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Publications scientifiques

Publié dans Médecine d'Afrique Noire 6907 - Juillet 2022 - pages 441-449

photo_auteur Profil des conjonctivites infectieuses à l’Hôpital Régional de Garouanote

Auteurs : N. Bra’ Eyatcha Bimingo, A. Dohvoma, J. Njoya Mare, L. Bella Assumpt, C. Ebana Mvogo - Cameroun


Résumé

Introduction : Les conjonctivites infectieuses sont des affections fréquentes en consultation ophtalmologique. Le mode évolutif, le caractère contagieux et les enjeux socio-économiques et épidémiologiques surtout durant la période actuelle de crise sanitaire mondiale avec la maladie à coronavirus sont les raisons de cette étude. Le but de ce travail est de décrire le profil épidémiologique, clinique et thérapeutique des conjonctivites infectieuses au cours de la période d’étude afin d’améliorer la prise en charge.
Matériels et méthode : Cette étude rétrospective, descriptive et analytique a concerné les patients examinés entre le 1er mars 2019 et le 1er mars 2021 au service d’ophtalmologie de l’hôpital régional de Garoua au Nord du Cameroun. Etaient inclus les patients de tout âge, qui ont présenté une conjonctivite présumée d’origine infectieuse. Pour définir les causes d’infections de la conjonctive, nous nous sommes basés uniquement sur la clinique. Nous avons analysé pour chaque cas les variables suivantes : l’âge, le sexe, les symptômes, la notion de contage, la latéralité, le caractère des signes, l’étiologie et le type de traitement reçu, la classe d’antibiotiques administrés, la durée et le coût du traitement. Etaient exclus, tous les patients aux dossiers incomplets et présentant une conjonctivite non-infectieuse.
Résultats : Un total de 235 patients avait présenté une conjonctivite présumée d’origine infectieuse dont 115 (48,94%) hommes et 120 (51,06%) femmes soit une sex-ratio de 0,95. Durant cette période d’étude, on notait une incidence annuelle moyenne de 3,9%. La tranche d’âge prédominante était celle de ]0-10 ans] soit 41,70% avec un âge moyen de 13,64 ans ± 10 ans. Les personnes sans-emplois étaient les plus représentées (46,94%) et la majorité provenait de Garoua (79,57%). Les symptômes principaux étaient respectivement les sécrétions muco-purulentes ou purulentes avec agglutination les cils au réveil (60%), la rougeur oculaire (31,49%) et le larmoiement (15,74%). Les patients avaient une notion de contage familial soit 6,81% des cas. L’atteinte était bilatérale chez 194 patients (82,55%) avec un caractère aigu chez 179 patients (76,17%). L’étiologie bactérienne était la plus suspectée (88,09%). Vingt-huit patients étaient suspects de conjonctivite virale. Parmi eux, aucun n’avait réalisé le test à coronavirus en cette période de pandémie et une seule patiente avait présenté une fièvre à 38.9°C, avec un diagnostic de paludisme posé. Le traitement a été institué chez 207 patients (88,09%), fait d’un lavage oculaire et d’instillation d’un antibiotique local (32,77%). L’antibiothérapie topique à base de quinolones (34,32%) était la plus administrée dans les conjonctivites bactériennes puis venaient la rifamycine collyre et/ou pommade (21,3%). La durée moyenne de traitement était de 5,79 jours et la guérison était totale dans 60% des cas avec 34,47% de perte de vue.
Conclusion : Les conjonctivites infectieuses sont fréquentes, dominées par l’étiologie bactérienne. La recherche du diagnostic étiologique nécessite un examen bactériologique des sécrétions conjonctivales avec antibiogramme pour une prise en charge adéquate. Néanmoins nous pensons que le traitement des conjonctivites infectieuses, demeure le lavage oculaire et une bonne mesure d’hygiène des mains. Parfois dans les cas sévères et récidivants l’ajout d’un antibiotique local seul à large spectre d’action et à courte durée d’action serait indispensable au traitement. L’absence de recherche étiologique approprié dans notre contexte, rend difficile la systématisation de la prise en charge de cette pathologie.

Summary
Profile of infectious conjunctivitis at Garoua Regional Hospital

Introduction: Infectious conjunctivitis is a frequent condition in ophthalmology consultations. The evolutionary mode, the contagious character and the socio-economic and epidemiological stakes especially during the current period of world health crisis with the coronavirus disease are the reasons for this study. The aim of this work is to describe the epidemiological, clinical and therapeutic profile of infectious conjunctivitis during the study period in order to improve management.
Materials and methods: This retrospective, descriptive and analytical study concerned patients examined between March 1st, 2019, and March 1st, 2021, in the ophthalmology department of the regional hospital of Garoua in northern Cameroon. Patients of all ages who presented with conjunctivitis suspected of infectious origin were included. To define the causes of conjunctival infections, we relied solely on clinical findings. The following variables were analyzed for each case: age, sex, symptoms, contact, laterality, character of signs, aetiology and type of treatment received, class of antibiotics administered, duration and cost of treatment. All patients with incomplete records and non-infectious conjunctivitis were excluded.
Results: A total of 235 patients presented with conjunctivitis presumed to be of infectious origin, of whom 115 (48.94%) were men and 120 (51.06%) were women, giving a sex ratio of 0.95. During this study period, the average annual incidence was 3.9%. The predominant age group was [0-10 years], i.e. 41.70% with an average age of 13.64 ± 10 years. Unemployed people were the most represented (46.94%) and the majority came from Garoua (79.57%). The main symptoms were respectively mucopurulent or purulent secretions with agglutination of the eyelashes on awakening (60%), ocular redness (31.49%) and lacrimation (15.74%). The patients had a family history of infection (6.81% of cases). Involvement was bilateral in 194 patients (82.55%) with an acute nature in 179 patients (76.17%). Bacterial etiology was the most suspected (88.09%). Twenty-eight patients were suspected of viral conjunctivitis. Of these, none had performed a coronavirus test during the pandemic period and only one patient had presented with a fever of 38.9°C, with a diagnosis of malaria. Treatment was instituted in 207 patients (88.09%), consisting of eye wash and topical antibiotic instillation (32.77%). Topical antibiotics based on quinolones (34.32%) were the most commonly used in bacterial conjunctivitis, followed by rifamycin eye drops and/or ointment (21.3%). The average duration of treatment was 5.79 days and total recovery was achieved in 60% of cases with 34.47% loss of vision.
Conclusion: Infectious conjunctivitis is common, dominated by bacterial etiology. The search for an etiological diagnosis requires a bacteriological examination of conjunctival secretions with an antibiogram for adequate management. Nevertheless, we believe that the treatment of infectious conjunctivitis remains eyewash and good hand hygiene. Sometimes in severe and recurrent cases the addition of a local antibiotic alone with a broad spectrum of action and short duration of action would be essential to the treatment. The absence of appropriate etiological research in our context makes it difficult to systematize the management of this condition.

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