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01/02/2026 - Le soleil - Sénégal
Le travail aux urgences la nuit est particulièrement éprouvant. Entre la fatigue et la baisse de concentration, ses effets sur les médecins sont nombreux. Le Professeur Le professeur Oumar Kane, chef du service anesthésie-réanimation et coordonnateur des urgences à l’hôpital Fann, est revenu sur l’essentiel du travail nocturne aux urgences et sur l’impact réel qu’il exerce sur le personnel médical, tant sur le plan physique que mental.
Quels types de cas vous êtes généralement confrontés la nuit ?
Aux urgences de Fann, les motifs de consultation les plus fréquents sont dominés par des situations vitales nécessitant une prise en charge immédiate, notamment les détresses respiratoires, les malaises graves et les troubles de la conscience, tandis que les traumatismes restent rares. Les urgences neurovasculaires occupent une place centrale, avec les AVC ischémiques et hémorragiques représentant près de 45 % du taux d’occupation des lits. Elles sont suivies par les urgences respiratoires, puis les pathologies infectieuses. Les urgences cardiovasculaires, comme l’infarctus du myocarde, sont également fréquentes. Enfin, les urgences chirurgicales transitent par le service avant d’être orientées vers les services spécialisés.
La nuit, les urgences fonctionnent-elles réellement avec les mêmes moyens et la même efficacité que le jour ?
Les urgences hospitalières fonctionnent la nuit, mais avec des ressources souvent réduites par rapport au jour, ce qui peut impacter l’efficacité. Les effectifs soignants sont généralement moindres, et l’accès à certains spécialistes est limité.
La nuit, les équipes comptent souvent moins d’infirmiers et d’aides-soignants qu’en journée, sans infirmier pour les pauses. L’organisation s’adapte avec plus de flexibilité, mais le manque de lits et de transferts vers d’autres services crée des engorgements.
Les délais pour l’évaluation initiale diminuent la nuit en raison d’une affluence moindre, mais la prise en charge médico-soignante peut être plus courte ou retardée pour les diagnostics non urgents. Passer une nuit sur un brancard aux urgences augmente le risque de mortalité de près de 40% chez les patients âgés de plus de 75 ans.


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