| Processus de
spécialisations dans le domaine de la santé

Le haut niveau de spécialisation qui caractérise
la médecine contemporaine apparaît comme la résultante
d'un processus de différentiation des activités médicales,
engagé depuis plusieurs siècles et qui ne cesse de
s'approfondir. Le nombre des spécialités augmente
régulièrement et les plus anciennes ont à leur
tour tendance à se diviser en sous-spécialités,
circonscrivant des objets de plus en plus étroits tout en
faisant appel à des compétences de plus en plus spécifiques.
Le processus de spécialisation de la médecine clinique
découle de quelle(s) logique(s) ?
Pour Mr Patrice Pinell «Champ médical
et processus de spécialisation», ce processus pourrait
s’articuler autour de quatre présupposés «théoriques».
1) La spécialisation est un processus de division du champ
médical en sous-espaces de pratiques susceptibles au départ
de revêtir des formes variées et aboutissant ou non
à la constitution d'une spécialité instituée
et reconnue comme légitime par les institutions dominant
le champ. 2) Les facteurs qui déterminent l'émergence
d'un sous-espace spécialisé ou qui interviennent sur
son développement pour en modifier le cours peuvent être
de tous ordres (scientifiques, techniques, économiques, politiques,
etc.) et différents selon les sous-espaces. 3) Le processus
de division en sous-espaces spécialisés est en partie
déterminé par l'état existant des connaissances,
des techniques, des institutions et de la structure des rapports
de position des agents au sein du champ médical. 4) Ce processus,
en introduisant de nouvelles divisions au sein du champ médical,
en modifie la configuration (changeant de ce fait les conditions
d'exercice de la médecine et les conditions de production
du savoir médical) et tend donc à modifier les conditions
mêmes de sa poursuite.
Pour Mr Geaorge Weisz «Naissance de la spécialisation
médicale dans le monde germanophone», comprendre l'essor
de la spécialisation, nécessite de prendre en compte
le changement fondamental de perspective intellectuelle qui l'avait
rendue possible. Il faut faire l'hypothèse que, si la spécialisation
en est venue à être considérée comme
une nécessité incontestable pour la science médicale
moderne, c'est en vertu de trois conditions préalables fondamentales.
Premièrement, une des conditions sine qua non de cette évolution
est le rapprochement de la médecine et de la chirurgie au
sein de la formation et de la recherche médicales. Deuxièmement,
ce sont bien moins les progrès rapides de la science que
l'émergence d'un désir collectif d'étendre
le champ de la science médicale qui, initialement, a poussé
les médecins à se spécialiser. Troisièmement,
l'apparition des spécialités doit être mise
en relation avec les nouvelles conceptions de la rationalité
administrative qui ont vu le jour dans l'État-nation du XIX
ème siècle.
Synthèse de textes tirées
de « ACTES 130 décembre 1999 Edition SEUIL.
Docteur Maxime K. Drabo, le
17 juillet 2007
m_drabok@yahoo.fr |