivre : «Si l’on ne prend pas d’urgence des mesures correctrices et protectrices, nous irons vers une ère post-antibiotiques au cours de laquelle de nombreuses infections courantes ne pourront plus être soignées et recommenceront à tuer».

L’Oms a en effet appelé les principales parties prenantes, y compris les décideurs et les planificateurs, le grand public et les patients, les praticiens et les prescripteurs, les pharmaciens et les dispensateurs, ainsi que l’industrie pharmaceutique, à agir et à prendre leurs responsabilités pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens. Selon le Dr Jacques Manga en service aux urgences de l’hôpital de district de la Cité-Verte, il est important de se rappeler que «la résistance antimicrobienne n'est pas un problème nouveau, sauf qu’il devient de plus en plus préoccupant ». D’autant que, affirme ce médecin, «nous dépendons aujourd’hui des antibiotiques et des antimicrobiens qui permettent de traiter des maladies qui, il y a quelques décennies, ou même quelques années encore dans le cas du Vih/sida, étaient mortelles. Mais, sous l’effet de la pharmaco-résistance, ces médicaments peuvent devenir inefficaces».

Protocoles de traitement

Dans le même temps, l’Oms a enregistré en 2010 près de 440.000 nouveaux cas de tuberculose multi-résistante, qui chaque année entraînent au moins 150.000 décès. Cette multi-résistance compromet l’efficacité du traitement, car les patients restent contagieux plus longtemps, risquant ainsi de propager des gènes résistants à d’autres. La tuberculose ultra-résistante a été signalée à ce jour dans 64 pays.

Ainsi donc, la résistance aux antimicrobiens (Ram) qui apparaît quand des organismes comme des bactéries, des virus, des champignons et des parasites changent de telle façon que les médicaments utilisés pour guérir les infections qu’ils causent perdent leur efficacité, et sa propagation, menacent l’efficacité de nombreux médicaments utilisés aujourd’hui pour traiter les maladies infectieuses. Au Cameroun, cette résistance inquiète davantage selon le Dr Manga dans le cas du traitement de l’infection à VIH notamment. Ceci, explique-t-il, «suite à l’élargissement rapide de l’accès aux médicaments antirétroviraux ces dernières années».

A l’Oms, des enquêtes nationales ont été commandées dans les différentes représentations nationales pour détecter et surveiller la résistance. Dans le cas du paludisme par exemple, la résistance à la précédente génération d’antipaludéens tels que la chloroquine et la sulfadoxine-pyriméthamine et l’amodiaquine est très répandue dans la plupart des pays d’endémie et a conduit au changement des différents protocoles de traitement au plan local.

Depuis dix ans, un nouveau groupe d'antipaludiques - les dérivés de l'artémisinine, en particulier l'artésunate, l'artéméther et la dihydroartémisinine - est de plus en plus utilisé. En Asie du sud-est, on a vu émerger des hématozoaires responsables du paludisme à falciparum résistants aux artémisinines, pour lesquels les infections sont désormais éliminées plus lentement après le début du traitement, présentant ainsi des signes de résistance.

Alors que l’Oms appelle les membres du corps médical à réduire la prescription des antimicrobiens, le Dr Efouba, urologue à l’Hôpital central de Yaoundé, affirme pour sa part que : «La résistance aux antimicrobiens est une conséquence de l’utilisation, et surtout de la mauvaise utilisation des antimicrobiens. Par exemple, ceci est souvent le fait de ce que les patients ne prennent pas l’intégralité du traitement antimicrobien prescrit, ou lorsque des antimicrobiens de mauvaise qualité sont utilisés, des germes résistants peuvent émerger et se propager».

Dans ce cas, il peut, affirme-t-il, arriver que ces infections provoquées par des micro-organismes résistants ne répondent plus au traitement classique, ce qui se traduit par une maladie prolongée et un risque de mortalité accrue. Une autre incidence due à cette situation est l’incidence financière car, lorsque les infections deviennent résistantes aux médicaments de première intention, des traitements plus coûteux doivent être utilisés. Une plus longue durée de la maladie et du traitement, souvent dans le cadre d’une hospitalisation, accroît également les dépenses de santé et la charge financière pour les familles et la société.

Dorine Ekwè

Pour comprendre

Les propositions de l’Oms pour inverser la tendance

La résistance aux médicaments est un phénomène biologique naturel à travers lequel les germes acquièrent une résistance aux médicaments censés les éliminer. Pour contrecarrer cette avancée, l’Oms publie un ensemble de dispositions qui définit les mesures que les gouvernements et leurs partenaires nationaux doivent prendre pour lutter contre la résistance aux médicaments. Elles sont les suivantes :

  • élaborer et mettre en ?uvre un plan national complet doté d’un financement ;
  • renforcer la surveillance et les moyens de laboratoire ;
  • assurer un accès ininterrompu aux médicaments essentiels de qualité vérifiée;
  • réglementer et promouvoir l’usage rationnel des médicaments ;
  • renforcer la prévention des infections et la lutte contre celles-ci ;
  • favoriser l’innovation et la recherche ainsi que la mise au point de nouveaux outils.

L'Oms insiste également sur la nécessaire implication de la société civile. Ainsi les médecins et les pharmaciens peuvent ne prescrire et ne délivrer que les médicaments nécessaires pour traiter le patient, plutôt que de prescrire ou de délivrer automatiquement les médicaments les plus récents ou les mieux connus. Les patients peuvent cesser d’exiger que les médecins leur prescrivent des antibiotiques alors qu’ils n’en ont pas besoin.

Source : www.who.int/fr

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