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17/03/2026 - The Conversation - France
Les États-Unis signent des accords bilatéraux avec des pays africains. À la fin du mois de février 2026, des accords d'une valeur de 19,8 milliards de dollars américains ont été signés dans le cadre du nouveau financement de la santé. Sur ce montant, les États-Unis se sont engagés à verser 12,2 milliards de dollars et les pays africains 7,5 milliards de dollars.
Dix-huit pays africains ont signé ces accords. Il s'agit du Botswana, du Burkina Faso, du Burundi, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire, de la République démocratique du Congo, de l'Eswatini, de l'Éthiopie, du Kenya, du Lesotho, du Liberia, de Madagascar, du Malawi, du Mozambique, du Nigeria, du Rwanda, de la Sierra Leone et de l'Ouganda.
The Conversation Africa a demandé au professeur de virologie Oyewale Tomori, ancien virologue régional de l'Organisation mondiale de la santé, comment les pays africains auraient dû réagir à cette initiative américaine.
Les États-Unis ont conclu des accords bilatéraux avec plusieurs pays africains sur le financement de la santé. Comme pour tout financement, des conditions ont été imposées. Quelles conditions considérez-vous comme des « signaux d'alerte » ?
La condition la plus controversée est sans doute l'obligation pour les pays de partager rapidement avec les États-Unis des données sanitaires sensibles et de précieux échantillons d'agents pathogènes (parfois pendant une période pouvant aller jusqu'à 25 ans). Les échantillons d'agents pathogènes sont des atouts inestimables pour la santé publique, la gestion clinique et la recherche. Ils sont utiles pour identifier les maladies et mettre au point des vaccins et des traitements.
Cela sans garantie correspondante d'accès aux innovations médicales qui en résultent, telles que les vaccins et autres thérapies. Le retour sur investissement potentiel des innovations sur l'un de ces agents pathogènes pourrait largement dépasser le montant total des contributions américaines aux accords. Par exemple, à l'échelle mondiale, pour chaque dollar investi dans le développement et la distribution du vaccin contre la COVID-19, le retour sur investissement estimé varie entre 42 et 775 dollars.
De plus, la durée des accords initiaux est de cinq ans. Pourquoi alors les pays africains devraient-ils s'engager dès le départ à partager leurs données et leurs agents pathogènes pendant 20 ans supplémentaires ? Et ce, indépendamment du renouvellement des accords après les cinq premières années.
Les pays africains ne doivent pas céder leurs données sanitaires ni divulguer sans compter leurs précieux agents pathogènes en échange d'un financement des donateurs. Il faudrait plutôt mobiliser des fonds locaux afin de créer et de maintenir un environnement propice permettant aux professionnels de santé africains de gérer les données localement, au lieu de partager les données brutes à l'échelle mondiale. En outre, les fonds de contrepartie provenant de sources locales devraient être utilisés pour créer un environnement favorable au soutien et au renforcement des capacités des scientifiques et chercheurs locaux à développer des innovations à partir d'agents pathogènes indigènes, dans l'intérêt de tous.


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