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Revue de presse

Goma : Trop de césariennes détourne les femmes de l’hôpital - 23/04/2007 - Le potentiel - Congo-KinshasaEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

A Goma, le recours très fréquent à la césarienne très coûteuse lors des accouchements dans les hôpitaux inquiète les femmes qui préfèrent se tourner vers les accoucheuses du quartier. A leurs risques et périls. « La césarienne est une pratique qui aide à sauver la vie de la mère et du bébé à l’accouchement. Mais ici chez nous, elle est devenue un fonds de commerce pour les médecins»», déclare une infirmière de Goma, au Nord-Kivu, qui ne s’explique pas la forte augmentation de cette pratique dans son hôpital, même lorsqu’elle n’apparaît pas indispensable.

Par crainte de devoir payer cette coûteuse intervention médicale de nombreuses parturientes, les femmes qui vont accoucher, préfèrent aller chez les sages femmes du quartier. Mais les conditions sanitaires des accouchements y laissent beaucoup à désirer : ils se font souvent sur la table à manger parfois la nuit à la lumière d’une simple bougie ou d’une lampe tempête. Les risques d’infection du nouveau-né et la mère sont importants.

«Souris humaines»

Les femmes rencontrées au centre de santé sont unanimes: elles estiment qu’elles n’ont pas le choix car il leur faut souvent débourser entre 80 à 150 dollars pour une naissance par intervention médicale dans une institution hospitalière contre 5 à 20 dollars pour un accouchement par voie basse normale. Kabuo, une femme interrogée lors d’une consultation, se dit choquée de constater que «les femmes semblent devenues des souris humaines dont se servent des médecins avides d’argent». Pour elles toutes, la pratique de la césarienne «est devenue une épidémie à Goma».

Le médecin inspecteur provincial du Nord-Kivu, Dr Dominique Baabo, semble ne pas être de cet avis. «Souvent c’est par manque d’une bonne information que certaines femmes enceintes ne veulent pas se présenter aux hôpitaux, ou elles arrivent trop tard. Ce qui les expose à la césarienne», affirme-t-il. Et de faire remarquer qu’en cas de décès d’une telle personne c’est à tort qu’on accusera le personnel soignant. Selon ce médecin, plusieurs facteurs concourent au décès maternel et infantile à la naissance, en particulier, l’arrivée trop tardive à l’hôpital lors de l’accouchement, le manque de connaissance du déroulement d’une naissance et l’insuffisance des moyens financiers.

Cependant, sans vouloir dédouaner entièrement les médecins, Dr Baabo déclare que «s’il est établi que des médecins se livrent volontairement à la césarienne sans motif, ils seront poursuivis et déférés devant la justice». Car il s’agit là d’un vrai problème de déontologie médicale dont devrait se saisir l’ordre national des médecins et le ministère de tutelle pour préserver la santé de la population. «C’est un mépris pour le serment d’Hippocrate».

Faire collaborer les sages femmes et les médecins

Le même conflit entre médecins et sages femmes s’observe dans la zone de santé de Masisi, un territoire du Nord-Kivu, où l’on a enregistré, en mars, cinq décès de femmes à l’accouchement, selon Dr Ange-Rose. « Elles nous arrivent en retard, dans un état critique, après avoir tenté chez des sages femmes du quartier», regrette-t-elle, avant d’en appeler, en guise de solution, à la sensibilisation de la population et à une bonne collaboration entre le personnel médical et les sages femmes, «pour sauver cette situation très déplorable».

Pour permettre aux femmes d’accoucher dans de bonnes conditions et lever le conflit entre médecins et sages-femmes, l’ONG Action Santé Familiale (ASAF) a mis sur pied dans le centre de santé de Mugunga, 12 km à l’ouest de Goma, un cadre de concertation entre les sages femmes et les responsables des structures médicales, en collaboration avec les autorités locales et l’antenne provinciale du UNFP/Goma. «Dorénavant, chaque sage femme qui nous amène une parturiente au centre de santé bénéficie de 20 % sur la facture post-natale», précise Mulolwa Kimuni, infirmier titulaire de Muguna.

Dans cette structure médicale, «les sages femmes sont associées à la sensibilisation des femmes enceintes pour une maternité sans risque», fait-il savoir. Dans cette zone la mortalité maternelle et infantile a ainsi été divisée par 4 depuis 6 mois. Et il est devenu plus facile maintenant de contrôler le nombre de naissances dans cette juridiction. L’ASAF a aussi mis 10 lampes à pétrole, à la disposition des 32 sages-femmes pour faciliter les déplacements des femmes en cours d’accouchement. Elle insiste désormais pour que les hommes accompagnent leurs femmes à la maternité car certaines n’osent pas s’y rendre seules la nuit.

Syfia

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