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SénégalGestion du coronavirus, dette hospitalière, nomination au sein du MSAS - Le Sames s'offusque et prend date

Sud Quotidien | Sénégal | 24/06/2020 | Lire l'article original

Le syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) a décidé dans un communiqué daté du 23 juin dernier, de demander «purement et simplement l'arrêt des missions de prélèvement sur le terrain dans la lutte contre le coronavirus si l'Etat ne prend pas ses responsabilités pour la protection, le respect et la sécurité des agents de santé sur le terrain».

Dans la gestion de la pandémie, le Sames a estimé que l'Etat doit se ressaisir et suivre les indications du Comité National de Gestion des épidémies. Concernant la dette hospitalière, le Sames a renseigné qu'au lieu de les payer aux structures de santé conformément à l'instruction du Chef de l'Etat, l'Agence de la Couverture Maladie Universelle (ACMU) propose une convention dans laquelle elle demande aux directeurs d'hôpitaux de renoncer à une partie des montants dus et validés. Face à tous ces problèmes énumérés, le Sames va dans les prochains jours dévoiler leur plan d'actions.

Le chef de l'Etat, Macky Sall a pris des décisions lors de sa seconde sortie sur la gestion du coronavirus allant dans le sens d'alléger les premières mesures de lutte. Selon le SAMES, même s'il comprenne la nécessité de faire reprendre les activités économiques brandies par l'Etat, le syndicat a estimé : «la cacophonie des décisions prises par l'Etat a conduit à la banalisation de la maladie par la population et le message subconscient : «L'Etat est passé à autre chose». Ainsi, le relâchement constaté dans la population est global selon les blouses blanches y compris au sein «des forces de défense et de sécurité chargés d'appliquer les mesures de port obligatoire des masques dans les lieux publics et dans les transports».

Aujourd'hui, le Sames a déclaré que les agents de santé sont laissés à eux-mêmes. «Sur le plan opérationnel, cet engagement des camarades rencontre peu de collaboration voire de la résistance avec menaces ou invectives de la part d'une partie de la population. En communiquant à outrance sur les 1000 milliards du plan de résilience économique que le secteur de la santé n'a pas vu, l'Etat a fait penser à une partie de la population que les agents de santé étaient rétribués en échange d'hospitalisations de malades de la Covid19», a fait remarquer la source. Et de poursuivre: «c'est pourquoi nous tenons à informer la population qu'aucun agent de santé n'a reçu de l'argent en échange d'une hospitalisation de malades. D'ailleurs, les équipes d'investigation manquent cruellement d'appui et les comités de développement sanitaires supportent la quasi-totalité des charges».
Face à cette situation, le Sames a exigé le respect et la sécurité des agents de santé et a souligné : «nous allons demander purement et simplement l'arrêt des missions de prélèvement sur le terrain si l'Etat ne prend pas ses responsabilités pour la protection des agents».

Stratégie proposée pour endiguer le coronavirus au Sénégal

Selon le Sames, il est nécessaire de faire comprendre et appliquer les mesures de port obligatoire des masques dans les lieux publics et mettre assez de ressources pour assurer correctement les missions de terrain des districts. Pour cela, il a préconisé, la suppression des institutions comme le HCCT et le CESE qu'il qualifie «d'utilité douteuse» pour consacrer les ressources économisées aux véritables priorités sanitaires et éducatives. Les blouses blanches ont aussi renseigné : «nos patients diabétiques, hypertendus, cancéreux et nos ainés succombent de plus en plus et de jour en jour, et bientôt la barre des 100 décès sera franchie». Et de poursuivre : «l'Etat doit se ressaisir et suivre les indications du Comité National de Gestion des épidémies». Avant de féliciter «les agents de santé pour leur comportement exemplaire malgré les conditions difficiles dans lesquelles le travail est effectué».

La dette hospitalière

Concernant la dette hospitalière, le Sames a renseigné qu'au lieu de payer ses dettes aux structures de santé conformément à l'instruction du Chef de l'Etat, l'Agence de la Couverture Maladie Universelle (ACMU) propose une convention dans laquelle elle demande aux Directeurs d'hôpitaux de renoncer à une partie des montants dus et validés. Selon les blouses blanches, il en est de même pour le remboursement des coûts de prise en charge de la gratuité des enfants âgés de 0 à 5 ans au niveau des districts sanitaires dont les montants validés ont été amputés sans aucun critère précisé, et en lieu et place, l'ACMU propose un montant insignifiant représentant parfois le dixième du montant réel dû à rembourser immédiatement aux structures sous condition que ces dernières renoncent au reste de la dette constatée jusqu'en décembre 2019. «Cette tentative d'arnaque ne passera pas et tous les agents de santé feront face.

Le SAMES n'exclut aucune méthode de lutte si l'ACMU persiste dans ce chantage basé sur la détresse financière des structures de santé» a-t-il fait comprendre dans le communiqué. Et de dénoncer « les atteintes répétées à l'honorabilité et à la dignité des agents de santé par les sorties médiatiques du Ministre du Développement communautaire et ses directeurs d'agences qui, incapables de faire face à leurs responsabilités pour payer leurs dettes accusent sans preuves et jettent le discrédit sur le secteur de la santé en totale manque de solidarité gouvernementale».

Nomination au sein du ministère de la santé et de l'action sociale

Quant au Ministère de la santé et de l'Action Sociale, (Msas) le Sames a avancé : «profitant de la crise de la Covid-19, il a procédé à plusieurs nominations à des postes de responsabilité sans respecter les règles de compétition acquises depuis plusieurs années». Et de rappeler que la santé est éminemment technique et le SAMES n'acceptera aucune nomination clientéliste de novices sans expériences qui vont mettre en péril les programmes de santé. Et d'annoncer dans les prochains jours la publication de son plan d'actions au regard de tous ces problèmes identifiés.

Denise ZAROUR MEDANG

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