| La fin de la
dracunculose est-elle réellement bien en vue ?

Parmi les 20 pays où la maladie était encore endémique
au début des années 80, il n’en reste que 6
en 2009 : Mali, Niger, Nigéria, Ghana Ethiopie et Soudan
(Relevé épidémiologique hebdomadaire 13 MARS
2009, 84e ANNÉE No. 11/12, 2009, 84, 85–96 http://www.who.int/wer).
Les principales difficultés sont : l’insécurité
permanente ou sporadique rend plusieurs zones d’endémie
inaccessibles (5/6 pays); le maintien d’un engagement et d’une
volonté politique suffisante jusqu’à la réussite
de la campagne; l’impossibilité de s’approvisionner
en eau de boisson saine dans de nombreux villages endémiques
(6/6 pays); l’insuffisance en ressources financières
et humaines (6/6 pays).
L’éradication mondiale dépend alors de la situation
sociopolitique dans les pays endémiques. Les 6 pays concernés
tous en Afrique sub saharienne devront rapidement obtenir des réductions
annuelles importantes et régulières du nombre de cas
de dracunculose. En effet, le temps compte beaucoup afin d’éviter
la réintroduction de la maladie dans les zones et pays où
elle n’est plus endémique. Les conséquences
de la crise économique mondiale ne garantit en rien :
- 1) une réduction de la prévalence de l’insécurité
dans les pays endémiques et leurs voisins,
- 2) un engagement politique conséquent (d’autres
priorités pointent à l’horizon)
- 3) des ressources financières et humaines en quantité
suffisante (des restrictions budgétaires sont envisageables).
Restons raisonnablement optimiste et continuons la lutte, car
quelque soit son évolution, la dracunculose disparaitra
un jour.
Docteur Maxime K. Drabo, le
8 avril 2009
m_drabok@yahoo.fr |