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03/02/2026 - Adiac Congo - Congo-Brazzaville
À l’horizon 2050, près de 2,5 milliards de personnes pourraient souffrir d’une perte auditive, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Derrière cette projection se cache un enjeu bien plus large, à la croisée de la géopolitique, de la sécurité sanitaire, du développement économique et des relations internationales.
L’Afrique (en particulier des pays comme le Nigeria, le Kenya, la République démocratique du Congo et le Sénégal) se retrouve en première ligne d’une crise silencieuse dont les impacts pourraient durablement fragiliser les trajectoires de développement et la stabilité régionale. Dans un contexte mondial marqué par la compétition pour les ressources, les transitions démographiques et l’intensification des risques sanitaires transnationaux, la déficience auditive ne relève plus uniquement de la santé publique : elle devient un facteur stratégique.
Aujourd’hui, plus de 430 millions de personnes vivent avec une déficience auditive incapacitante, dont 34 millions d’enfants. Dans les pays africains à revenu faible ou intermédiaire, près de 80 % des personnes concernées n’ont pas accès aux services de réadaptation nécessaires. Cette réalité pèse directement sur le capital humain, pilier central de toute stratégie de développement et de compétitivité économique. La perte auditive non traitée affecte l’éducation, l’employabilité, la productivité et l’inclusion sociale. À l’échelle macroéconomique, elle se traduit par une diminution de la croissance potentielle, une augmentation des dépenses sociales et une dépendance accrue à l’aide internationale. Pour des États déjà confrontés à des défis sécuritaires, climatiques et démographiques majeurs, cette charge invisible accentue les vulnérabilités structurelles.
La crise de l’audition s’inscrit pleinement dans le champ de la sécurité sanitaire internationale. Comme l’a démontré la pandémie de covid 19, les failles dans les systèmes de santé ne restent jamais confinées à l’échelle nationale. Le manque de prévention, de dépistage précoce et de soins auditifs contribue à l’exclusion sociale, à la marginalisation des populations entières et, à terme, à des tensions sociales susceptibles d’alimenter l’instabilité. En Afrique, où la jeunesse représente une part déterminante de la population, plus d’un milliard de jeunes dans le monde sont exposés à un risque de déficience auditive évitable lié à des pratiques d’écoute non sécurisées. Ignorer cette réalité, c’est accepter un affaiblissement progressif du potentiel humain africain, avec des répercussions directes sur la sécurité régionale et les dynamiques migratoires.


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