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SénégalMaladies tropicales négligées – Le Sénégal à l’attaque

Homeview Sénégal | Sénégal | 16/12/2020 | Lire l'article original

Il n’est plus question de laisser la population vivre avec des maladies tropicales négligées. Pour arriver à leur élimination d’ici 2030, la Direction de la lutte contre la maladie s’est engagée dans un combat à travers une campagne de distribution en masse de médicaments.

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale, à travers la Direction de la lutte contre la maladie, a engagé une guerre contre les maladies tropicales négligées (MTN). Une campagne nationale de distribution de masse des médicaments contre deux affections tropicales négligées est lancée hier dans 12 régions du territoire national, excepté Dakar et Sedhiou. La campagne concerne la bilharziose et la filariose lymphatique.

Ces maladies ont été, hier, au cœur d’une conférence de presse organisée par le directeur de la Lutte contre la maladie et ses collaborateurs au Sneips. A cette occasion, ils ont rappelé que les maladies tropicales négligées (MTN) sont transmissibles et très répandues au Sénégal. ‘’Il faut les combattre. Aujourd’hui, on met beaucoup plus l’accent sur le paludisme, alors que les MTN sont presque de la même famille. La prise en charge de ces maladies est assez négligée. On peut dire que c’est le parent pauvre des maladies. Nous devons agir pour atteindre l’élimination en 2030’’, lance le coordonnateur des MTN, Ibrahima Sy.

Des spécialistes ont établi une corrélation entre le non-respect des règles d’hygiène, des problèmes d’assainissement et le faible niveau d’instruction des populations vulnérables et la prévalence de ces maladies. Peu connues des populations, ces pathologies sont à l’origine de handicaps de longue durée, de déformation, de retard de la croissance chez les enfants, de la baisse du rendement scolaire, parmi d’autres complications. ‘’Elles favorisent et aggravent l’anémie et la malnutrition chez les personnes touchées‘’.

Ibrahima Sy fait aussi remarquer que si le Sénégal veut réduire la prévalence des maladies tropicales négligées, il doit régler la problématique de l’accès à l’eau potable. Selon lui, la prévalence élevée de ces maladies dans les régions orientales (Tambacounda et Kédougou) s’explique par le fait que les populations consomment encore de l’eau de puits dans ces zones. A cela s’ajoute le fait que les eaux douces des fleuves présentent des conditions d’éclosion des nids d’insectes responsables de certaines MTN.

Prenant part à la rencontre, le représentant du Sneips a précisé que c’est une campagne de chimio-prévention des maladies, c’est-à-dire donner des médicaments pour prévenir les populations de ces pathologies. C’est pour cette raison qu’il est prévu une distribution en masse de médicaments aux populations, surtout pour celles qui sont exposées.

A en croire la Direction de la lutte contre la maladie, en plus de cette campagne annuelle, les personnes atteintes de ces affections, même si elles sont victimes de stigmatisation, bénéficient des traitements dans les structures de santé de leurs localités. Le département de la Santé veut en finir avec ces pathologies qui touchent plus des personnes vivant dans des pays pauvres.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces maladies touchent plus d’un milliard de personnes dans le monde. Alors que les personnes les plus exposées sont celles qui vivent dans la précarité et les zones d’une extrême pauvreté.
En effet, malgré la forte mobilisation notée en 2000, qui regroupait toute la communauté internationale, les partenaires au développement et les Etats, seuls huit pays sont aujourd’hui parvenus à éliminer le trachome, quinze pays la filariose lymphatique et quatre pays l’onchocercose. Pour le cas spécifique du Sénégal, les études confirment l’existence de treize maladies qui sont endémiques et cinq autres (maladies) nécessitant une administration massive de médicaments.

Ainsi, face à cette menace de plus en plus persistante, les autorités, grâce à l’appui de certains de leurs partenaires techniques et financiers dont l’OMS, l’USAID et ses agences d’exécution, ont mis en place et élaboré trois plans quinquennaux.

VIVIANE DIATTA

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